Les fastes de l’Empire: la collection du Maréchal Berthier

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Franz Xaver Winterhalter (1805-1875), portrait de Marie Anne Alexandrine Elisabeth Berthier (1811-1878) fille du maréchal Berthier; estimation 80 000 à 120 000 euros. Vente Sotheby’s paris 29 avril.


« Ah que j’aime les militaires » s’exclame la grande duchesse de Gérolstein, héroïne d’un célèbre opéra-bouffe d’Offenbach, à la vue de jeunes et fringants officiers sanglés dans leurs uniformes rutilants. La splendeur des épaulettes, les couleurs clinquantes des dolmans et des brandebourgs, les décorations dorées à l’or fin, les culottes moulantes, les casques emplumés, les épées d’apparat tout est fait pour la gloire de la guerre et la splendeur des forces armées. Cet esprit de parade a atteint son sommet sous le Premier Empire. Et la vente qui aura lieu le 29 avril prochain chez Sotheby’s en apporte la splendide démonstration. Il est vrai que l’ensemble présenté appartenait au Maréchal d’Empire Louis-Alexandre Berthier (1753-1815) prince de Wagram et à ses descendants. Chef d’état-major de Bonaparte, couvert d’honneurs et de titres, plusieurs objets exceptionnels lui appartenant seront mis en vente. C’est le cas de deux sabres de la Manufacture royale de Naples, au chiffre de Joachim Murat, roi de Naples, offerts par le beau-frère de Napoléon Ier au maréchal Berthier. Ils sont estimés 200 000 à 250 000 euros comme le sabre d’apparat du maréchal réalisé par Boutet. Les amateurs trouveront également des habits de cour, des plaques d’ordre de chevalerie dont un rare ordre de Saint André remis an maréchal par le tsar Alexandre Ier à Tilsit en 1807.

Louis-François Lejeune (1175-1848); « Le général Louis alexandre Berthier et ses frères les généraux César-Gabriel et Victor Léopold à une bataille de la campagne d’Italie »; estimation 100 000 à 150 000 euros. Vente Sotheby’s Paris, 29 avril.


Quand on connait la frénésie d’achats des riches collectionneurs de souvenirs napoléoniens, européens, russes ou américains, on peut s’attendre à une explosion des prix.
Mais ce ne sont pas ces témoignages directs de la prestigieuse carrière de Berthier qui me séduisent. Ce sont deux tableaux. Le premier représente le maréchal Berthier et ses deux frères à cheval durant la campagne d’Italie. Réalisé par Louis- François Lejeune et estimé 100 000 à 150 000 euros. Les uniformes sont flamboyants, les chevaux nerveux et magnifiques, la campagne verte et riante. Ah que la guerre est belle sous le pinceau du peintre ! On en oublierait presque les ravages causés par l’appétit insatiable de conquêtes de l’empereur.
Le deuxième tableau est un portrait de Franz-Xavier Winterhalter estimé 80 000 à 120 000 euros. Il symbolise tout ce que j’aime dans une certaine peinture officielle du XIXe siècle. Il représente la fille du maréchal Berthier, Marie Anne Wilhelmine Alexandrine Elisabeth (1811-1878), future duchesse de Plaisance par son mariage. On quitte ici le domaine militaire pour le portrait mondain dont Winterhalter était le maître incontesté. Il a peint toutes les familles régnantes et les grands noms du XIXe siècle dans un style inimitable, léché mais aussi vaporeux et capiteux dès qu’il s’agissait de représenter les élégantes de l’époque. Le tableau ovale présente une jeune femme au visage timide mais au décolleté triomphant. La robe aux dentelles noires et aux gros nœuds de satin rouge accentue la carnation éburnéenne du modèle et lui apporte une séduction de bon aloi. Même si le tableau a certainement été réalisé dans la jeunesse du modèle, donc plutôt sous le règne de Louis-Philippe, on se trouve par l’imagination transporté à Compiègne sous le Second Empire lors des très courues séries organisées par la famille impériale. Cette discrète jeune femme aurait pu figurer parmi les dames d’honneur entourant l’impératrice Eugénie dans le tableau le plus célèbre de l’artiste. Un moment de volupté au milieu des crinolines et des parfums de violette chers à l’impératrice !

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