Des artistes, des collectionneurs, une rencontre et une séparation

marche-de-l-art, publié le , mis à jour à

Chiharu Shiota (née en 1972), « State of being 7″, 2009, acier, fils de laine et balance en métal.
Estimation: 17 000- 25 000 euros. Vente Artcurial, 24 octobre


La FIAC ouvre ses portes jeudi prochain et le petit monde des maisons de ventes parisiennes est en effervescence. Il s’agit bien entendu de profiter de la présence dans la capitale de riches collectionneurs susceptibles d’investir dans des œuvres d’artistes hors de prix. Mais pas seulement. Nombreux seront les amateurs dont la démarche plus personnelle consiste à accompagner des artistes émergents ou déjà confirmés. Pas des superstars mais des hommes et des femmes dont les créations les touchent. L’esprit de spéculation n’est pas alors présent, c’est plutôt une forme de mécénat personnalisé qui s’impose à eux comme une évidence. C’est ce qui rend l’art contemporain si intéressant : découvrir et porter les artistes pour lesquels on éprouve une émotion.

Massimo Vitali (né en 1944), « Viareggio Polytych (B) », 2000, tirage cibachrome, édition 3/9.
Estimation: 18 000 -22 000 euros, vente Artcurial 24 octobre.


La maison Artcurial, réputée pour ses ventes d’art contemporain, se fera le porte-parole de ces collectionneurs souvent discrets en proposant le 24 octobre une vente baptisée « Scène 21 ». Les 125 lots de cette vacation viennent toutes de collections privées notamment de Florence et Daniel Guerlain et Michelle et Thierry Colin. Pourquoi ces collectionneurs passionnés se séparent-ils d’une œuvre ? Laissons la parole aux Guerlain : « Un jour par souci de confort la vie nous fait changer de cap, mais les œuvres ne sont plus adaptées aux lieux nouveaux. Les stocker pour certaines signifie une rupture de vie, plus personne pour les admirer, pour les trouver en totale adéquation avec le lieu. Alors nous décidons de les porter au regard d’un collectionneur qui en les achetant leur donnera tout son cœur. C’est parce que nous sommes contre le stockage éternel des œuvres qui deviennent des objets sans vie que nous préférons les laisser partir vers d’autres regards ». On en est à des années lumière de l’esprit de spéculation frénétique qui anime le marché de l’art contemporain! Et c’est tant mieux.

Douglas Gordon (né en 1966), « Selfportrait of you + me (Catherine Deneuve)- août 2007.
Estimation: 25 000- 35 000 euros, vente Artcurial 24 octobre.


C’est certainement la raison pour laquelle aucun des lots mis en vente n’est accompagné d’estimations stratosphériques.
De la collection Guerlain on trouve deux meubles extraordinaires : l’un de ces fameux fauteuils peluches colorées des frères Campana estimé 15 000 à 20 000 euros et une commode ronde assez indescriptible formée de tiroirs de récupération et créée par Tejo Remy dont Artcurial attend 12 000 à 15 000 euros.

Shiro Kuramata (1934-1991), tabouret « Feather Stool » 1990, acrylique, dossier en aluminium, plumes.
Estimation: 30 000 à 40 000 euros, vente Artcurial 24 octobre.


D’un collectionneur anomyne, on pourra acheter l’une des œuvres arachnéennes de la japonaise Chiharu Shiota. Elle utilise des objets, des vêtements qui sont ensuite enveloppés dans un labyrinthe de fils de laine noirs donnant ainsi une impression de monde en suspension. On peut y voir un symbole d’enfermement mais aussi de légéreté. « State of being 7 » est estimé 17 000 à 25 000 euros.
Les photos de plages de Massimo Vitali, à l’aspect surexposé sont déjà bien connues et l’artiste est représenté dans toutes les grandes foires. Ses œuvres sont en apparence assez ludiques car elles représentent la société des loisirs et des vacances balnéaires mais elles dégagent également une certaine inquiétude, celle d’une société qui, pendant un instant de l’année, fuit les difficultés d’un monde en mutation. Les œuvres proposées sont estimées 18 000 à 22 000 euros.
Le mobilier crée dans les années 80 par Shiro Kuramata fascine. En acrylique, donc transparent, on y trouve des inclusions de pétales, de fleurs, de plumes. Une légèreté intemporelle qui fait de ce designer un grand maître. Son tabouret « Feather stool » est estimé 30 000 à 40 000 euros.

Oleg Kulik (né en 1963), « Big milk, the russian »-1999 Tirage couleur, cibachrome-print, n°4/6
Estimation: 8 000 à 12 000 euros, vente Artcurial 24 octobre.


Mais on trouve moins cher : les céramiques au crochet de Joana Vasconcelos, les photos provocatrices du russe Oleg Kulik autour de 8 000-12 000 euros.

Joana Vasconcelos (née en 1971) « Katito » 2008, faïence émaillée et crochet.
Estimation: 8 000 à 12 000 euros, vente Artcurial, 24 octobre.


Et même de nombreuses œuvres entre 1 000 et 8 000 euros.
De quoi satisfaire toutes les bourses et faire naître la passion de la collection chez des amateurs qui ne figureront jamais dans le classement Forbes des grandes fortunes mondiales.
Artcurial, 7 Rond-Point des Champs-Elysées 75 008 Paris, exposition du 21 au 23 octobre, vente le 24 octobre à 14h30.

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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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