Flashez sur Paris Photo

marche-de-l-art, publié le , mis à jour à

Valérie Belin « Arcotis fastuosa » galerie Edwinn Houk, Paris Photo 2013.


Le seul grand salon consacré exclusivement à la photo se tient à Paris.Très sobrement il a donc été baptisé Paris Photo. Rien là de bien original ! Il serait pourtant dommage de se priver d’une promenade dans les allées du Grand Palais car vous en ressortirez enthousiaste et heureux. Bien entendu, le soir de vernissage, les allées étaient envahies de bobos branchés au look hipsters, de belles lookées comme dans une page de Vogue ou de femmes aux lèvres de poisson mais l’ambiance est moins mondaine qu’à la Fiac, plus décontractée. On y rencontre des galeristes passionnés défendant avec fougue leurs artistes et un public attentif et pour beaucoup connaisseur.

Stanislas Guigui « Abogado, Atras del muro », La galerie particulière. Paris Photo 2013.


Evidemment vous trouverez tous les grands noms de la photo : Gustave Le gray inaccessible à moins de plusieurs dizaines de milliers d’euros, Charles Nègre tout aussi cher et très présent sur le stand d’Hans Kraus, les pictorialistes comme Heinrich Kuhn à des prix variant entre 6 000 et 60 000 euros, Germaine Krull, Drtikol et ses nus superbes, Avedon ou Irving Penn et leurs photos de mode à plusieurs dizaines de milliers d’euros, Diane Arbus dont on trouve sur de nombreux stands des épreuves proposées entre 30 000 et 200 000 euros, Brassai, Doisneau Dora Maar à 8 000 euros…

Dora Maar « portrait de femme » 1934; galerie Michel Chomette, Paris Photo 2013


Parmi les contemporains bien connus la galerie Karsten Greve consacre la totalité de son espace à Robert Polidori, photographe québécois. Ce dernier est célèbre pour ses photos très architecturées du château de Versailles. Ses angles de vue sont d’une grande originalité comme ce portrait tronqué de la princesse de Lamballe ou ces immenses salles du plus célèbre des palais avant restauration.

Robert Polidori « Château de Versailles, portrait de la princesse de Lamballe », galerie Karsten Greve, Paris Photo 2013.


On découvre également ses nouveaux travaux, représentation d’espaces plus bruts (bureaux, entrepôts ou hangars on ne sait trop). Les prix s’échelonnent en moyenne entre 20 000 et 40 000 euros.

Gustave Le Gray « La reine Hortense, yacht de l’empereur Napoléon III », Hans P kraus JR gallery, Paris Photo 2013


Autre artiste à redécouvrir chez Photo and Co : Basilico. La galerie expose ses tirages des plages du Nord (Le Touquet, Merlimont) et de Boulogne-sur-Mer. Elles dégagent une douce mélancolie. On peut les comparer aux visions hivernales de Saint-Pétersbourg d’Alexey Victorovitch Titarenko chez Nayla Alexander. Elles sont poétiques et délicates comme la neige. Il faut compter 3 000 à 10 000 euros pour une épreuve.

Trine Sondergaard « Intérieur », galerie Martin Asbaek, Paris Photo 2008


Plus âpres mais superbes sont les portraits réalisés par Stanislas Guigui (galerie Particulière). Ils représentent des gens de la rue d’Amérique du Sud, abîmés par les épreuves et la dureté de l’existence. Il n’y a aucun misérabilisme dans ces épreuves plutôt un témoignage respectueux. Bien différents sont les portraits d’adolescents de l’australienne Vee Speers à la School Gallery. Mis en scène et costumés dans une ambiance laiteuse, on rentre quasiment dans un conte de fées. C’est terriblement séduisant. Il faut compter 3 200 à 6 400 euros selon la taille des photos.
Edwinn Hook présente le travail merveilleux d’une française : Valérie Belin. Ce sont des portraits de femmes, très années 60 dans leur look, noyées dans une nuée de fleurs. C’est coloré, délicieux comme une friandise trop sucrée. Il faut compter 27 000 euros pour ces très grands formats.

Claudia Angelmaier « Uta », galerie Parrotta, Paris Photo 2013


Robert Mann présente le travail de Julie Blackmon. On se croirait chez « Alice au pays des merveilles ». Des enfants évoluent dans une scénographie soignée. On dirait des anges mais ce sont en fait de petits démons notamment cette ravissante petite blonde qui vient d’écarteler sa poupée Barbie. Il faut investir 4 500 euros pour emporter l’une de ces scènes.

Julie Blackman « Hair » Robert Mann gallery, Paris Photo 2013


51 Fine Art présente le travail très élégant, froid mais équilibré de Frederike Van Rauch. Elle photographie des murs gris et des toiles anciennes paraissant abandonnées. Son travail est abordable (environ 2 600 euros). Dans le même esprit on s’intéressera au travail de Trine Sondergaard défendue par la galerie danoise Martin Asbaek. Nous avions déjà parlé l’an dernier tellement ses portraits de nuques de femmes surmontées de bonnets anciens étaient d’une beauté intemporelle. Cette année, elle présente des vues d’intérieurs nus et dépouillés dans une lumière d’hiver. C’est superbe et paisible, comme si le temps s’était arrêté. On croirait des tableaux d’Hammershoi, le grand peintre danois. Pour ces photos il faut compter entre 4 200 et 8 000 euros.

Josef Hoflehner, « Jet airliner », galerie Nikolaus Ruzicska, Paris Photo 2013


Autre coup de cœur : Josef Hoflehner chez l’autrichien Nikolaus Ruzicska. Cet artiste proposé des avions flashés dans des situations presque ubuesques à proximité de plages et de vacanciers. D’autres travaux présentent des paysages de neige au Japon ou de plages de la mer du Nord avec leurs sièges si caractéristiques. A la différence des précédentes photos, tout n’est que calme et immobilité. Il faut compter entre 3 400 et 9 500 euros.

Vee Speers, série Bulletproof, School Olivier castaing galerie, Paris Photo 2013


Stoppons là : allez sur place pour juger sur pièce. La belle diversité des artistes présentés démonter la vivacité et la créativité foisonnante de ce support artistique.

Diane Arbus « Two ladies at the automat » 1966, Steven Kasher gallery, Paris Photo 2013


Paris Photo, Grand Palais du 14 au 17 novembre, de 12h30 à 20h (19h le 17)

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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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