Le PAD: Paris en mode design

marche-de-l-art, publié le

Eric Robin, table, galerie « En attendant les barbares ». PAD2014


Alors que la visite du nouvel « empereur de Chine » transforme le cœur de la capitale en bunker assailli d’automobilistes désorientés et adeptes forcenés du klaxon, il existe à Paris au jardin des Tuileries un havre de paix et d’harmonie : le PAD.

Arbre bleu, tapisserie de Jean Lurcat, 1950, galerie Boccara. PAD2014


Le Paris Art Design est un salon à part. Très mondain lors du vernissage voyant se croiser créatures diorisées et loups de la finance, son propos est sérieux. Il réunit les meilleures galeries d’Arts Décoratifs du XXe siècle et de notre début de siècle avec de merveilleuses incursions dans le XIXe siècle.

Carl Hörvik, cabinet dessiné pour le Pavillon suédois de l’exposition des Arts Décoratifs de Paris, 1925, Galerie Modernity. PAD2014


A chaque stand correspond une atmosphère, les galeries recréant des intérieurs confortables dans lesquels on s’installerait volontiers. Cette année la palme du plus beau stand revient à Jacques Lacoste qui présente une élégante sélection de mobilier de Royère.

Elisabeth Garouste, cabinet en fer battu et céramique, 8 exemplaires, galerie En attendant les barbares. PAD2014.


Autant le dire dès maintenant et me répéter comme l’an passé, on ne va pas au PAD pour les tableaux et les dessins. Cette année encore la sélection des galeries est décevante, ces dernières préférant garder leurs meilleures pièces pour la Fiac.
Les objets décoratifs ont en revanche de quoi séduire les plus exigeants par leur diversité. Quant au mobilier c’est la crème de la crème des créateurs.

Jacques Quinet, commode en acajou, 1964, galerie Dubois. PAD2014.


Cette année j’ai eu un véritable coup de cœur pour un créateur défendu par la galerie En attendant les Barbares. Il s’agit d’Eric Robin. Ne croyez pas que je le retiens parce que son nom est mon prénom. Pas du tout. Son mobilier est merveilleux. Il s’inspire des bois et des arbres, des branches et des troncs pour créer des tables, des consoles et des lampes. Le résultat est assez féérique. On croit à une réinterprétation « mobilière » des contes et légendes de la forêt de Brocéliande. L’ensemble est léger et puissant à la fois, remarquable de sobriété. C’est magnifique et encore accessible (entre 5 000 et 15 000 euros en moyenne).

Joaquim Tenreiro, chaise longue en jacaranda,1947, galerie James. PAD2014.


La Carpenters Worshop Gallery propose comme à son habitude une sélection de créateurs très différents les uns des autres mais dont les œuvres s’harmonisent parfaitement, la galerie n’hésitant pas à y ajouter une touche ancienne comme un bronze posé sur une table basse. Vous y verrez une curieuse horloge de parquet du hollandais Maarten Baas. On se croirait dans « Alice au pays des Merveilles ».
Sur certains stands comme celui de Modernity on découvre des raretés comme ce mobilier de Carl Hörvik dessiné pour le pavillon suédois de l’exposition des Arts Décoratifs de Paris en 1925. En chêne incrusté de palissandre et frêne de Hongrie, l’intérieur du cabinet est à la feuille d’or. Les deux fauteuils ont une forme de siége romain antique. Un ensemble qui mériterait de figurer dans un musée.

Stuart Haygarth, Optical chandelier clear, édition de 5 plus 1 épreuve d’auteur, Carpenters Worshop Gallery. PAD2014.


Remontons le temps pour la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle.
L’atelier Didier Luttenbacher, des environs d’Avignon, mérite qu’on s’y arrête. On y trouve un bel ensemble d’objets parmi lesquels des vases de Sèvres du début du XXème siècle d’une modernité étonnante aux couleurs pâles et délicates…
Il ne faut pas manquer non plus la galerie Franck Laigneau. Ce dernier est certainement le meilleur spécialiste du mobilier des écoles du Nord de la fin du XIXème et du début du XXème. Lors d’une biennale des antiquaires il présentait ainsi un grand banc d’un créateur scandinave qui se trouve désormais au musée d’Orsay. Cette année il expose un ensemble de meubles créés dans les années 20 pour une villa bretonne par une créatrice russe. Coloré, il rappelle les demeures des boyards du XVIème siècle.

Mattia Bonetti, canapé caillou, 2007, 8 exemplaires, galerie italienne. PAD2014.


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La galerie Mathivet, présente à la Biennale des Antiquaire, à la Brafa de Bruxelles et pour la première fois cette année à la Tefaf de Bruxelles, expose du beau mobilier aux bois clairs dont une élégante petite armoire d’Arbus.
Comme à son habitude la galerie Marcelpoil consacre son espace au créateur lyonnais Sornay. Son mobilier clouté en pin d’Oregon, aux formes angulaires et viriles, est d’une grande modernité.

Evidemment le choix de mobilier et d’objets années 50-70 ou contemporains est impressionnant. Vous devez impérativement voir les stands de Jacques Lacoste, de Dansk Mobelkunst, découvrir les créations de Joaquim Tenreiro (galerie James), fondateur du mouvement moderniste brésilien, craquer sur le mobilier de Mattia Bonetti, revoir les poissons en bronze du belge Pieter van den Daele (à partir de 3 000 euros), vous émerveiller sur les créations minimalistes du verrier tchèque Martin Hlubucek (entre 4 000 et 5 000 euros), revoir les tapisseries si modernes et colorées de Lurcat (galerie Boccara)…

Frank Tjepkema, Recession Chair en bronze poli, 10 exemplaires. Tools gallery. PAD2014.


Comme l’an dernier, je vous conseille en revanche d’éviter les sempiternels miroirs en talosel de Line Vautrin, spécialité de la galerie Bottela. Cette artiste, somme toute assez mineure et à l’œuvre répétitive et pléthorique, est devenue hors de prix car actuellement « so fashion ». Quant à savoir si elle le restera c’est une autre histoire !

« Le filet » ardoises gravées et peintes vers 1935, Villa Moor Braz, Loctudy, décorateurs: J et H Barroux. galerie Vincent Lécuyer. PAD2014.


PAD, Jardin des Tuileries, espace des feuillants, face au 234 rue de Rivoli, 75 001 Paris, du 27 mars au 30 mars 2014, de 11h à 20 h, le 27 jusqu’à 22 h, le 30 jusqu’à 18 h. Prix d’entrée : 20 euros.

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