Ou tout du moins à certains d’entre eux….
Vous aviez souscrit un fonds garanti à la Caisse d’épargne en espérant doubler votre mise. Schématiquement, quelques années plus tard, vous avez seulement récupéré votre investissement minoré des frais d’entrée. Un bien mauvais plan ! Pour défendre vos droits, un collectif d’épargnant s’est donc monté. Parfait ! Problème, depuis quelques jours, certains d’entre vous rédigent des commentaires sur le site VotreArgent,.fr mettant en cause la rédaction de Mieux Vivre Votre Argent et de VotreArgent.fr. La raison principale ? Nous avons attribué, en septembre dernier, la Corbeille d’Or à la Caisse d’épargne.
Considérant avoir été un peu trop poussé dans les orties, permettez-moi de réagir un peu ! D’autant qu’il y a derrière certains commentaires, une sourde insinuation…
Pierre Desproges avait caricaturé un jour cette pratique chez certains journalistes, en recevant Alain Ayache, dans une émission radiophonique
« Le titre du Meilleur le voici : La fusée Ariane victime d’un sabotage ?
Avec un point d’interrogation. Vous avez tout compris, sans point d’interrogation, le titre La fusée Ariane victime d’un sabotage relevait du mensonge pur et simple. Avec un point d’interrogation, on peut tout dire sans risquer la diffamation et c’est très intéressant sur le plan de l’accroche-connard, car le susdit connard pour peu qu’il soit myope, inculte, dyslexique ou simplement pressé, ne verra même pas le point d’interrogation.
A partir de quoi, moi, si je veux, je peux très bien dire, ou écrire sur dix colonnes : le prince Rainier remarié avec Alain Ayache ? "
Y aurait-il entre nous et les établissements financiers connivence ou que sais-je ? Notez bien le point d’interrogation ! Je pouffe…
L’accès de mécontentement se comprend, mais doit-il pour autant vous faire perdre la raison ? Les Corbeilles sont calculées sur la base de fonds proposés à la clientèle, en excluant les fonds monétaires et les produits garantis. C’est marqué, noir sur blanc, dans la méthodologie… Nous n’aimons pas mélanger les torchons et les serviettes. Ni faire trop d’amalgame. Pourquoi donc mêler les Corbeilles à tout ça, hormis faire de la manipulation ?
Car notre jugement sur les fonds garantis, vous le trouvez dans les coulisses de l’argent publié en novembre dans Mieux Vivre Votre Argent. Un article sur les vraies performances des fonds garantis en partie repris sur le VotreArgent.fr. Lisez ! Vous découvrirez que les casseroles sont multiples. Et pas seulement à la Caisse d’Epargne. N’hésitez pas, non plus, à vous précipiter en kiosque pour acheter le Magazine de décembre où nous évoquons les pratiques commerciales des banquiers…
Opportunisme, diront d’emblée les rois de la mauvaise foi. Permettez-moi donc de revenir à un vieux texte. Et ne l’ayant plus dans mon ordinateur, je me vois contraint de le ressaisir.
« Paroles, paroles…
Encore une année de hausse à la bourse de Paris. La quatrième consécutive exactement ! Après s’être adjugé 24 % en 1996, 28 % en 1997 et 30 % en 1998, le CAC 40, principal baromètre du marché des actions françaises, s’envole de 51 %. Une bonne nouvelle pour les épargnants, possesseurs de Sicav et de FCP ? Sûrement, mais pas pour tous !
Car du côté des détenteurs de fonds garantis, plus la hausse s’amplifie, plus la colère gronde. Surtout lorsque les fonds arrivent à échéance. Alors qu’ils pensaient empocher le pactole, voici ces investisseurs à la tête de clopinettes. Sur le papier, pourtant, les garanties étaient des plus séduisantes, tant sur les Quantor de la Société Générale, les Natio Performances de BNP, les Gradus de la Caisse d’Epargne… « Bénéficiez de 70, 80, 90 ou 100 % de la hausse des marchés », disaient-ils selon les cas. Certes, au fil des années, on a vu apparaître des clauses additionnelles, comme les super moyennes trimestrielles et autres cliquets. Peu d’épargnants y ont prêté attention et peu de conseillers les ont mis en garde. Logique. Proposer des fonds garantis, c’est vendre du rêve, pas de la gestion.
Autant, l’avouer, les nouveaux fonds à promesses ne valent pas mieux. Et peut-être sont-ils même pire ! Qu’ils soient Boni, Malicio, Benefic de la Poste, BNP Cap 25 de la BNP ou Capitop du Crédit Agricole, leurs promesses ne sont que des mots. Rien que des mots. Autant alors les disséquer consciencieusement cette fois-ci. Que promettait Boni de la Poste, pour prendre un exemple ? Une progression de 12 % si l’indice CAC 40 restait stable ou progressait d’ici octobre 2000. Et s’il baissait ? Toujours le même rendement. Mais, dans le même temps, la valeur de l’investissement initial baissait comme le marché. Autant dire que certains investisseurs avides de garanties vont avoir de sacrées frayeurs si la bulle spéculatives des sociétés technologiques vient à se dégonfler dans les mois à venir. Peut-être la Poste devra-t-elle rebaptiser son Boni en Malus ».
Ce texte, vous l’avez constaté, n’est pas du Desproges. C’était l’édito du Guide Sicav de Mieux Vivre Votre Argent, en mars 2000, à la veille de l’effondrement des techno ! Et me semble-t-il, tout était dit pour éviter les multiples désastres des fonds garantis : Bénéfic, Doubl’ô…
Mais là encore, fallait-il nous lire ou ne pas être sourd à ce que l’on ne veut pas entendre… Gare, donc, à ne pas vous tromper de combat.
Pardon d’avoir été trop long, mais au moins, ici, les paroles ne sont pas seulement des promesses… Mais faîtes le taire !
Dernière heure : le site internet du collectif Lagardère vient de publier dans sa rubrique Actualités de son site des excuses à notre égard. Le dossier est donc clos. Evidemment, tout un chacun peut continuer à utiliser le site VotreArgent.fr pour s’exprimer sur le sujet. Mais de grâce, pour les amateurs d’information que nous sommes, la bonne foi et l’honnêteté intellectuelle doivent toujours être la règle !


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De quoi s'agit-il?

Pingback:Lettre ouverte aux souscripteurs de Doubl'ô Monde
Monsieur le Directeur,
Je donne acte à votre magazine d’avoir publié un article sur les fonds garantis qui n’est effectivement pas à l’avantage de la Caisse d’Epargne. Cependant, j’y relève un certain nombre de points (qui s’appliquent probablement aussi à l’ensemble des autres Banques que vous avez répertoriées) sur lesquels j’émets des réserves :
* les six FCP de la famille Doubl’Ô sont classés dans les catégories « mieux que le marché », « moins bien que le marché » et « nettement moins bien que le marché ». Dans la réalité ils auraient dû ressortir de la mention « bénéfice de la garantie »,
* le mot « bénéfice », en l’occurrence, mérite un double guillemets : en effet, l’épargnant a retrouvé, six ans plus tard, le montant de sa souscription, mais amputé des droits d’entrée (2 % si PEA, 3 % si Assurance-vie) et des droits de garde (0,7 % l’an),
* la performance de ces six fonds est donc négative, dans l’absolu,
* enfin, si l’on veut objectivement la comparer à celle du marché, sur la même période, ce n’est pas l’évolution du CAC 40 qu’il conviendrait de retenir, mais celle du CAC 40 à dividendes réinvestis (voir article du Canard Enchaîné de la semaine passée).
* nous ne disposons pas des moyens d’accéder à l’évolution historique de celui-ci. On ne trouve en effet sur Internet qu’un article de la revue Investir qui indique une très notable différence (32,3 %), mais sur une période assez radicalement différente.
Dans ces conditions, ne trouvez-vous pas que l’ensemble des fonds inventoriés devraient se voir attribuer l’appréciation « CONSIDÉRABLEMENT moins bien que le marché » ?
Par ailleurs votre « coup de gueule » (je vous cite) est bien compréhensible ; tout autant que l’était le « coup de sang » des Doublés ! Sachez que ce n’est pas à la lecture de votre magazine qu’ils ont découvert l’attribution de la Corbeille d’Or, mais dans une publicité émanant de la Caisse d’Epargne ! D’où la confusion, probablement, que vous interprétez un peu hâtivement, me semble-t-il, comme une « insinuation ».
Je prends le risque de vous peiner de nouveau : l’écrasante majorité des Doublés ne fait pas partie de votre lectorat. Non qu’ils éprouvent le moindre doute à son égard, mais tout simplement, la plupart d’entre eux ignoraient jusqu’à son existence voici quelques semaines. Tout comme ils ignoraient le tout premier B-A BA des fonds de placement, lorsque voici six ans, ils ont cédé aux TRES insistantes pressions de leurs conseillers (eux-mêmes pressurés par leurs propres hiérarchies).
Pour eux, la Caisse d’Epargne était tout simplement l’endroit où ils avaient ouvert un Livret voici fort longtemps (qu’ils nommaient « Livret de Caisse d’Epargne », comme on nomme « Frigidaire » un réfrigérateur …). Ils n’étaient pas du tout rompus aux subtilités des fonds garantis, à formule, à promesse et encore moins aux produits dérivés et se sont simplement rendus aux arguments massue qu’on leur a assénés. Ils n’ont pas changé de point de vue si ce n’est que « honteux et confus », ils jurent « mais un peu tard, qu’on ne les y prendra plus » !
Bien cordialement (et sans rancune)
Jean-Pierre Lamargot
Secrétaire du Collectif Lagardère contre les Abus Bancaires
Monsieur,
Merci de votre courriel. Permettez-moi de répondre aux différents points évoqués.
* Classification des fonds « Doubl’ô ».
Dans le tableau évoqué, nous comparons les performances à la variation du CAC 40. D’où les dénominations « Mieux, moins bien ou nettement moins bien que le marché » et l’absence de référence à la garantie.
* Impact des frais.
Vous avez raison, l’application de la garantie joue sur le capital net de frais d’entrée. Il y a donc in fine une perte en capital pour le souscripteur. Permettez moi, sur ce sujet, de dire deux mots concernant l’application de droits de garde sur des fonds maison. Cette pratique, instaurée il y a quelques années par des réseaux mutualistes, me semble profondément choquante. Non seulement, le client est ficelé par son réseau, qui refuse de lui vendre autre chose que les produits maison, mais en plus, il ne bénéficie d’aucun avantage tarifaire pour cette « fidélité ». La pratique antérieure – exonération des droits de garde pour les produits maison – me semble plus juste.
* Comparaison au CAC 40 coupon réinvesti ou pas.
Sur le sujet, je ne partage pas complètement votre avis. Explication en deux mots. Il existe à la Bourse de Paris plusieurs modes de calcul du CAC 40. Le plus connu se borne à mesurer les variations de cours tandis qu’un autre inclut également les dividendes. Si l’on prend en compte le CAC 40 coupon réinvesti, il faudrait – pour être juste – le corriger des frais de gestion prévu sur le fonds. Ce qui ne facilite guère les calculs. Par convention, la comparaison s’effectue donc sur le CAC 40 de base, en considérant que les dividendes couvrent les frais de gestion. Ce qui est plus ou moins vrai selon les périodes.
* Lecture de Mieux Vivre Votre Argent
« Je prends le risque de vous peiner de nouveau : l’écrasante majorité des Doublés ne fait pas partie de votre lectorat. » Je le regrette seulement. Ce qui m’aurait peiné, c’est que des lecteurs n’aient pas suivis nos conseils qui, en l’occurence, se sont révélés de bonne qualité ! Trêve de plaisanterie car les sujets de la relation épargnants / conseillers bancaires et de l’éducation financière des français sont très importants. Depuis la filialisation des sociétés de gestion et de la mise en place de la bancassurance, les établissements bancaires sont devenus de simples réseaux de distribution. Bref, BNP Paribas n’est rien d’autre que le Castorama de la finance. Les conseillers se sont mués en commerçants. Pire, alors que chez Casto, certains vendeurs sont spécialisés, amusez-vous à entrer dans une agence bancaire pour chercher le spécialiste des fonds garantis. « Dites-moi, monsieur, en quoi Cappucino est meilleur ou moins bon que Doublô » ? Evidemment, personne dans l’agence ne sait répondre. Le peu de culture financière de réseaux a disparu en raison de la profusion des produits à vendre.
De l’autre côté des l’échelle, les épargnants sont, eux, aussi largués. Car si au cours des vingt dernières années, leur niveau a progressé, légèrement et pour schématiser de façon linéaire; la technicité des produits a cru, elle, de façon exponentielle. Bref, l’incompréhension est allée croissante. Et comme vous le faites très justement remarquer, la volonté de s’informer n’a pas orienté les épargnants vers la presse spécialisée, jugé trop compliquée. La preuve, dans un pays de 60 millions d’âmes où le taux d’épargne est l’un des plus fort d’Europe, Mieux Vivre Votre Argent, le leader du marché, pèse seulement 1 million de lecteurs. En outre, rien n’est fait pour changer les habitudes. Tiens, pourquoi les frais de garde perçus par les établissements financiers sont déductibles des revenus imposables, tandis que les abonnements à la presse financière, qui sont à mon avis tout aussi utiles pour gérer son patrimoine, ne le sont pas…
L’éducation financière des épargnants, mais aussi des réseaux, doit devenir une priorité de manière urgente. En ce sens, la création de l’Institut pour l’éducation financière du public (www.lafinancepourtous) est une très bonne chose. Et tous les établissements financiers doivent encourager ce mouvement, et le mettre en oeuvre dans leur réseaux. Soyons binaires : si le client est mieux informé, il porte une partie de la responsabilité de son investissement. Dans le cas contraire, et face à la judiciairisation de la société, cela finira toujours pareil. Direction les tribunaux pour manquement au devoir de conseil…
Bien cordialement, et comme vous le voyez, sans rancune.
Ici, on aime bien débattre sur le fond.
En réponse au « Collectif Lagardère »
Ce collectif … une organisation au relent tellement « poujadiste » … on se doute de qui tire les ficelles…l’organisateur de la fronde nationale des souscripteurs du Doubl’Ô, est l’ancien directeur marketing de la Caisse d’Épargne du Nord – Pas-de-Calais, aujourd’hui préretraité ! On croit rêver …
J’aimerait que cette homme ait le courage de nous donner le montant de ses revenus annuels …
Cet acharnement malsain contre le groupe Caisse d’Epargne au risque de mettre un peu plus en péril en pleine crise financière un établissement qui dans son histoire à soutenu tant de projets et d’associations dont les objectifs était bien plus louable que ceux soutenu par ce collectif. La liste serait si longue… Et si tous ceux là adressaient à cet obscène « collectif » une lettre pour leur dire tout le bien que la Caisse d’Epargne à apporté à tant de personnes au travers de ses nombreux financements ?
Je me dis que je vais organiser ça … Un collectif « anti-Lagardere »
Y’en a marre d’entendre toujours se plaindre ceux qui ne savent pas quoi faire de leur fric et qui crache dans la soupe. Quelle honte ! au moment ou tant de gens n’ont pas de quoi manger ou se loger ! quelle honte … vraiment.
J’aimerais savoir qu’elles entreprises emploient ceux qui on rejoint notre courageux ex-Directeur de Marketing en pré-retraite, ceux qui appellent à mettre en péril l’emploi des salariés du groupe Caisse d’Epargne … qui sont-ils ? travaillent-ils seulement ?
Qui va payer la retraite de Mr
Ce collectif « Doubl’ô » est probablement celui des rentiers qui pensent que la seule valeur c’est l’argent…
Ce combat est minable.
Après la poste, la Caisse d’Epargne. Ce type de placement
ne profite vraiment pas aux clients.
Franck.
Bonjour,
En lisant vos différents billets, toujours très intéressants, j’ai eu l’idée de vous faire partager ma découverte : un site sur les finances personnelles. C’est bien fait, très instructif, et surtout pratique et pédagogique. Un vrai petit bijou. je ne sais pas si vous le connaissez? Il s’agit du http://www.lafinancepourtous.com
Un site qui mérité d’êrte connu.
Merci à vous.
Lily