Parcours des Mondes 2012: à la découverte des Arts Premiers

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Le musée du quai Branly est une véritable réussite en termes de fréquentation. Il attire chaque semaine des milliers de visiteurs partant à la découverte des Arts Primitifs également appelés Arts Premiers. Mais l’amateur, qu’il soit néophyte ou savant, a d’autres possibilités de découvertes en ce mois de septembre. S’il aime déambuler dans les rues de Paris, le Parcours des Mondes est fait pour lui. Du 12 au 16 septembre prochain, ce salon en plein air entièrement consacré aux Arts Premiers l’invite à pousser les portes des nombreuses galeries de Saint-Germain-des-Prés situées entre le boulevard Saint-Germain et les quais de Seine. Pour sa onzième édition, une soixantaine de participants, dont plus de la moitié sont des galeries étrangères accueillies par leurs homologues français, mettent les petits plats dans les grands et vous proposent une grande variété d’œuvres, exceptionnelles ou plus courantes mais toutes de très belle qualité.

Depuis plusieurs années, Paris est devenue la place majeure du marché des Arts Premiers. Toutes les grandes maisons de vente et notamment Sotheby’s ou Christie’s y organisent des vacations importantes attirant les collectionneurs du monde entier. Et les records mondiaux pleuvent. Ces grandes maisons annoncent régulièrement des records à six ou sept chiffres. Ainsi, en mai et juin dernier Sotheby’s Paris a vendu 1 632 750 euros une figure de reliquaire Fang (Gabon)et 780 750 euros une coupe anthropomorphe Kuba du Congo.

Récipient à médecine, Makonde, Mozambique, galerie Lecomte

Le Parcours des Mondes est devenu, en à peine une dizaine d’années, la manifestation marchande la plus importante dans ce secteur du marché de l’art. Malgré son succès croissant, ce secteur n’est pourtant pas spéculatif. Pierre Moos, son organisateur, répète chaque année « qu’il s’agit plus d’un marché de collectionneurs que de spéculateurs, la belle santé du marché s’expliquant par la modestie des montants à partir desquels il est possible d’acquérir des chefs-d’œuvre du genre ». Et d’ajouter « On peut acheter l’équivalent d’un Matisse fauve pour un prix cinquante fois moins élevé ». Bien entendu, l’art étant devenu une valeur refuge en ces temps de crise, on ne peut nier que les prix montent surtout pour les statues et les masques d’exception. Mais comme le souligne le marchand Anthony JP Meyer, spécialiste de l’art océanien, « du côté des objets utilitaires ou des armes, on peut trouver des pièces de très belle qualité entre 1 000 et 10 000 euros. Mais il faut rester réaliste : n’espérez pas trouver une magnifique statue de l’île de Pâques pour 3 000 euros ». Les prix devraient continuer à grimper régulièrement sans être impactés par la crise financière. La raison en est simple. De nombreux musées ou fondations, publics ou privés, récents comme le quai Branly ou anciens comme Barbier-Muller, montent ou complètent leurs fonds. Ils donnent ainsi une légitimité à des objets jusqu’alors considérés comme usuels et désormais reconnus comme des œuvres d’art. Il est donc temps d’acheter.

Le profil des acheteurs confirment les déclarations d’Anthony JP Meyer sur la possibilité de réaliser de beaux achats à prix raisonnable. Selon une enquête de Tribal Art Magazine auprès de 5 000 amateurs il apparaît que la moitié d’entre eux consacre à leur collection d’Arts Premiers un budget annuel de moins de 10 000 euros. Seuls 7,75 % investissent plus de 100 000 euros chaque année. On est loin des montants astronomiques dépensés par les nouvelles fortunes dans l’art contemporain.

Alors que pourrez-vous dénicher dans ce Parcours des Mondes 2012 sachant qu’antiquaires et galeriste ont un stock à faire pâlir bien des conservateurs de musées et ont, pour certains d’entre eux, préparé leur exposition depuis des années ?

Couple de jumeaux, Dogon,Mali, vers 1900, Castellano

En parcourant les rues du VI e arrondissement de Paris, entre Seine et boulevard Saint-Germain, vous visiterez des galeries proposant une sélection éclectique et variée. Mais la force de ce Parcours ce sont les expositions thématiques.

La galerie Meyer présente ainsi une sélection d’objets d’art utilitaires des peuples aborigènes d’Australie. On peut y admirer des boomerangs de chasse aux dimensions inhabituelles, l’un d’entre eux atteignant même 140 cm.

Une exposition sur les cuillères est proposée par la galerie SL. Il a fallu cinq années pour réunir une centaine de ces objets utilitaires provenant de cinq continents dont les formes et l’esthétique reflètent l’histoire de civilisations fragiles et souvent disparues. L’exposition est accompagnée d’un merveilleux ouvrage où chacun des objets  a été dessiné et non pas photographié, un peu dans l’esprit

La galerie Olivier Castellano abord un thème : celui des couples, des doubles et des jumeaux. Sa sélection est proprement stupéfiante et d’une qualité superbe.

La galerie Renaud Vanuxem se consacre aux œuvres miniatures, aux amulettes assurant la victoire, une chasse abondante ou l’amour désiré. Les exemplaires les plus aboutis, à peine quelques centimètres, sont d’une virtuosité étonnante.

Figure féminine,Yangoru/boiken, Papouasie,Arte y Ritual

La galerie Alain Lecomte se consacre aux réceptacles à médecine, calebasses destinées à recueillir onguents, poudres et huiles médicinales et surmontées d’un bouchon sculpté d’une tête humaine, d’un animal, de figures géométriques. Des pièces émouvantes et rares.

Joaquin Pecci de Bruxelles présente une cinquantaine d’objets aux origines diverses (Côte d’Ivoire, Congo, Mali, Cameroun, Nigeria) mais étant toutes liées à une pratique africaine aux multiples implications spirituelles : la scarification.

David Serra aborde le thème séduisant des rites, danses et parures. Pascassio Manfredi poursuit la découverte de la statuaire des îles de la Sonde et des Moluques.

D’autres galeries présentent des pièces rares : un maternité assise Dogon du XVIe siècle pour Serge Schoffel, une sculpture Katsina du Nigeria  (Ve siècle av-Ve siècle apr J-C) chez Noir d’Ivoire, une maternité Yoruba du Nigeria du XIXe siècle chez Laurent Dodier, une figure masculine Yangorou de Papouasie chez Arte y ritual…

Bref un programme, riche, passionnant et diversifié qui vous transportera vers un ailleurs fascinant et réveillera en vous l’âme du collectionneur.

 

Parcours des mondes

Du mercredi 12 au dimanche 16 septembre de 11h à 19h, nocturne le jeudi 13 septembre jusqu’à 21h, dimanche jusqu’à 17h.  Accès gratuit. www.parcours-des-mondes.com

 

 

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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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