Portraits impériaux: des souvenirs historiques aux enchères

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Peter Krafft (1780-1856), Portrait du duc de Reichstadt, fils de Napoléon Ier, 1823, estimation: 200 000/ 250 000 euros. Vente Osenat, 24 mars.

S’il est un domaine du marché de l’art qui ne connaît pas la crise, c’est bien celui des souvenirs des grandes familles régnantes. Nous ne parlons pas ici des souverains obscurs des multiples principautés allemandes ou des royaumes « d’opérette » comme le Monténégro ou les monarchies balkaniques. Non il s’agit des grands noms qui dominèrent l’Europe et le monde au XIXe siècle. Parmi ces familles les Bonaparte pour la France et les Romanov pour la Russie sont au zénith.
Or Fontainebleau et Paris vont accueillir deux ventes consacrées à ces dynasties majeures de l’histoire.
A Fontainebleau, la maison de ventes Osenat organise le 24 mars prochain sa désormais célèbre vacation « Empire ». Elle y présente un portrait rare, daté de 1823 et réalisé par Peter Krafft (1780-1856) : celui du duc de Reichstadt (1811-1832), fils de Napoléon I et de l’impératrice Marie-Louise. Il est alors âgé de douze ans et pose fièrement en uniforme de sergent de l’infanterie impériale autrichienne sur la Bellaria, une des ailes du palais de la Hofburg. Blond, le teint rose, un grand képi cachant ses boucles blondes, cet enfant-soldat ressemble beaucoup à sa mère et aux portraits de ses nombreux oncles et tantes de la maison des Habsbourg. Elevé à la cour de Vienne parmi les archiducs comme un membre de la famille, l’empereur François Ier d’Autriche conféra à celui qu’on nommait aussi l’Aiglon ou le roi de Rome, le titre de duc de Reichstadt avec le prédicat d’altesse sérénissime. Une façon habile de renforcer ses racines autrichiennes et de lui faire oublier ses attaches françaises. Ce tableau laisse une impression de bonheur fragile, comme si l’artiste avait pressenti le destin tragique et vain de ce jeune homme mort à l’âge de 21 ans de la tuberculose. Pour acquérir cette grande toile (220 x140 cm), il faudra compter 200 000 à 250 000 euros.

Baron Gérard (1770-1837), Portrait de Jérôme Napoléon en grand costume de roi de Westphalie, 1809-1811, estimation 150 000/ 180 000 euros, vente Osenat 24 mars 2013


Plus officiel et beaucoup plus solennel, il sera également possible d’acheter un grand portrait d’apparat du roi Jérôme (1784-1860). Réalisé par le Baron Gérard (1770-1837), peintre à l’époque aussi réputé que David, le frère de l’empereur Napoléon Ier pose en grand costume de roi de Westphalie. Une telle œuvre mériterait de rejoindre les collections nationales. Elle est estimée 150 000 à 180 000 euros.
A Paris, cette fois le 3 avril prochain, l’étude Coutau-Bégarie organise elle aussi une vente de souvenirs historiques. Elle comprend plus de 3 000 photographies anciennes de la famille impériale de Russie représentant les tsars Alexandre II, Alexandre III et Nicolas II ainsi que les principaux membres de leur famille. Certaines portent les signatures autographes des tsars. Les estimations varient entre 800 et 3 000 euros. C’est une occasion exceptionnelle de pénétrer la vie privée et intime des Romanov. On y trouve ainsi un ensemble de photographies prises par Pierre Gilliard (1879-1962) précepteur des grandes duchesses et du tsarévitch Alexis. On y découvre Nicolas II pique-niquant, faisant du canoë, jouant au tennis ou jouant avec son fils, si fragile en raison de son hémophilie. On pourra également s’intéresser aux portraits de Nicolas II et de son épouse Alexandra. On y trouve un couple uni, presque bourgeois, peu armé à diriger un immense empire. Le témoignage d’une Russie impériale et d’une famille, débordée par l’évolution rapide de la société et emportée par la Révolution bolchevik.

Vente Empire, Osenat, Fontainebleau, 24 mars 2013
Souvenirs Historiques, Coutau-Bégarie, hôtel Drouot, 3 avril 2013

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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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