Une robe chinoise au prix impérial

marche-de-l-art, publié le

Robe impériale en Kesi à décor de neuf dragons à cinq griffes sur fond jaune, XVIIIe siècle. Vendue 56 340 euros chez Piasa, Hôtel Drouot, le 13 juin.


L’art chinois et ses prix astronomiques ce sont surtout les potiches et les cachets aux marques impériales, les bouddhas dorés ou encore les bronzes archaïques. Jusqu’à présent on n’évoquait guère les textiles. Pourtant les robes de mandarins, de hauts personnages de la cour ou des membres de la famille impériale sont souvent extraordinaires. Coloris vifs, fils d’or, motifs de dragons, de nuages, de perle sacrée, les tissus sont somptueux et attestent du rang de celui qui les porte. Pendant longtemps, les amateurs ne s’y intéressaient guère. C’est une antiquaire américaine, dont la galerie se trouve à Paris rue de Beaune, qui les mit au goût du jour et les fit découvrir au public parisien. Myrna Myers vous parlait avec passion des soieries japonaises, tibétaines ou chinoises ou des carrés de mandarins de la dynastie Qing attestant de leur position hiérarchique. Dans sa galerie, ce sont de vrais œuvres d’art présentées sur des suspensions en croix ou de véritables tableaux encadrés dans des structures aériennes suspendues aux murs. La pièce qui était présentée chez Piasa le 13 juin dernier pourrait figurer sur les murs de sa galerie. Il s’agit d’une robe impériale du XVIIIe siècle, peut-être portée par l’empereur Qianlong, en kesi (soie brodée et tissée) à décor de neuf dragons à cinq griffes sur fond jaune. Ils flottent parmi des nuages stylisés, des emblèmes impériaux (soleil, lune, étoile, algue…) et des symboles auspicieux. Le bas de la robe figure des vagues tourbillonnantes et des pics sacrés. Elle a été acquise pour un montant de 56 340 euros.

Robe impériale vue de dos (Piasa, vente du 13 juin).


Cette robe est un précieux témoignage des splendeurs très codifiées de la cour du Fils du Ciel. L’empereur Qianlong avait en effet défini trois types de costumes impériaux : le Lifu, costume des cérémonies importantes, le Jifu réservé aux cérémonies moins solennelles et enfin le Cangfu pour la vie quotidienne. Ces vêtements respectent toujours quatre couleurs : jaune brillant, bleu nuit, rouge et bleu clair. La robe vendue chez Piasa est un Jifu d’été qu’on surnomme « robes de dragons ». Le souverain la portait lors des mariages de princes ou princesses, de banquets de triomphes ou lors des fêtes de changement de saisons. En contemplant ce Jifu, on imagine aisément le faste des cérémonies de la Cité Interdite ou du Palais d’Eté !

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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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