Fiac 2012: une 39ème édition de qualité

marche-de-l-art, publié le , mis à jour à

Marc Quinn « The origin of the world Indian Ocean », 2012, bronze, Galerie Thaddaeus Ropac

Hier soir, le Grand Palais bruissait de murmures, d’exclamations extatiques, de réflexions longuement muries, d’onomatopées perplexes ou plus rarement d’expressions de dégoût. Le sujet de cette agitation : l’Art contemporain avec un A majuscule. C’était le vernissage de la FIAC et tout ce qui compte de personnalités du Tout Paris, de branchés avertis, de snobs avides de reconnaissance, d’excentriques affichés mais aussi de collectionneurs passionnés se pressait dans des allées bondées dans une atmosphère digne du métro aux heures de pointe. Sans compter à l’extérieur des aficionados attendant patiemment sur des centaines de mètres d’entrer dans le Saint des Saints.

De flamboyantes créatures moulées dans des robes de grands couturiers et  perchées sur des escarpins Louboutin contemplaient leurs silhouettes et l’effet de leurs semelles rouges dans les créations de verres réalisées par certains artistes. Des capitaines d’industrie (Ernest-Antoine Seillière ou Paul-Louis Schweitzer l’ancien patron de Renault) discutaient doctement avec des grands galeristes. De riches américains, jeunes loups de la finance aux dents blanches et au physique lourdement athlétique, négociaient les prix alors que des princes arabes accompagnés de leur suite sélectionnaient avec un certains détachement leurs achats. Au milieu de cette nuée représentative du monde de l’art contemporain, il y avait de quoi se réjouir. Les œuvres présentées sont à même de satisfaire tous les goûts et toutes les tendances même si la sélection de cette année, de grande qualité, ne révolutionnera pas la planète. Il est vrai qu’en ces temps de crise et d’ISF écarté, les galeristes préfèrent parier sur les valeurs sûres.

C’est pourquoi on trouve tous les grands noms à des prix souvent stratosphériques. Plusieurs portraits de Picasso sont ainsi exposés. A la galerie Seroussi, on peut voir des Dali, Chirico et Léger de toute beauté. Chez Helly Nahmad  on est sans voix devant les Miro, Picasso, Calder, Dubuffet. Même réaction face à plusieurs Basquiat présent sur bien des stands. Sans parler de Gilbert et George, Cindy Sherman, Louise Bourgeois, Hans Hartung ou encore Marc Quinn.

Un mot de la galerie suisse Henze-Ketterer qui aurait sa place à la Biennale des Antiquaires. Elle présente une sélection d’artistes de l’Expressionisme allemand. Des œuvres magnifiques de Kirchner, Heckel et autres grands artistes souvent inabordables. La galerie expose toute une sélection de gouaches, dessins de Kirchner à des prix compris entre 25 000 et 42 000 euros. C’est presque une affaire pour ceux qui ont les moyens de les acheter.

Parmi les artistes contemporains on trouve les incontournables Damien Hirst et Murakami. La galerie Gagosian présente ainsi un immense tondo de Damien Hirst dans un cadre doré. Sur un fond rouge, il a étalé des ailes de papillons de la même couleur. L’œuvre est grandiose, peut-être une des plus émouvantes réalisée par l’artiste dans cette série. Son prix : plusieurs millions d’euros. White cube présente une autre œuvre de l’artiste « La vérité incomplète » une colombe enfermée dans une structure transparente dont l’artiste a le secret.

Emmanuel Perrotin propose quant à lui une grande statue de Murakami de structure cubique. Elle est affichée 2,2 millions d’euros. Sur son stand, vous trouverez la star des artistes belges Wim Delvoye, récemment exposé au Louvre. Une grande flèche gothique en bronze doré, caractéristique de son œuvre, vaut 230 000 euros.

Heureusement on trouve moins cher. La Kukje gallery de Séoul présente Kibong Rhee et  ses acryliques sur toile dans un dégradé de gris. Les tableaux de cet artiste réputé en Asie valent 50 000 euros.

Oeuvre du sud-africain Robin Rhode, galerie Tucci Russo Studio

Pour les amateurs d’Arte Povera, rendez-vous sur le stand de Tucci Russo Studio. Vous y verrez une belle sélection de l’un de ses meilleurs représentants Giuseppe Penone. Mais regardez également  le jeune sud-africain Robin Rhode. Il travaille la photo, se représente dans ses œuvres avec un sens graphique étonnant. Il faut compter 25 000 à 65 000 euros pour ses productions.

La galerie Christian Nagel de Berlin consacre tout son espace à Heimo Zobernig. Cet artiste autrichien très connu dans son pays a déjà été exposé en France notamment au musée d’art contemporain de Bordeaux. Les toiles présentées, de grande dimension, dans des tons monochromes sont couvertes de verres, pierres et poussières leur donnant ainsi un aspect lunaire quasiment irréel. Il faut compter 61 000 à 76 000 euros pour ces tableaux magnifiques.

Chez Karsten Grave, vous découvrirez un aspect moins connu de l’œuvre du grand artiste italien Lucio Fontana : ses céramiques. Elles sont superbes de force, d’énergie, de virtuosité. Un très grand vase est présenté pour un prix de 265 000 euros. La même galerie présente les œuvres aériennes de Georgia Russeli. Elle découpe des photos vintage, des papiers anciens, les peint puis les reforme en fines lamelles délicatement suspendues dans les structures de plexiglas. Le résultat est proche de la dentelle de Calais. Ces travaux délicats sont en vente entre 16 000  et 21 000 euros.

Autre merveille : les portraits de l’artiste chinois Mao Yan. Il s’inspire des grands portraitistes du XIXe siècle comme Sargent ou Carrière et aboutit à des images brumeuses au charme incontestable. Son tableau « My student 2012 » est présenté chez Templon pour un prix de 160 000 euros.

une oeuvre de Gert et Uwe Tobias inspirée du cabinet des dessins des rois de Saxe, Contemporary Fine Art gallery, Berlin, Photo: Alistair Overbruck

Notre coup de cœur 2012 vient d’Allemagne. Il faudrait plutôt dire viennent car il s’agit de jumeaux : Gert et Uwe Tobias. D’origine roumaine, ils sont représentés par la galerie berlinoise Contemporary Fine Arts et on fait l’objet d’une exposition au fonds régional d’art contemporain d’Auvergne. Ils ont réalisé un ensemble d’œuvres inspirées du cabinet des dessins des électeurs de Saxe conservés à Dresde. Ce sont d’immenses gravures sur bois au pochoir colorées et poétiques, d’inspiration surréaliste. Elles valent 65 000 euros. Mais l’amateur peu fortuné ne partira pas frustré car ces jumeaux proposent également des collages subtils et raffinés pour un prix de 6 000 euros.

une oeuvre sur papier, collages de Gert et Uwe Tobias, Contemporary Fine Arts Gallery, Berlin; photo: Alistair Overbruck

Autre découverte en provenance de la galerie milanaise Francesca Minini : l’œuvre d’Armin Boehm. Il utilise le sable, le métal, des fleurs séchées, notamment des tournesols, pour reconstituer des paysages, des terres dont on voit le sous-sol. C’est magique et par moments on a l’impression de reconnaître Egon Schiele derrière ces tableaux  à la forte présence dont le prix est de 20 000 euros.

Nous terminerons ce parcours forcément subjectif par une photographe iranienne déjà très connue : Shirin Neshat. Ces visages en noir et blanc couverts de calligraphies persanes sont fascinants, le regard lumineux des modèles captant l’attention. Pour ces portraits, icônes de l’art iranien contemporain présentées par la galerie Gladstone, il faut compter 35 000 à 85 000 euros.

 

 

Fiac, Grand Palais, 75 008 Paris, jusqu’au dimanche 21 octobre de midi à 20h.
Nocturne le vendredi 19 octobre jusqu’à 22h.

Prix d’entrée : 35 euros, 20 euros pour les moins de 26 ans et gratuit pour les moins de douze ans.

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