Résultats tagués Banque

L’actu du jour me fait sortir de ma torpeur ! Impossible de rester indifférent à l’annonce du non – relèvement du taux du Livret A, tant cette décision relève du scandale.

Rappel des faits : Histoire de dépolitiser la fixation du taux de rendement du placement le plus détenu par les Français, loin devant l’assurance vie, une règle avait été fixée. Avec bien sûr la possibilité d’y déroger. Depuis 2008, le taux d’intérêt du Livret A correspond au chiffre le plus élevé entre deux éléments, arrondi au quart de point le plus proche :

1)      la moyenne arithmétique de l’inflation des douze derniers mois et d’une référence moyenne des taux à court terme.

2)      l’inflation des douze derniers mois, augmentée d’un quart de point,

Ce qui aurait du être fait. Avec une inflation hors tabac à 2,4 % en décembre et des taux courts au tapis, suite à la crise européenne, le taux du Livret A devrait donc s’établir à 2,75 %. C’est à dire l’inflation plus un quart de point, arrondi au quart le plus proche. Pourtant, Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, évoque des circonstances exceptionnelles sur la volatilité du taux pour demander le statu-quo. Et François Baroin, son ministre de tutelle (pardon de l’expression car la Banque de France est indépendante !), d’opiner à cette proposition.

Des arguments fallacieux. Mais de quelle volatilité parle-t-on ? Celle de l’inflation ? Oui, les prix augmentent. Et le livret A peine à les suivre. En dépit de deux hausses des taux l’an passé, à 2 % en février et à 2,25 % en août, l’ancien livret jaune à la Poste ou rouge à la caisse d’épargne n’est pas parvenu à maintenir véritablement le pouvoir d’achat des épargnants. Non : Christian Noyer anticipe l’inflation future. Et elle devrait baisser ! Certes, l’argument révèle que la TVA sociale n’est pas pour demain. Mais il est fallacieux.

Sur Mediapart, Laurent Mauduit révèle l’inquiétude du gouvernement d’avoir à annoncer une baisse du taux du Livret A, au 1er mai, entre les deux tours de l’élection  présidentielle. Faux problème : car les mouvements de taux en mai et octobre, autorisés depuis une réforme de 2009, ne sont pas systématiques mais laissés à la discrétion du gouverneur de la Banque de France en fonction de la situation . Sachant bien évidemment que le ministre peut ne pas être d’accord bien entendu. Imaginez la scène : Mi-avril, Christian Noyer aurait pu réclamer une baisse du taux du Livret A tandis que le gouvernement, brandissant l’étendard de l’épargne populaire, aurait refusé cette demande. Classe !

Je m’égare. En aucune façon, la modification du taux du livret A en mai n’était obligatoire. Le scénario normal aurait du être le suivant : on montait le taux en février à 2,75 %, on passait la présidentielle tranquille et on se retrouvait en août 2012.

Les choses n’ont pas été ainsi. Sur une base annuelle, cela revient à spolier les épargnants d’une somme d’un milliard d’euro, vu les encours actuels sur ce placement, au profit du système financier. Grâce à l’absence de revalorisation des taux du Livret A, les banquiers n’auront pas à accroître le rendements de leurs autres produits de court terme. Ils pourront ainsi se refinancer moins cher. Le président de la République l’avait craché (promis, juré !), le sauvetage des banques n’avait rien coûté à l’Etat ni au contribuable. Cette fois-ci, les banques bénéficient d’une nouvelle faveur. Une fois encore, l’Etat ne paiera rien. C’était tellement plus simple de spolier directement Madame Michu.

Depuis août 2007 et le début de la crise des subprimes, ces prêts hypothécaires accordés aux ménages américains peu solvables, les banques refusent de se prêter de l’argent entre elles. La raison : une absence totale de confiance. Suis-je bien sûr d’être remboursé si je te prête de l’argent ? Ton bilan est-il composé d’actifs sûrs ou d’instruments financiers de mauvaise qualité ? Témoignage de ce manque de confiance : l’Euribor, la référence pour les prêts interbancaires sur le vieux continent, vient de franchir allègrement le niveau des 5 % pour les échéances de trois mois.

Le mal est connu, reste donc à trouver les remèdes. Et force est de constater de bien des choses ont été tentées…

Lire la suite de Les nationalisations au secours du capitalisme

Vous avez dit garanties ?

On ne parle plus que de celà depuis quelques jours : les garanties offertes aux clients en cas de failitte d’une banque ou d’un assureur. Résumons en trois cas et deux chiffres. Un, il existe dans notre beau pays trois fonds de garanties : l’un pour les dépôts bancaires (compte courant, compte sur livret, épargne logement…), l’autre sur les assurances et le troisième sur les titres. Tous ont un plafond commun : 70 000 euros. Seule exception fréquemment notée : le fonds de garanties des dépôts se limite à 20 000 euros pour les succursales d’établissements de la communauté européenne, comme par exemple ING Direct.

Des garanties existent, soyez donc rassurés braves gens…

Mais est-ce si sûr ?

Lire la suite de Vous avez dit garanties ?

François Fillon a lâché l’info hier. Au lieu d’augmenter de 3 % à 4%, le taux du Livret A et celui du Livret de développement durable progresseront seulement à 3,5 %. Quant au rendement du livret d’épargne populaire, destiné aux épargnants les moins fortunés, il ne sera pas fixé à 5 %, mais à seulement 4,25 %. Tout cela grâce à un tour de passe-passe permettant, en cas de "circonstances exceptionnelles", de remettre en cause le mode de fixation automatique du rendement de cette épargne populaire.
Ici même, il y a environ un mois, j’avais annoncé que le gouvernement risquait ne pas respecter ses engagements. Avec, aujourd’hui,  le regret d’avoir eu raison…

Lire la suite de Livret A : l’Etat se fout de vous

S’abonner au flux de ce blog

A propos du blog

Derniers commentaires

adsense

Blogroll

Archives