Emprunt Sarkozy : quelle place pour les petits épargnants ?

Nicolas Sarkozy se prendrait-il pour Edouard Balladur ? Toujours est-il que la grande idée du discours du président devant le congrès à Versailles est le lancement d’un grand emprunt national. Avec une question sur laquelle gouvernement, parlementaires, experts et tutti quantti vont cogiter pendant trois mois : faut-il emprunter directement sur les marché ou s’adresser aux particuliers ?

Evidemment, le sens politique de chacune de ces solutions est différent. Laissons donc les penseurs chargés de réfléchir au problème faire leur travail. En revanche, pourquoi ne pas s’interroger sur la place faite aux petits épargnants dans le modèle actuel ?

La tendance de fond est incontestable : les particuliers sont de plus en plus exclus des marchés financiers. Tout du moins en direct.  Les marchés obligataires sont désormais intégralement aux mains des investisseurs institutionnels. Avant le lancement de l’emprunt EDF, la dernière grande opération était le lancement des OAT Particuliers en 1994, un an avant l’emprunt Balldur ! C’est donc il y a près de quinze ans. L’actionnariat individuel n’a pas, non plus, été véritablement développé, même si des mises sur le marché de grandes entreprises publiques ont permis de donner l’illusion. Au passage, notons que l’enquête annuelle de la Banque de France et d’Euronext n’est plus publiée depuis 1997. La raison officieuse ? Les chiffres publiées feraient mauvais genre…

Il y a deux raisons principales à cette exclusion des « petits ». Un, l’absence d’éducation et de pédagogie sur le thèmes de l’épargne et des marchés financiers. Dans un monde où la sophistication est désormais reine, mon amie Madame Michu est désormais larguée ! Deux, il y a la volonté de l’ensemble de l’industrie financière de s’accaparer, avec la complicité du politique, l’intégralité des fluxs. Et les commissions de gestion qui vont avec… Oui, les Français investissent sur des actions ou des obligations, mais le plus souvent via l’assurance vie ou les Sicav.

A l’heure où la crise a mis en avant les faiblesses – voire l’incompétence – de nombre d’acteurs du système financier, il serait temps de repenser à la place des particuliers « en direct ». Dans l’intérêt des entités financées : les entreprises, les banques, l’Etat. En politique, les élus connaissent toute l’importance d’un lien direct avec les électeurs. Il devrait en être de même en économie entre les acteurs et les épargnants.

     

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3 commentaires

Si le particulier choisi lui même ses véhicules d'investissement, o`u va-t-on !
Pour les titres en direct, il y a pas de frais de gestion .
Et si trop de particuliers se mettaient à faire des échelles d'obligations, que fairait-on des SICAVs ?
Si ils deviennent un peu compétents, comment va-t-on leur placer les "produits" maisons bourrés de frais ( et nos fonds à formules !) ? Et les arbitrages, ils décideraient eux même et pas quand on veut aï !
Courrons vite demander une loi pour protéger le con-sommateur contre lui même. Tant de petits épargnants ont perdu de l'argent ces dernier temps...

PS : à une époque lointaine, il était possible de mettre des titres nus dans les assurances-vies.Faisons en sorte que celà ne soit plus jamais possible !!!
Biensûr si vous avez quelques dizaines de millions d'€ à placer, ont pourrait négocier ...

Merci pour ce bon article qui change des billets sans intérêt que l'on peut lire sur le sujet.
A noter que les banques gagnent de l'argent à placer les obligations sur le marché primaire... on appelle cela une commission up-front !

Voici une réflexion sur les montages pouvant être proposés afin d'éviter d'alourdir trop la charge de la dette pour la prochaine génération...

http://veilleplacements.fr/analyse-et-conjoncture/emprunt-sarkozy-national-3-mois-de-reflexion/

Il parait que ce prêt serait "obligatoire",comme celui de Mitterand en 1983... !
Dans ce cas, remercions notre gouvernement de nous libérer du soucis de choisir d'y souscrir ou pas.Comme l'inflation risque de revenir dans quelques années, j'avoue, j'hésite !

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