Il y a des jours comme ça où l’on se dit que l’on fait un métier de chien. En essayant tant bien que mal d’expliquer simplement aux épargnants des choses compliquées. Prenons un exemple d’actualité pour bien comprendre… Peut-être savez-vous que la cherté d’une action se mesure par un indicateur appelé PER pour Price Earning Ratio. Autrement dit, on divise le cours de l’action par le bénéfice par action. Plus le ratio est élevé, plus l’action se paie cher… Le cours, tout le monde peut le trouver aisément. Le bénéfice par action, lui, se calcule simplement. C’est le résultat net divisé par le nombre de titres.
Vous suivez ? C’est bien ! Alors maintenant, étudions les résultats de la Société Générale publiée ce matin. La Banque affiche un résultat net part du groupe positif de 31 millions d’euros. Moins bien que l’an passé, mais positif tout de même. Alors bravo ! Les actionnaires peuvent donc se frotter les mains. Problème, dans la ligne suivante du communiqué, il est indiqué que le bénéfice net par action ordinaire est négatif, à – 0,23 euros.
Pas besoin d’être fortiche en maths pour voir le problème. En divisant un résultat positif par le nombre total de titre, il est impossible d’afficher un résultat négatif ! Sauf à être capable de démontrer que 2 et 2 font 5. Alors pourquoi ? Un petit renvoi de la Société Générale donne une partie de l’explication. Les TSS. Attention, TSS, ça ne veut pas dire Tout Sauf Sarkozy ! Les TSS, ce sont les Titres Super Subordonnés. Une invention de la loi de sécurité financière de 2003, utilisée notamment lors de la recapitalisation des banques après la crise financière.
Rappelez-vous ! Le gouvernement avait alors indiqué qu’il ne s’agissait pas d’une subvention, mais d’une bonne opération financière pour l’Etat car les banques payaient un intérêt important.
L’Etat était donc gagnant. Soit.
Mais les banques, leur image et la Place financière aussi ! Car on le voit aujourd’hui avec l’exemple caricatural de la Société Générale, les intérêts liés à ces TSS ne sont pas comptablement considérés comme des charges financières ! Ils ne minorent donc pas le résultat global que l’on verra demain en manchette de tous les journaux économiques. Génial, la Banque de Frédéric Oudéa perd de l’argent, mais elle affiche un bénéfice. Et la place ne retient que cela ! Mieux, la non-charge des intérêts payés à l’Etat est déductible fiscalement… Tous les salariés ayant des tracas avec l’administration pour déduire leur frais de transport quand ils travaillent à plus de 40 kilomètres de chez eux apprécieront…
Ainsi, va la vie économique. Grâce à la technologie comptable et financière, on peut transformer une perte en gain. A quoi bon pour nous d’essayer d’expliquer ce qu’est un bénéfice par action. Ni ce à quoi il sert !
Il y a des jours comme ça où l’on se dit que l’on fait un métier de chien. Alors que tout semble si simple – et rentable – chez les banques. En témoignent les provisions pour les bonus des traders enregistrées dans les comptes de BNP Paribas.


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De quoi s'agit-il?

Pingback:La Société Générale perd de l'argent, mais affiche des profits !
Ce genre de pratique comptable ne contribuera certainement pas à redonner confiance dans les « Grandes banques »…
Hélas, même en 2011, certaines grandes banques jouent encore à ce petit jeu pour duper leurs actionnaires et leurs clients…