Le mobilier « rêverie baroque » de Garouste et Bonetti

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Vue d’intérieur décoré par Garouste et Bonetti avec lampadaire grec (4 000 à 6 000 euros) et canapé Aladin (5 000 à 7 000 euros). Vente Sotheby’s Paris, 26 novembre 2013.


En 2010, Sotheby’s mettait en vente 98 lots crées en 1987 par Elizabeth Garouste et Mattia Bonetti pour décorer les salons de la maison de couture de Christian Lacroix Faubourg Saint-Honoré. D’une modernité baroque, ce mobilier avait facilement trouvé preneur puisque sur la base d’une estimation d’environ 350 000 euros, il avait été vendu un plus de 540 000 euros. Certaines pièces avaient même fait l’objet d’une préemption du musée des Arts Décoratifs à Paris.
La magie va-t-elle à nouveau opérer avec la vente qui se tiendra le 26 novembre prochain ? Dans le cadre d’une très belle vacation sur les Arts du XXème siècle, Sotheby’s propose 76 pièces uniques créées par nos deux décorateurs pour deux intérieurs privés.

Intérieur décoré par Garouste et Bonetti avec lit composé de tiges de fer martelé patiné noir, estimation 8 000 à 12 000 euros; vente Sotheby’s Paris, 26 novembre 2013.


L’ensemble est diablement séduisant. A contempler ce mobilier, on a l’impression d’évoluer dans un rêve. Ce duo de créateurs s’est formé en 1980. Pendant 22 ans, ils ont œuvré ensemble pour décider en 2002, de suivre des voies différentes. Ce mobilier « baroque et barbare » est unique en son genre et appartient à la catégorie des grandes créations du XXème siècle. Leur production n’a jamais été considérable. Ces meubles sont rares et précieux et ne peuvent que prendre de la valeur.
On y trouve de tout : des tapis accessibles à partir de 1 000 euros, des consoles en fer martelé à la feuille d’or blanc estimées 10 000 à 15 000 euros, des appliques et des suspensions en forme de parapluies pour 3 000 euros, des guéridons dorés à la feuille d’or jaune (4 000 à 6 000 euros)…

Intérieur décoré par Garouste et Bonetti avec paire de bibliothèques en sycomore et éléments en bronze patiné noir, estimation 15 000 à 20 000 euros. Vente Sotheby’s Paris 26 novembre 2013.


Certains meubles reflètent parfaitement l’esprit poétique et onirique de nos deux artistes. Un lit d’inspiration néo-gothique en tiges de fer martelé patiné noir, digne de la princesse au petit pois, pourrait atteindre 8 000 à 12 000 euros. Une commode en bois laqué noir à la forme de haricot, aux gros pieds en bronze, nous plonge dans un univers à la Lewis Carroll et pourrait trouver preneur pour 18 000 à 22 000 euros. Des chaises qu’on croirait sorties d’un palais vénitien sont estimées 600 à 800 euros. Des consoles en bois noir aux pieds dorés en forme de lianes agrémentés de billes d’améthyste sont raisonnablement attendues autour de 3 000 à 5 000 euros. De grandes et hautes bibliothèques d’inspiration Biedermeier en sycomore séduiront les amateurs pour 15 000 à 20 000 euros. Une large table basse ronde, aux pieds boules, au plateau en mosaïque de pâte de verre est attendue autour de 10 000 à 12 000 euros alors que des chevets en bois recouvert de feuilles d’or jaune ou argent devraient monter jusqu’à 12 000 euros.

Jean Royère (1902-1981), applique Liane vers 1960, métal peint en noir, estimation 160 000 à 180 000 euros; Vente Sotheby’s 26 novembre 2013.


Mais Garouste et Bonetti ne doivent pas faire oublier les autres lots de cette vente fleuve. On peut aussi craquer pour les délicieux moutons en bronze de François-Xavier Lalanne (40 000 à 60 000 euros) ou pour une paire de fauteuils « oiseau d’argent » estimés 20 000 à 30 000 euros.

Eugène Printz (1889-1948), enfilade, vers 1935 en bois verni noir aux portes en laiton oxydé, monogrammé EP, estimation 60 000 à 80 000 euros; vente Sotheby’s Paris 26 novembre 2013.


Il y a aussi du beau mobilier de l’italien Gio Ponti, une biliothèque Nuage de Charlotte Perriand et une merveilleuse applique Liane de Jean Royère (160 000-180 000 euros) si caractéristique de ses créations inspirées par la nature. Une intéressante sélection de mobilier scandinave est proposée entre 4 000 et 20 000 euros. On meurt d’envie de se vautrer sur le canapé gainé mouton d’Ejvind A Johansson (15 000 à 20 000 euros).

François Pompon (1855-1933), grue couronnée au repos, aigrette lisse, 1926-1927, bronze à patime ardoisée, estimation 150 000 à 200 000 euros; vente Sotheby’s 26 novembre 2013.


Une grande tapisserie de Jean Lurçat « l’hallali » (15 000 à 20 000 euros) mériterait de réchauffer les murs d’un intérieur moderne.
Une sélection de meubles d’Eugène Printz, aux formes intemporelles est également offerte à la convoitise des acheteurs, notamment une enfilade aux portes en laiton oxydé (60 000 à 80 000 euros.

Jean Lurçat (1892-1966) , L’hallali, tapisserie vers 1940, tissée aux ateliers Tabard à Aubusson, estimation 15 000 à 20 000 euros; vente Sotheby’s Paris 26 novembre 2013.


Quant aux sculptures animalières, le collectionneur passionné hésitera entre une jolie grue de François Pompon (150 000 à 250 000 euros) et une lionne de Nubie de Rembrandt Bugatti, au port altier et à la démarche royale (600 000 à 800 000 euros).

Rembrandt Bugatti (1884-1916), Lionne de Nubie vers 1909-1910, bronze à patine brun-noir, numéroté 5, estimation 600 000 à 800 000 euros; vente Sotheby’s 26 novembre 2013.


Vente Sotheby’s Paris, le 26 novembre 2013, exposition les 22,23 et 25 novembre de 10h à 18h.

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