Le salon du dessin: visite obligatoire!

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Balthus « jeune fille en buste, portrait de Setsuko Ideta », galerie LeClaire Kunst, prix: 120 000 euros. Salon du dessin


Mercredi, le Palais Brongniart, place de la Bourse à Paris bruissera des conversations feutrées des amateurs. La XXIIIème édition du salon du dessin ouvre ses portes pour six jours de bonheur. Au fil du temps, les organisateurs de ce salon ont su imposer cette manifestation dont le succès n’était pas garanti.

Jean-François Millet (1814-1875), « La récolte des pommes de terre », galerie de Bayser; prix: 70 000 euros. Salon du dessin


Le dessin était en effet considéré comme un secteur un peu poussiéreux du marché de l’art uniquement fréquenté par des érudits et des savants aux tempes blanchies par l’âge. Aujourd’hui encore, on y croise de sérieux messieurs et des femmes savantes dissertant sur les mérites croisés des différentes techniques d’expression artistique.

Johan Friedrich Overbeck (1789-1869), « La Vierge à l’Enfant dans un paysage italien », vers 1820; galerie Arnoldi-Livie; prix: 48 000 euros. Salan du dessin.


Cet aspect studieux est toujours entretenu grâce à des colloques et à des rencontres. Et c’est ce sérieux qui a assuré le succès du salon. L’an dernier il accueillait 13 000 personnes, un chiffre qui peut paraître modeste quand on le compare à ceux des expositions du Grand Palais. Mais c’est en fait beaucoup. Car les 39 exposants ont su capter une nouvelle clientèle, susciter l’intérêt de collectionneurs plus jeunes et créer un engouement tel que Paris se transforme désormais au mois de mars en capitale mondiale du dessin.

Andy Warhol (1928-1987), « Miguel Bose », 1983; galerie des Modernes, prix: 68 000 euros; Salon du dessin.


Ventes aux enchères, expositions d’exception poussent comme des champignons avec pour seul aiguillon le salon du dessin. Ce succès n’a pourtant pas emballé la machine. Si les prix évoluent à la hausse, on ne peut pas parler comme dans d’autres secteurs de spéculation frénétique. Les acquéreurs, anciens collectionneurs ou passionnés de fraîche date s’attachent avant tout au trait, à l’émotion, aux intentions de l’artiste. Ils n’y achètent pas un nom pour un nom. La preuve : les feuilles anonymes exceptionnelles font parfois des prix plus élevés que celles d’artistes connus mais de qualité secondaire.

Jean Dupas (1882-1964), « Etude pour la peinture murale du Char de Poséidon peint pour le paquebot Normandie », Galerie Stephen Ongpin; prix: 95 000 euros; Salon du dessin.


C’est pourquoi le salon est un événement incontournable. Cette année, la sélection reflète les tendances du marché. Les pièces anciennes (de la Renaissance au XVIIIème siècle) sont moins nombreuses. Cette tendance s’explique par la raréfaction des belles feuilles de ces époques lointaines souvent conservées par des collectionneurs n’ayant aucun désir de réaliser des plus-values. Elle tient également au fait que les acheteurs, plus jeunes, sont moins sensibles aux sujets bibliques ou mythologiques, plus touchés par les scènes de vie quotidienne, par la modernité et la création contemporaine.

Maurice Estève (1904-2001), « Dame noire au strelitzia », 1968; galerie Antoine Laurentin, Prix sur demande, Salon du dessin.


La sélection est impitoyable et tout est de grande qualité. On peut y trouver de beaux dessins de petits maîtres pour moins de 10 000 euros et bien entendu des feuilles de grands noms pour des prix autrement plus confortables. Et puis, c’est l’occasion de s’y faire l’œil car les galeries présentent une variété extraordinaire d’écoles, de styles, d’artistes parfois totalement inconnus… Un bonheur à ne surtout pas bouder car là encore les professionnels font partager leur passion et n’hésitent pas à vous renseigner, à vous initier aux subtilités des différentes techniques employées, à vous faire découvrir des artistes dont vous n’avez jamais entendu parler et qui, pourtant, sont merveilleux.

Josep Santilari (né en 1959), « Nature morte au gobelet », 2013; Galerie Berès; prix sur demande. Salon du dessin.


Si vous n’y connaissez rien, le salon est l’endroit idéal pour apprendre et si vous êtes tenté de commencer une collection, craquez ! Vous sortirez heureux du Palais Brongniart.

Gustave Miklos (1888-1967), « Le chien » vers 1925, galerie Mathieu Néouze, prix sur demande. Salon du dessin.

Salon du dessin, Palais Brongniart, Place de la Bourse, 75 002 Paris, du 26 au 31 mars.
Tous les jours de 12h à 20h30, le 27 jusqu’à 22h, le 31 mars jusqu’à 20h.
Prix d’entrée catalogue compris : 15 euros.

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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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  • Picasso primitif au musée du quai Branly, formidable exposition ! #parismuseum #parismusees #artinparis #quaibranlymuseum #museeduquaibranly #picasso #pablopicasso #museepicasso #picassomuseum #picassomuseumparis

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