Une toile de Picabia retrouve les cimaises du musée de Nevers

marche-de-l-art, publié le , mis à jour à

La rivière, bord de la Douceline à Munot, 1906

C’est une belle histoire que celle de la « Rivière » de Francis Picabia (1879-1953). Ce tableau correspondant à la période impressionniste de l’artiste avait été volé en 1974 au musée de Nevers avec une autre oeuvre de Suzanne Valadon. Le Valadon est rapidement retrouvé mais le Picabia disparaît de la circulation. Sans qu’on sache très bien comment, il repointe le bout de son nez  sur le marché londonien en 1987 sous l’intitulé « Paysage ». Sans que personne ne se préoccupe de sa provenance, la toile est vendue aux enchères puis de nouveau l’année suivante. Jusqu’à 2008, date à laquelle après avoir traversé l’Atlantique, le tableau trouve un nouveau détenteur dans une after sale, procédure permettant à un amateur d’acheter un tableau qui n’a pas trouvé preneur lors d’une vente. Détenteur qui, de toute bonne foi, le présente l’année dernière à Sotheby’s Londres pour une éventuelle mise en vente.

 

Sotheby’s tente alors de se renseigner sur sa provenance mais la toile n’est pas référencée sur les bases de données consultées. Il faut l’intervention du comité Picabia  pour que la toile soit retirée de la vente, Sotheby’s se proposant alors de se charger de la restitution au musée de Nevers. Car il faut savoir que les oeuvres des musées sont inaliénables. Dans une telle situation, le détenteur  de bonne foi n’est jamais propriétaire. Le musée garde tous ses droits sur l’oeuvre. L’intervention d’un tiers est alors souvent nécessaire pour que le détenteur accepte de restituer son tableau, parfois moyennant le versement d’une compensation.

 

Pour notre rivière, tout se termine bien. Le tableau regagne Nevers et sera présenté au public lors des journées du patrimoine avant de trouver sa place dans le musée de la faïence récemment rénové.

Comme quoi selon le bon mot employé par le maire de Nevers « même pour une rivière, la vie n’est pas un long fleuve tranquille ».

Reste que cette belle histoire souligne le problème de la recherche des oeuvres volées. Guillaume Cerutti le PDG de Sotheby’s souligne qu’il existe de très bons outils de recherche notamment le fichier privé Treima ou encore le fichier de l’OCBC, organisme officiel centralisant les informations sur les oeuvres d’art volées. Mais il n’existe pas de connexions entre ces différentes sources de renseignements et les recoupements sont parfois difficiles. La création d’un organisme centralisateur paraît donc bien nécessaire pour que de belles histoires de ce type puissent se multiplier grâce à la coopération accrue des autorités publiques et des intervenants du marché de l’art.

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Robin Massonnaud

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