Virez au rouge

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Gerhard Richter, « Wand (wall) », 1994. Estimation: plus de 15 millions de livres. Vente Sotheby’s Londres 12 février.

Le rouge est-il tendance ? Si l’on se contente de regarder les récents défilés de mode pas vraiment. Mais pour l’art, cette couleur riche et puissante a toujours eu les faveurs des artistes. Elle rehausse les portraits d’apparat des XVIIème et XVIIIème siècles, les modèles de haute lignée étant souvent entourés de riches tissus aux coloris flamboyants. Au XIXème siècle, les intérieurs aux couleurs d’un rouge sombre accentuent la pâleur des visages alors que les impressionnistes sèment leurs tableaux de coquelicots et de roses.
Quant à notre époque, les artistes ont poursuivi cette recherche du rouge, lui donnant une puissance, une présence jusqu’alors inconnue. La vente orchestrée le 12 février prochain par Sotheby’s Londres en apporte la rougissante démonstration.
En vedette, la maison de ventes présente une œuvre de Gerhard Richter. Le plus célèbre des peintres allemands contemporains est connu pour ses grandes toiles abstraites parsemées de couleurs vives où se mêlent le vert, le bleu, le rouge. Mais une toile presque monochrome est une rareté. « Wand », œuvre de 2,40m sur 2,40m est donc assez exceptionnelle. Restée dans la collection personnelle de l’artiste pendant plus de quinze ans, elle est estimée plus de 15 millions de livres (18 m€ environ). Le rouge y est omniprésent, dans tous ses aspects, dans ses dérives vers le violet ou le noir. La toile dégage une puissance fascinante, une force d’attraction à laquelle il est difficile de résister comme si l’on pénétrait l’astre solaire.

Andy Warhol, « Mao », 1973. Estimation: 5,5 à 7,5 millions de livres. Vente Sotheby’s Londres 12 février.


Tout autre est le portrait de Mao par Andy Warhol. Exécuté en 1973, peu de temps après la visite du Président Nixon en Chine, l’artiste phare de la société de consommation américaine fait du Grand Timonier un produit publicitaire, une image de marque de la fabrique Chine. Le visage est serein, esquissant un vague sourire, presque figé et officiel. La veste est rouge, d’un rouge de sang frais comme un rappel des dérives meurtrières de la révolution culturelle. Là encore, ce rouge attire l’œil sur cet homme symbole d’une Chine éternelle qui s’est toujours considérée comme l’Empire du Milieu, le centre de l’univers. Cette œuvre est estimée 5,5 à 7,5 millions de livres.

Alberto Burri, « Rosso Plastico », 1963. Estimation 2 à 3 millions de livres. Vente Sotheby’s, 12 février.


Enfin, « Rosso Plastica » d’Alberto Burri est typique du travail de l’artiste italien qui déforme la matière avec force. L’œuvre proposée par Sotheby’s illustre ses Combustioni de plastique brûlé. La matière est déformée, trouée par les flammes et la chaleur. On y ressent l’une des hantises de l’artiste dont la formation de médecin resurgit : la crainte de la blessure physique, la peur de la décomposition inexorable des êtres et des corps. D’un rouge vif, les trous noirs illustrent la marche vers le néant comme la représentation d’un sang impur menant à la mort. Cette œuvre dérangeante par son évocation est estimée 2 à 3 millions de livres.

Vente Sotheby’s Londres 12 février 2014

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