Rive Gauche: l’objet au Carré

marche-de-l-art, publié le

Maquette en argent massif du navire anglais HSM Victory mis en service en 1778, réalisé vers 1920 par la bijouterie Fasano (Galerie Pla).


Comme les fleurs au printemps, le Carré Rive Gauche renaît en mai ses galeries et antiquaires s’ouvrant au public pour quatre jours d’’exposition. Cette sympathique manifestation a maintenant plus de 30 ans et s’est longtemps nommée « Les quatre jours de l’objet extraordinaire ». Pour 2014, les organisateurs reviennent à ce thème et c’est tant mieux car c’est la découverte « d’un objet, d’une histoire » qui donne du piment au plaisir de la chine. Alors cette année n’hésitez pas. Munissez vous de chaussures confortables et arpentez les rues du Carré Rive Gauche l’œil aux aguets. Il y a de véritables pépites à découvrir, de tout style, de toute époque et à tous les prix.
Voici mes objets préférés au Carré.
Naviguer rue de Beaune est un vrai plaisir. Surtout lorsqu’on y découvre une splendide maquette en argent d’un navire anglais du XVIIIe siècle qui servit dans la guerre d’Indépendance Américaine. Animée de marins, elle illustre la bataille de Trafalgar, une cuisante défaite pour la France. Pardonnons aux Anglais, pour admirer cette pièce d’un poids de 40 kg créée en 1920 par la bijouterie italienne Falsano.

Bougeoir à ressort en bronze ciselé, patiné et doré d’époque Empire, exécuté par Claude Gallé (1759-1815). (Galerie Delesalle-Hourton).


Très surprenant et d’un grand équilibre dans les formes, un rare bougeoir d’époque Empire est proposé rue des Saints-Pères. Son originalité : c’est un bougeoir à ressort, une révolution technique à l’époque la chandelle entourée d’un tube de fer blanc brûlant sans répandre de suif et sans qu’on ait besoin de la moucher.

Cabinet de mariage d’époque Renaissance en noyer rouge au décor des quatre saisons. Toulouse vers 1580. (Galerie Gabrielle Laroche).


Revenons rue de Beaune pour admirer un riche cabinet de mariage d’époque Renaissance illustrant les quatre saisons. Peut être faut-il y voir une allégorie des quatre périodes de la vie de couple : le printemps et l’éveil de l’amour, l’été et sa plénitude, l’automne et la routine, l’hiver et la résignation.

Paire de sièges boudoir, 2014 création de Mark Brazier-Jones en bronze et améthyste. (galerie Michele Hayem Ivasilevitch).


Toujours dans la même rue et toujours dans la catégorie mobilier, les sièges boudoir de Mark Brazier-Jones ont un esprit kitch et baroque. On les imagine volontiers dans le cabinet capiteux et voluptueux d’une demi-mondaine recevant son riche protecteur.

Meuble à bijoux suspendu, création de Carlo Bugatti (1856-1940) et Eugénio Quarti (1867-1929), bois teinté noir et acajou. (Galerie Lafon-Vosseler).


Rue de Verneuil, un meuble à bijoux suspendu caractéristique des créations orientalistes de Carlo Bugatti qui séduira certainement toutes les élégantes. C’est l’écrin parfait pour ranger les créations fantasques de Victoire de Castellane.

Femme médecine, Chine XVIIIe siècle, ivoire à patine blonde. (Gérard Levy).

Une femme-médecine en ivoire, création chinoise du XVIIIe siècle intrigue. Cette statuette accompagnait tout médecin respectable. Au chevet d’une patiente, afin de préserver son honorabilité et sa pudeur, cette dernière y localisait son mal. Le médecin pouvait alors établir un diagnostic dont on se demande s’il pouvait être très fiable !

Portrait de Marie de Sombreuil (1768-1823) par Jean Jacques de Boissieur (1736-1810) vers 1790. (Galerie Vincent Lecuyer).


Rue de Lille on est ému par deux portraits. Réalisé par Jean Jacques de Boissieu vers 1790, ces dessins représentent le marquis de Sombreuil et sa fille. Le marquis était gouverneur général des Invalides. Condamné à l’échafaud sa fille implore sa grâce. Le tribunal révolutionnaire la lui accorde à une condition : boire la couple emplie du sang d’un condamné. Ce qu’elle fit sans hésitation. Ce double portrait est un témoignage d’une page d’histoire et d’amour filial.

Portrait du marquis de Sombreuil (1725-1794) par Jean Jacques de Boissieu (1736-1810), vers 1790. (Galerie Vincent Lecuyer).

Aurélie Mathigot « Tapi dans l’ombre d’un grand chçne, je prends le soleil », 2013-2014, Photo imprimée sur toile et broderies. (Galerie Chevalier).

Les oeuvres d’Aurélie Mathigot sont d’une grande orginalité. Elle réalise des photos brodées inspirées de tapisseries anciennes. La matière est belle, riche, terriblement séduisante.

Guéridon Polka, 2014, céramique et métal laqué, création d’Emmanuel Levet Stenne et d’Isabelle Sicart. (Galerie Carole Decombe).


Parmi les créations de mobilier contemporain, le guéridon en céramique et métal laqué d’Emmanuel Levet Stenne et d’Isabelle Sicart est d’une belle délicatesse, le mélange des matières créant un équilibre fragile donnant à ce petit meuble une apparence de champignon délicieux.

Banquette d’alcôve d’Emilio Terry, ancienne collection Charles de Beistegui (château de Groussay). (Galerie Atlante, Didier Jean Nenert).


Une banquette d’alcôve d’Emilio Terry ayant appartenu à Charles de Beistegui nous transporte dans les années 50 et le faste des réceptions de celui qui fut à l’origine du bal le plus somptueux du XXe siècle donné à Venise au Palais Labia.


Les bronzes animaliers de Georges-Lucien Guyot témoignent de l’affection et de la complicité du sculpteur pour ses modèles. Cette tendresse est patente dans cette lionne assise la tête tournée à gauche comme si elle regardait celui qui capte son image.

Sandro Kopp « Anton », 2013. (Galerie Antoine Laurentin).


Enfin, les portraits de Sandro Kopp, compagnon de l’actrice Tilda Swinton sont très modernes dans leur conception. L’artiste choisit ses modèles parmi ses proches lors de conversations sur Skype. On y ressent une certaine décontraction des modèles mais aussi une étrange distance, un éloignement caractéristique des relations sur le Net.
Carré Rive Gauche du 15 au 18 mai, Paris 6e et 7e arrondissements (quai Voltaire, rue des Saint-Pères, de l’Université, du Bac, de Beaune, de Verneuil, de Lille).
www.carrerivegauche.com

AILLEURS SUR LE WEB

Contenu proposé par Taboola

Commentez cet article

Votre commentaire sera publié directement et modéré a posteriori. En publiant vous acceptez la charte des commentaires

Aucun commentaire

A propos du blog

Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

Voir mon profil

Instagram
  • Oeuvre de Siméon Solomon #preraphaelites #preraphaelist #preraphaelism #preraphaelitebrotherhood #simeonsolomon #englishart #englishartist #englishartists #englishpainter

Follow Me!

Abonnez-vous à notre newsletter

Commentaires récents

S'abonner au flux de ce blog

[De quoi s'agit-il?]

Archives

Retour vers le haut de page