Des dessins d’exception à la fondation Custodia

marche-de-l-art, publié le

Jheronimus Bosch, « Le nide de hiboux », vers 1505-15, plume et encre brune, Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam (collection Franz Koenigs)


L’Institut néerlandais a fermé ses portes il y a peu et l’on commençait déjà à regretter cet espace au charme tranquille qui proposait régulièrement des expositions de grande qualité. Heureusement, la fondation Custodia qui travaillait main dans la main avec l’Institut a repris ces espaces. A l’occasion du Salon du dessin, elle propose une double exposition qui se tient jusqu’au 22 juin. La première présente les dessins néerlandais dus XVe et XVIe siècles du Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam, la seconde invitant à un dialogue, à une confrontation entre les dessins du Museum et ceux de la Fondation Custodia.
Autant le dire sans se lancer dans des circonvolutions intellectuelles et cérébrales : c’est magnifique, époustouflant de qualité et de richesse.
Dans la première exposition, on découvre de pures merveilles. C’est le cas des dessins du primitif Rogier van der Weyden notamment d’une « Vierge à l’Enfant » sereine et tendre. De Jérôme Bosch, on retiendra le « nid du hibou ». On y contemple trois hiboux duveteux dans leur arbre aux formes tourmentées. Sur le côté des araignées tissent leur toile. Au lointain, on aperçoit le clocher d’une église. Dans la salle suivante, plusieurs Brueghel l’Ancien attirent l’œil notamment un paysage de montagne dense et fouillé dans lequel évolue une caravane de mules. On peut les comparer aux paysages d’Hans Bol dont la Fondation Custodia propose les « Douze mois de l’année ». Il s’agit de projets pour des estampes déroulant des scènes de la vie quotidienne : patinage près des remparts d’une ville fortifiée en février, promenade dans un jardin en avril, travail des champs en juillet et août, pressage des raisins en octobre. A chaque mois correspond un signe du zodiaque.

Abraham Bloemaert « Deux études de femme », vers 1595-1602; pierre noire, sanguine et craie blanche; Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam.


Dans la salle suivante, toute une section est consacrée à Hendrick Goltzius dont la diversité séduit : portraits froids de bourgeois, trognes extraordinaires comme cet homme au nez en patate, jeune femme pensive à la séduisante carnation rosée…
Et l’on pourrait ainsi continuer à évoquer tous les artistes présentés. Mentionnons seulement Abraham Bloemaert et sa virtuosité maniériste qui transparait aussi bien dans une étude de femme que dans une « Lamentation sur le Christ mort » de toute beauté.
Au sous-sol, on change d’ambiance. La Fondation propose des feuilles en duo. D’un côté dans un cadre sombre les dessins du Musée Boijmans, de l’autre ceux de la Fondation Custodia provenant de la collection Frits Lugt. Ces rapprochements, par artiste, sujets, techniques d’exécution sont toujours parfaitement cohérents mais surtout extrêmement séduisants.

Rembrandt van Rijn « Jacob, Benjamin et un de ses autres fils », vers 1645; plume et pinceau à l’encre brune; Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam.


On s’amuse à chercher les ressemblances, à trouver les différences, à pister les éventuelles invraisemblances. C’est presque jouissif et l’on ressort heureux de ce dialogue entre artistes. D’autant plus que se retrouvent ainsi comparés Le Guerchin et Rubens, Lorenzo di Credi et Fra Bartolomeo, Daumier et Harpignies ou parfois même deux œuvres d’un même artiste mais quel artiste, Rembrandt !

Rembrandt van Rijn, « Supplice d’une sainte (?) »; plume et encre brune, rehauts de blanc; Fondation Custodia Paris,collection Frits Lugt.


Fondation Custodia : 121 rue de Lille, 75 007 Paris, tous les jours sauf le lundi de 12h à 18h ; prix d’entrée :6 euros.

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