
Ironie du sort, peu après avoir posté ma note sur les travaux d’été (dans laquelle je parlais de refaire sa salle de bains), j’ai reçu ce petit mail :
« Je suis vivement intéressée par l'accessibilité de la douche italienne. Peut-on en installer même dans de vieux immeubles où à l'origine, il y a des baignoires et à qui s'adresser ? »
Ironie du sort, pas tout à fait en même temps… Parce que, la douche à l’italienne (ou douche de plain pied) est devenue une sorte de formule magique, un fantasme absolu pour qui refait/va refaire/compte refaire sa salle de bains. Et, c’est vrai, les avantages ne manquent pas :
Plus de vilain bac (invariablement blanc) et, par conséquent, plus d’obstacle à enjamber pour faire ses ablutions matinales.
On choisit le revêtement, ce qui permet d’intégrer au mieux la douche dans la salle de bains (sans rupture de style ou de matériaux).
Pas de porte, de pare-douche ou de rideau (dont on ne sait jamais très bien s’il faut le laisser ouvert ou fermé pour éviter la formation de moisissures).
Fini le pommeau maigrelet dont le flexible finit inexorablement par se tordre, s’entortiller et par ressembler à ces grattoirs métalliques avec lesquels on récure les casseroles. A la place : une pomme de douche XXL (enfin, on dit « pomme de tête » quand on est initié) fixée au plafond (sans flexible donc) et qui permet de retrouver les sensations d’une fine pluie d’été (pour ceux que le concept de pluie d’été fait rêver).
Mais l’argument ultime, surtout pour les grands gabarits comme moi (1,88 m au garrot, tout de même), c’est l’absence de pare-douche et de limites pour les dimensions de la douche. Vous savez de quoi je parle : qui n’a pas expérimenté (à l’hôtel, chez des amis, voire dans un appartement en location) ces « caissons» d’à peine 90 x 90 cm, que l’on ferme par une porte vaguement coulissante et dont les parois en PVC (auxquelles ont se heurte généralement une bonne dizaine de fois quand on se savonne les pieds) s’encrassent gentiment mais sûrement avec le temps et le mélange calcaire/shampoing/gel douche. Mais venons-en à l’objet de cette note : la douche à l’italienne, est-ce que ça peut s’installer n’importe où ? Dans l’absolu, oui. A quelques conditions toutefois :
Que l’étanchéité (au niveau du sol, comme au niveau des murs) soit réalisée de manière irréprochable.
Que la pente soit telle qu’il n’y ait aucun risque de stagnation de l’eau. Parce que si l’eau trouve un interstice dans lequel se glisser, c’est le dégât des eaux assuré.
Que la hauteur sous plafond soit suffisante pour que vous ne vous heurtiez pas à la fameuse douche de tête lorsque - pris d'un lyrisme matinal et enflammé - vous chantez Nicole Atkins ou le dernier morceau de MGMT (ah non, ça c'est moi, pardon...)

Les deux principaux fabricants de receveurs prêts à carreler présents sur le marché (Wedi et Lux) proposent des kits complets (bandes d’armature et d’étanchéité, siphon, etc.) pour réaliser le cuvelage, mais mieux vaut être un bricoleur averti.
Parce qu’il ne s’agit pas seulement de réussir cette étanchéité (ce qui n’est déjà pas une mince affaire), de réaliser la chape et de bien positionner (et, souvent, ajuster) le receveur selon l’emplacement du siphon... Il faut aussi l’habiller et passer des heures et des heures à créer le calepinage avec le revêtement de votre choix (carrelage, mosaïque, galets, etc.) pour qu’il facilite l’évacuation de l’eau, puis réaliser les joints... Ouf !
Euh non, pas "Ouf", il reste encore les travaux de plomberie pure.
Bref, c’est plutôt une mission à confier à un (très bon) plombier… Lui seul vous fournira toutes les garanties, dont la fameuse garantie décennale en cas de problème (fuite, infiltration, etc.).