[VIDEO] Les pin-up envahissent Drouot

marche-de-l-art, publié le , mis à jour à

Vous connaissez les éditions du Fleuve Noir. Un condensé de polars ayant pour thèmes l’angoisse, l’espionnage ou les enquêtes policières, le tout mâtiné d’une bonne dose d’érotisme rampant et de concupiscence exaltant les formes féminines les plus voluptueuses. Les titres de ces romans de gare sont à l’avenant : « La mort n’a pas de faux cils », « La part du diable », « Les prédateurs » ou encore « Sex and bacon ».

« Pin-up effrayée », Paris Flirt 1963
Michel Gourdon, estimation 300-500 euros.

Pour les illustrer et attirer le chaland, un dessin presque photographique et suggestif. Ce travail était confié à Michel Gourdon (1925-2011). Cet inconnu est pourtant célèbre. Au début d’ « A bout de souffle » de Godard, Belmondo lit le journal où figure une pin-up de Gourdon. Cet artiste prolifique a façonné au cours de sa carrière des centaines voir des milliers de couvertures de livres réalisant celles des San Antonio, Coplan ou OSS 117. De 1950 à 1978, il aurait ainsi créé 5 000 dessins.

« La mort n’a pas de faux cils », éditions Fleuve Noir 1970
Michel Gourdon, estimation 300-500 euros

Disparu en 2011 sans descendance et dans l’anonymat, 280 dessins originaux provenant de son atelier sont proposés aux amateurs samedi prochain par l’étude Cornette de Saint Cyr. Ils sont proposés sur la base d’une estimation de 300 à 500 euros sans prix de réserve. Autrement dit, certains d’entre eux pourraient trouver preneur pour beaucoup moins même si le dessin le plus cher de l’artiste a été vendu 1 600 euros.
Solitaire, c’était un travailleur stakhanoviste. Cet élève des Beaux-Arts de Bordeaux, frère de l’illustrateur Aslan à qui il avait abandonné le contrat des pin-up illustrant le magazine « Lui », vivait en père tranquille dans le Perche. Pour illustrer tous ces romans, l’éditeur lui envoyait un court résumé faisant ainsi confiance à son imagination nourrie de films noirs.

« Pin-up à l’appareil photo », Paris Flirt 1963
Michel Gourdon, Estimation 300-500 euros

Le résultat est typique de cette époque de prospérité économique qu’étaient les Trente Glorieuses. L’homme y est mâle, sûr de lui, dominateur et protecteur à la fois. La femme y est sensuelle, lascive et innocente, mutine mais non sans dangers. Toute une époque ! On se croirait dans les films d’OSS 117 avec Jean Dujardin. Un vrai plaisir régressif mais des œuvres d’un artiste ayant un réel talent, jusqu’à présent oublié, et dont la cote pourrait grimper avec le retour en grâce des années 50-70 auprès de jeunes collectionneurs. Ils y trouvent cette insouciance exaltante qui manque à notre société contemporaine.

Vente Gourdon, Etude Cornette de Saint Cyr, Hôtel Drouot, salle 9
Exposition le 22 février de 11h à 18h et le 23 février de 11h à 12h
Vente le 23 février à 14h
www.cornette-saintcyr.com

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