La France BBB- !

Communiqué de presse*

République française : note non sollicitée abaissée à BBB - ; la perspective est négative.

Paris, le 15 janvier 2012

 

Résumé
L’agence de notation Mieux Vivre Votre Argent abaisse la note non sollicitée de la République Française à BBB-, dernier échelon avant la catégorie « Interlocuteur non crédible ».

Cet abaissement traduit notre opinion sur l’absence de stratégie en matière d’épargne et sur les dernières mesures annoncées par le gouvernement.

La perspective attachée à la note est « négative ».

Argumentaire
La crise débutée en 2008 aux Etats-Unis amène de vraies réflexions sur le poids du crédit dans l’économie et le financement de cette dernière. Par le choix d’une intermédiation systématisée de l’épargne du pays, avec le recours à l’assurance vie et aux fonds, la France a décidé de conforter son industrie financière sans pouvoir, à cause de la réglementation européenne, pouvoir orienter les sources de financement vers ses propres acteurs économiques. Au cours des dernières années, aucune mesure n’a été prise pour encourager un accès direct des épargnants, en actions ou en obligations, alors que les particuliers ont toujours été des investisseurs à long terme privilégiant les actifs nationaux.

Dans un contexte nécessaire de réduction des déficits, le gouvernement a décidé de mener une politique d’augmentation des impôts sans tenir compte de la lisibilité de la fiscalité de l’épargne. A titre d’exemple, le niveau du prélèvement libératoire sur les dividendes d’actions a été relevé à 21 %, alors que la taxation des plus-values boursières s’établit toujours à 19 %.  En clair, mieux vaut faire de la plus-value en changeant de cheval régulièrement que percevoir des dividendes en accompagnant une entreprise à long terme.

Par ailleurs, la crédibilité de la parole de l’Etat est clairement mise en cause par la non augmentation du taux du Livret A, au 1er février à 2,75 % et son maintien à 2,25 %. Cette décision prise dans le seul but de limiter le coût de financements des établissements bancaires, et de protéger les fonds en euros en assurance vie, est de nature à dégrader de manière plus importante encore la crédibilité des pouvoirs publics aux yeux des épargnants.

Perspective : négative
Cette perspective négative indique qu’il existe plus de deux chances sur trois que la situation empire avec la perspective de l’élection présidentielle !

Analyste :
Jean-François Filliatre, directeur de la rédaction Mieux Vivre Votre Argent

(*) Parodie du communiqué de presse de Standard and Poor’s, pleine d’arrières pensées. Dans une schéma de rapport de force, voilà pourtant comment les épargnants devraient traiter avec l’Etat !

L’actu du jour me fait sortir de ma torpeur ! Impossible de rester indifférent à l’annonce du non – relèvement du taux du Livret A, tant cette décision relève du scandale.

Rappel des faits : Histoire de dépolitiser la fixation du taux de rendement du placement le plus détenu par les Français, loin devant l’assurance vie, une règle avait été fixée. Avec bien sûr la possibilité d’y déroger. Depuis 2008, le taux d’intérêt du Livret A correspond au chiffre le plus élevé entre deux éléments, arrondi au quart de point le plus proche :

1)      la moyenne arithmétique de l’inflation des douze derniers mois et d’une référence moyenne des taux à court terme.

2)      l’inflation des douze derniers mois, augmentée d’un quart de point,

Ce qui aurait du être fait. Avec une inflation hors tabac à 2,4 % en décembre et des taux courts au tapis, suite à la crise européenne, le taux du Livret A devrait donc s’établir à 2,75 %. C’est à dire l’inflation plus un quart de point, arrondi au quart le plus proche. Pourtant, Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, évoque des circonstances exceptionnelles sur la volatilité du taux pour demander le statu-quo. Et François Baroin, son ministre de tutelle (pardon de l’expression car la Banque de France est indépendante !), d’opiner à cette proposition.

Des arguments fallacieux. Mais de quelle volatilité parle-t-on ? Celle de l’inflation ? Oui, les prix augmentent. Et le livret A peine à les suivre. En dépit de deux hausses des taux l’an passé, à 2 % en février et à 2,25 % en août, l’ancien livret jaune à la Poste ou rouge à la caisse d’épargne n’est pas parvenu à maintenir véritablement le pouvoir d’achat des épargnants. Non : Christian Noyer anticipe l’inflation future. Et elle devrait baisser ! Certes, l’argument révèle que la TVA sociale n’est pas pour demain. Mais il est fallacieux.

Sur Mediapart, Laurent Mauduit révèle l’inquiétude du gouvernement d’avoir à annoncer une baisse du taux du Livret A, au 1er mai, entre les deux tours de l’élection  présidentielle. Faux problème : car les mouvements de taux en mai et octobre, autorisés depuis une réforme de 2009, ne sont pas systématiques mais laissés à la discrétion du gouverneur de la Banque de France en fonction de la situation . Sachant bien évidemment que le ministre peut ne pas être d’accord bien entendu. Imaginez la scène : Mi-avril, Christian Noyer aurait pu réclamer une baisse du taux du Livret A tandis que le gouvernement, brandissant l’étendard de l’épargne populaire, aurait refusé cette demande. Classe !

Je m’égare. En aucune façon, la modification du taux du livret A en mai n’était obligatoire. Le scénario normal aurait du être le suivant : on montait le taux en février à 2,75 %, on passait la présidentielle tranquille et on se retrouvait en août 2012.

Les choses n’ont pas été ainsi. Sur une base annuelle, cela revient à spolier les épargnants d’une somme d’un milliard d’euro, vu les encours actuels sur ce placement, au profit du système financier. Grâce à l’absence de revalorisation des taux du Livret A, les banquiers n’auront pas à accroître le rendements de leurs autres produits de court terme. Ils pourront ainsi se refinancer moins cher. Le président de la République l’avait craché (promis, juré !), le sauvetage des banques n’avait rien coûté à l’Etat ni au contribuable. Cette fois-ci, les banques bénéficient d’une nouvelle faveur. Une fois encore, l’Etat ne paiera rien. C’était tellement plus simple de spolier directement Madame Michu.

Le 16 septembre dernier à 17 h 06, en plein bouclage du magazine Mieux Vivre Votre Argent, Edouard Carmignac m’a adressé un mail concernant les Corbeilles, en se réservant « naturellement l’option de rendre public le contenu de ce courrier ». Le soir même, j’expliquais à  Edouard Carmignac le fond de ma pensée sur le sujet, m’étonnant de sa démarche alors que la réforme des Corbeilles effectuée cette année avait été longuement discutée avec l’ensemble des acteurs de la place (réseaux, sociétés de gestion, distributeurs…). Tout en lui indiquant que son établissement concourait à la Corbeille Société de gestion, sans toutefois être primé. Mercredi  23 septembre, veille de la remise des prix, Carmignac Gestion se payait une page de publicité dans le Figaro pour publier ladite lettre avec toutefois deux légères modifications : la date a été avancée d’une journée et Jean-Antoine Bouchez, directeur-fondateur de Mieux Vivre Votre Argent supprimé de la liste des destinataires.

Afin de permettre aux épargnants d’être parfaitement informé, je publie ici la lettre initiale d’Edouard Carmignac ainsi que le droit de réponse de Mieux Vivre Votre Argent. Adressé au Figaro le 24 septembre à 18 h 05, il est signé de Jean-Antoine Bouchez, le fondateur du magazine et créateur des Corbeilles.

Lire la suite de Corbeilles : une polémique inutile

Il y a des jours comme ça où l’on se dit que l’on fait un métier de chien. En essayant tant bien que mal d’expliquer simplement aux épargnants des choses compliquées. Prenons un exemple d’actualité pour bien comprendre… Peut-être savez-vous que la cherté d’une action se mesure par un indicateur appelé PER pour Price Earning Ratio. Autrement dit, on divise le cours de l’action par le bénéfice par action. Plus le ratio est élevé, plus l’action se paie cher… Le cours, tout le monde peut le trouver aisément. Le bénéfice par action, lui, se calcule simplement. C’est le résultat net divisé par le nombre de titres.

Vous suivez ? C’est bien ! Alors maintenant, étudions les résultats de la Société Générale publiée ce matin. La Banque affiche un résultat net part du groupe positif de 31 millions d’euros. Moins bien que l’an passé, mais positif tout de même. Alors bravo ! Les actionnaires peuvent donc se frotter les mains. Problème, dans la ligne suivante du communiqué, il est indiqué que le bénéfice net par action ordinaire est négatif, à – 0,23 euros.

Lire la suite de La Société Générale perd de l’argent, mais affiche des profits !

Ou quand l’Acam fait dans le X… Longtemps, j’ai préféré ce titre avant d’y renoncer, convaincu de n’être alors compris que par les initiés. Car l’Acam, l’autorité de contrôle des assurances et des mutuelles, n’a pas l’aura d’un autre flic de l’épargne, l’AMF pour autorité des Marchés Financiers.   

Une petite semaine avant que l’AMF n’épingle Oddo et quelques jours avant qu’elle n’accuse Noël Forgeard, l’ancien président d’EADS, l’Acam a, elle, sévi fort. Très fort ! Trois compagnies ont ainsi été sanctionnées pour non respect de la réglementation sur les taux garantis en assurance vie. Soit parce que les taux affichés étaient trop élevés, soit parce qu’ils étaient accordés sur une période trop longue. A la clef des sanctions pécuniaires comprises entre 25 000 et 500 000 euros.

Les coupables ?

Lire la suite de Assurance vie : le royaume de l’opacité !

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