Record mondial pour Gustave Doré: l’effet exposition?

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Gustave Doré (1832-1883), « Souvenir de Loch Carron, Ecosse », huile sur toile 130 x 195 cm, estimation: 40 000- 60 000 euros. Vente Christie’s, 1er avril, prix: 481 500 euros. Christie’s Images limited 2014.

Hier chez Christie’s Paris, un grand tableau de Gustave Doré « Souvenir de Loch Carron, Ecosse » raisonnablement estimé 40 à 60 000 euros atteignait la somme rondelette de 481 500 euros. Un record mondial pour cet artiste fécond longtemps tombé aux oubliettes. Il est vrai que l’œuvre proposée avait toutes les caractéristiques des œuvres majeures de l’artiste : amplitude de la composition, beauté rude et crépusculaire des paysages, ciel orageux traversé d’un arc-en-ciel, présence majestueuse d’un cerf et de ses biches… Ce tableau vous fait entrer dans l’Ecosse et ses légendes. Vous vous trouvez dans un roman néo-gothique, dans une aventure épique de Walter Scott. C’est tout ce qu’on aime dans l’œuvre foisonnante de cet artiste à qui Zola reprochait « le caractère irréel de sa vision de la nature ». Ce tableau presque fantastique a été acquis par un marchand européen. Si le prix s’explique par la qualité de l’œuvre, la réhabilitation de l’artiste, grâce à une grande rétrospective au Musée d’Orsay, y est certainement pour beaucoup. La tenue d’une grande exposition a toujours un impact non négligeable sur la cote d’un peintre. Si ce dernier a été injustement oublié, la hausse des prix se poursuit une fois l’exposition terminée. Sinon la sanction est implacable : le soufflet retombe. Pour Gustave Doré, on peut raisonnablement penser que, pour ses œuvres les plus représentatives, les plus fantasques, habitées par cet esprit gothique typique du XIXème siècle, les prix se maintiendront. Mais même des œuvres de qualité ne trouveront pas forcément preneur. Doré est surtout réputé comme graveur, illustrateur et peintre. Moins comme sculpteur même si le musée d’Orsay présente de belles pièces. Du coup les sculptures de Gustave Doré se vendent plus difficilement. La preuve : à la récente Tefaf de Maastricht un superbe plâtre représentant le fringuant D’artagnan, mousquetaire du roi n’était toujours pas vendu le dernier jour de la foire. Et pourtant, cette œuvre est splendide, une illustration en relief du roman d’Alexandre Dumas !

Gustave Doré (1832-1883), « D’Artagnan », plâtre patiné, Galerie Daniel Katz Ltd, Tefaf 2014.

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