Tableaux et sculptures: une confrontation de grande classe Faubourg Saint-Honoré

marche-de-l-art, publié le , mis à jour à

« Portrait du Christ », école française vers 1620-1630, huile sur cuivre, galerie Eric Coatalem


Ils sont trois et leurs galeries respectives se trouvent toutes Faubourg Saint-Honoré. En marge des grandes manifestations comme la TEFAF ou le salon du dessin, ils se sont réunis pour présenter des peintures, sculptures et objets d’art des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. L’ensemble est assez époustouflant et l’on s’imagine, grand seigneur, vivant dans un décor aussi somptueux et esthétiquement parfait. Bref le Nirvana du collectionneur. A condition qu’il ait de solides bases financières pour se permettre une telle orgie d’œuvres d’art.
Commençons par les tableaux. Les galeries Eric Coatalem et Philippe Perrin ont soigné leur sélection. Il y a de quoi rester sans voix. Heureusement, devenu temporairement muet, on peut encore s’exprimer par l’écriture.

« Le crépuscule » Hubert Robert (1733-1808), huile sur toile, galerie Philippe Perrin


L’œuvre la plus séduisante est encore anonyme. Il s’agit d’un portrait du Christ, école française vers 1620-1630. Le visage est doux, le regard songeur, la longue chevelure aux reflets blonds légèrement ondulée. Le Christ est ici profondément humain, un homme parmi les hommes avec sa fragilité intérieure. Une pure merveille.
Plusieurs œuvres de Lubin Baugin (vers 1610-1663) sont présentées. Peintre du roi, ses couleurs vives et primaires, la carnation éburnéenne de ses personnages donnent à ses toiles une dimension mystique. C’est le cas d’une « Sainte Famille » et d’une « Intercession de Sainte-Catherine ». « Un paysage avec la rencontre de Jacob et Esaü » de Sébastien Bourdon (1616-1671) démontre l’influence de Poussin sur la peinture française du XVIIe siècle. Une « Vierge tenant une rose, l’enfant Jésus assis sur ses genoux » de Michel Corneille ( 1601-1664) est la représentation la plus parfaite de la tendresse et de l’attention maternelle, teintée cependant d’une élégante retenue. Il faudrait également citer les œuvres de Jacques Stella (1596-1657) ou le sensible « Saint Jean-Baptiste » de Nicolas Régnier (1588-1667).

« Vierge à l’enfant », Charles Hoyau (actif entre 1631 et 1644), groupe en terre cuite, traces de polychromie, vers 1635-1640), galerie Patrive Bellanger.


Mais évoquons le XVIIIe siècle avec deux grands tableaux présentés par Philippe Perrin. « L’aube » et « Le crépuscule » se font face dans la très belle galerie de la place Beauvau. Datées de 1776, ces deux toiles sont l’œuvre d’Hubert Robert (1733-1808). Spécialiste des paysages imaginaires peuplés de ruines, de monuments et de paysans idéalisés, ses paysages de rêve sont la quintessence de l’esprit français du XVIIIe siècle et de ce retour progressif vers la nature, facteur d’équilibre au sens rousseauiste du terme.

« L’aube », Hubert Robert (1733-1808), huile sur toile, galerie Philippe Perrin


Quant à la galerie Bellanger, grand spécialiste des sculptures européennes elle propose à l’amateur un superbe ensemble de terres cuites. La « Vierge à l’Enfant et Saint Jean-Baptiste de Rombouts Pauwels (1625-1690), par son équilibre, les plissés de la robe de la Vierge est un véritable chef d’œuvre. Dans un style différent, moins flamboyant, plus solennel citons « la vierge à l’Enfant » de Charles Hoyau (actif entre 1631 et 1644) ou la Sainte-Madeline d’Alessandro Algardi (1595-1654). Un « Hercule au repos » de Guillaume Boichot (1735-1814) dégage une impression de lassitude comme si le héros antique était las de ses fameux travaux.

« Vierge à l’enfant et Saint Jean-Baptiste », Rombouts Pauwels (1625-1690), groupe en terre cuite, vers 1650, galerie Patrice Bellanger.


Parmi ces terres cuites un marbre mérite l’attention. Il s’agit d’un buste d’Alexandre le Grand » attribué à Jean Raon (1630-1707). Coiffé d’un casque et d’une dépouille de lion, les traits de son visage n’en apparaissent que plus réguliers, comme figés dans leur beauté d’éphèbe.
Ne manquez pas ces expositions. Elles valent le déplacement. Quant aux prix… ils sont proportionnés à la qualité des œuvres.
Expositions jusqu’au 11 mai
Galerie Bellanger, Coatalem et Perrin, 93, 98 et 136 rue du Faubourg Saint-Honoré 75 008 Paris.

AILLEURS SUR LE WEB

Contenu proposé par Taboola

Commentez cet article

Votre commentaire sera publié directement et modéré a posteriori. En publiant vous acceptez la charte des commentaires

1 commentaire

Avatar de Mystère

Mystère

Monsieur Robin. N ayant pas l occasion de me rendre à la Tefaf j’ai beaucoup apprécié l’ exposition chez Perrin. La lecture de votre article me donne l ‘envie de voir les deux autres expositions.


Répondre

A propos du blog

Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

Voir mon profil

Instagram
  • Oeuvre de Franz Metzner (1870-2919) au Palais Veletrzni à Prague #iloveyoupraha #iloveprague #ilovepraha #pragueiloveyou #prahailoveyou #praha #prague #praguejetaime #czechart #czechartist #czechartist

Follow Me!

Abonnez-vous à notre newsletter

Commentaires récents

S'abonner au flux de ce blog

[De quoi s'agit-il?]

Archives

Retour vers le haut de page