Les dessins aux enchères

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Maurice Quentin de La Tour (1704-1788), « Portrait de la princesse de Rohan », pastel; estimation:100 000- 150 000 euros; Christie’s 26 mars.


Le salon du dessin, événement désormais incontournable du marché a des conséquences heureuses pour l’amateur. Paris devient la capitale mondiale de cette expression artistique. Les expositions se multiplient et parmi elles il ne faudra surtout pas manquer celle proposée par la fondation Custodia (j’y reviendrai dans une prochaine rubrique). Quant au collectionneur, entre le salon lui-même et les salles de ventes, il perdra vite la tête et aura le plus grand mal à choisir. C’est un feu d’artifice de belles feuilles qui lui est offert.

François Boucher (1703-1770), « Putti dans une forge: allégorie du feu », craie noire et blanche, estompe; estimation:35 000- 55 000 euros; Christie’s 26 mars.


Chez Artcurial, il pourra hésiter entre une étude de cavaliers d’Adam-François van der Meulen (12 000-15 000 euros) et une collection de dessins romantiques et du XIXème siècle très séduisante dans sa variété puisqu’on passe d’une scène galante Renaissance d’Achille Deveria (6 000- 8 000 euros) à l’adoration des mages de Bouguereau (8 000- 12 000 euros) ou à la vague (trois femmes hurlantes) de Carlos Schwabe (6 000 -8 000 euros).

Lucian Freud (1922-2011), « Autoportrait », 1954, pierre noire sur papier; estimation: 180 000- 250 000 euros. Christie’s 26 mars.


Chez Piasa, on craquerait facilement pour un nu de Renoir (20 000- 30 000 euros) ou une ravissante jeune femme en buste de François Boucher (15 000- 20 000 euros). Mais la palme de la plus belle sélection revient à mon sens à Christie’s. Le 26 mars en deux ventes, on peut parcourir plusieurs siècles de la Renaissance aux temps modernes. Franchement, il y a de quoi devenir fou et rendre votre banquier fébrile.

Edgar Degas (1843-1917), « Femme s’essuyant », exécuté vers 1895-1900, estimation:250 000- 350 000 euros; Christie’s 26 mars.


Une tête d’homme barbu (école vénitienne du XVIème siècle) au style nerveux et puissant est estimée 15 000 à 20 000 euros. Trois merveilleuses figures enlacées de François-Joseph Chavez sont attendues autour de 5 000 à 7 000 euros. Pour le XVIIIème siècle, le délicat « Saint Antoine et un abbé adorant la vierge et l’enfant » de Tiepolo devrait obtenir 75 000 à 100 000 euros. Quant aux « Putti dans une forge : allégorie du feu » de François Boucher, ils sont littéralement à croquer pour 35 000 à 55 000 euros.

Balthus (1908-2001), « Michelina endormie », graphite, 1975; estimation: 100 000- 150 000 euros; Christie’s 26 mars.


Mais la pièce la plus exceptionnelle de ce siècle des Lumières est certainement ce portrait de la princesse de Rohan de Maurice Quentin de La Tour. On y trouve tout ce qui fait le brio de ce merveilleux pastelliste : douceur des regards, teints de porcelaine, bleu velouté des costumes, ambiance feutrée, ouatée, paisible. Un moment de grâce et de bonheur ! Ce pastel digne d’un musée est estimé 100 000 à 150 000 euros.
Quant aux dessins modernes, on cligne des yeux devant tant d’œuvres de qualité. Pour faire court vous y contemplerez des Picasso, Hartung, Miro, Louise Bourgeois, Fernand Léger, Max Ernst, Dali, Magritte. De la folie !

Henri Matisse (1869-1954), « Femme étendue », fusain et estompe, 1941; estimation: 600 000- 800 000 euros; Christie’s 26 mars.


Comme il faut bien faire un choix, l’autoportrait de Lucian Freud alors âgé d’une trentaine d’années me séduit par son originalité, son caractère inhabituel dans l’œuvre de l’artiste. Selon le critique d’art Martin Gayford « Autoportrait est l’une des premières œuvres sur papier de Freud pouvant être considérée comme un véritable dessin de peintre ». Ce rare témoignage de la jeunesse d’un grand artiste du XXème siècle au regard interrogateur est estimé 180 000 à 250 000 euros. Plus classique et représentative de l’œuvre de Matisse ce fusain représentant une femme allongée est estimé 600 000 à 800 000 euros. Le portrait de « Michelina endormie » par Balthus est l’image même d’un sommeil apaisé, d’un doux songe non dénué d’une sensualité inexprimée. Pour ce rêve, il faut compter 100 000 à 150 000 euros.

Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), « Dans les coulisses: l’acrobate », peinture à l’essence et crayon gras, vers 1886-87; estimation: 300 000- 500 000 euros; Christie’s 26 mars.


Beaucoup plus réaliste, comme une plongée dans la réalité de la vie quotidienne, d’une modernité presque voyeuriste cette « Femme s’essuyant » de Degas est d’une vigueur, d’une énergie quasi masculine et pourrait atteindre 250 000 à 350 000 euros. Enfin, « dans les coulisses, l’acrobate de Toulouse-Lautrec » est une œuvre assez typique du peintre présentant des personnages solitaires, presque résignés, comme submergés par une tristesse indéfinissable alors qu’ils évoluent dans le milieu de la fête ou des plaisirs. Ce crayon gras sur carton est estimé 300 000 à 500 000 euros.
Pour plus d’informations : www.christies.com, www.piasa.fr, www.artcurial.com

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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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