Chambres à part: l’enchantement brésilien

marche-de-l-art, publié le , mis à jour à

Alexandre Da Cunha ‘Laissez faire (parrots 1), 2010 peinture sur serviette éponge.

Le concept est original et terriblement séduisant. Laurence Dreyfus, personnalité bien connue du marché de l’art contemporain, propose chaque année pendant la semaine de la FIAC une sélection d’artistes qu’elle expose dans un cadre privé. Pour la deuxième année consécutive, elle occupe un ancien Hôtel particulier du Trocadéro avec vue sur la Tour Eiffel. Restructuré dans un style contemporain aux couleurs de sable, il sert d’écrin aux œuvres proposées à la gourmandise des collectionneurs. Et cette année on peut parler de gourmandise car Laurence Dreyfus présente sous l’appellation « Voir est une fable » une sélection d’artistes brésiliens absolument enthousiasmants. Les œuvres sont colorées, vivantes, dynamiques. Elles explosent de vie. Ces artistes ont créé l’art ludique influencé par la samba ! Et cette joie de vivre ne se fait pas au détriment de la qualité artistique, loin de là.

Vik Muniz « Mist, after Caspar David Friedrich « (pictures of pigment), 2005 édition de 6 plus 4 épreuves d’artiste.


Le communiqué de presse précise que « l’art est une façon de comprendre le monde par le biais de notre imagination ». Et avec ces artistes brésiliens, l’imaginaire fonctionne à 100 à l’heure. Il s’envole entre onirisme, calme rêverie contemplative et jouissance de la vie. Quel contraste entre les installations-mélange de tissus, de perles et de cordes de Maria Nepucemo à la joie éclatante, presque enfantine et les sculptures minérales et pourtant aériennes d’Ernesto Neto !

Janaina Tschäppe « Aurora » 2011.


Quel déploiement de couleurs et de soleil dans l’œuvre de Janaina Tschäppe à comparer aux œuvres plus sévères et structurées de Paulo Nimer Pjota, digne héritier de la saudade portugaise ! Mon coup de cœur : les perroquets d’Alexandre Da Cunha. Il peint sur des serviettes éponges dressées sur châssis. La serviette de plage, symbole s’il en est de Copacabana et d’Ipanema servant de support à une œuvre d’art. C’est tout le condensé de la vigueur et de l’inventivité de la scène artistique brésilienne, reflet de la nouvelle puissance économique de ce pays.

Maria Nepomuceno « Sem titulo », 2009


Il faut aussi citer une œuvre splendide du très connu Vik Muniz inspirés des tableaux romantiques de Caspar David Friedrich. De grand format on y trouve cette langueur de Goethe mélangée à une technique pictorialiste digne d’Heinrich Kühn.
Sans oublier d’évoquer les bronzes légumiers et fruitiers d’Erika Verzutti. On les mangerait sans hésitation tant leur patine est appétissante.
Ce feu d’artifice brésilien n’efface pas les autres artistes présents. On y retrouve avec bonheur deux grands tableaux de Monique Frydman, l’un dans des coloris de calcaire, l’autre tel un soleil irradiant la toile de ses rayons. On est fasciné par une lampe de verre teinté du danois Olafur Eliasson. On s’extasie sur les ailes de papillon gravées par Patrick Neu, un travail de miniaturiste digne des plus beaux incunables. Cet artiste français propose également des bulles de cristal dans lequel on aperçoit un plongeur. On y sent l’attirance des fonds abyssaux comme si l’artiste partait à la recherche d’un équilibre intérieur lointain.

Ernesto Neto « The dance of the time », 2005


Pour tout dire je suis totalement emballé par cette sélection et je vous conseille d’y courir même si la FIAC et les foires gravitant autour de la manifestation star vous conduisent à l’épuisement !

Quant aux prix,les voilà. Ils sont ceux d’artistes déjà connus dans leur pays ou à l’international mais pas encore superstars inabordables.
Alexandre Da Cunha : 8000 EUR
Janaina Tschäppe : 62 000 USD
Vik Muniz : entre 35 et 71 000 USD
Ernesto Neto : 145 000 EUR
Napomuceno : 25 000 EUR

Exposition visible uniquement sur rendez-vous à prendre sur chambresapart@laurencedreyfus.com. Se tient place du Trocadéro à l’angle de l’avenue d’Eylau jusqu’au 27 octobre.

AILLEURS SUR LE WEB

Contenu proposé par Taboola

Commentez cet article

Votre commentaire sera publié directement et modéré a posteriori. En publiant vous acceptez la charte des commentaires

Aucun commentaire

A propos du blog

Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

Voir mon profil

Instagram
  • Oeuvre de Franz Metzner (1870-2919) au Palais Veletrzni à Prague #iloveyoupraha #iloveprague #ilovepraha #pragueiloveyou #prahailoveyou #praha #prague #praguejetaime #czechart #czechartist #czechartist

Follow Me!

Abonnez-vous à notre newsletter

Commentaires récents

S'abonner au flux de ce blog

[De quoi s'agit-il?]

Archives

Retour vers le haut de page