Lucio Fontana, un artiste sidéral

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Lucio Fontana (1899-1968), Concetto Spaziale, 1964, huile et graffiti sur toile, Courtesy Tornabuoni Art.


Avant de prendre le chemin des vacances, ne quittez pas Paris sans visiter deux expositions consacrées à l’un des grands artistes italiens du XXe siècle : Lucio Fontana. L’une se tient jusqu’au 24 août au musée d’art moderne de la ville de Paris et présente 200 œuvres de l’artiste de ses débuts à ses dernières créations. L’autre devait fermer ses portes le 21 juin mais elle est heureusement prolongée jusqu’au 20 juillet. Elle est organisée par la galerie Tornabuoni qui expose céramiques et tableaux de Fontana. Elles sont complémentaires et l’une ne peut se voir sans l’autre. Cette cohérence et cet équilibre s’explique en grande partie par la politique de la galerie Tornabuoni qui défend avec ardeur et passion les artistes italiens et présente toujours des rétrospectives accompagnées d’ouvrages de référence d’une exceptionnelle qualité. Travaillant main dans la main avec le musée d’art moderne, Tornabuoni Art lui a ainsi prêté de nombreuses œuvres d’une grande beauté.

Lucio Fontana (1899-1968), Concetto Spaziale, 1957, technique mixte et paillettes sur toile, Courtesy Tornabuoni Art.


Sans entrer dans la genèse des créations de Fontana et de ses célèbres Concetto Spaziale, l’amateur est saisi par l’originalité profonde de ses céramiques et de ses tableaux. A ses débuts, ses œuvres font preuve d’un certain classicisme marqué par l’Italie des années 30. Puis très rapidement, il s’affranchit de ses racines latines pour créer un vocabulaire artistique unique. Ses céramiques sont vibrantes, colorées, baroques et folles alors que ses tableaux sont sobres, dépouillés à l’extrême d’une beauté portant à la méditation, à la béatitude ou à une sourde inquiétude.
Les fameux Buchi (trous), toiles trouées souvent monochromes donnent du relief au tableau, lui apportent un côté minéral, spatial. On y sent la fascination de Fontana pour la conquête des espaces et une angoisse latente face à l’évolution du monde.

Lucio Fontana (1899-1968), Concetto Spaziale, Attese, 1966, acrylique sur toile, Courtessy Tornabuoni Art.


Cette poésie mélancolique de la toile, on la ressent également devant ses toiles pailletées, parsemées de débris de verre de Murano rappelant Venise ou devant ses metalli (métaux), grandes plaques de laiton, cuivre ou aluminium lacérés illustrant l’univers minéral et vertical de New-York.

Lucio Fontana (1899-1968), Concette Spaziale, 1953, huile et verre sur toile, exposition Musée d’Art moderne de la ville de Paris (prêt Tornabuoni Art).


Il faut aussi évoquer ses « boules », planètes de terre cuite ou de bronze, trouées, lacérées, évoquant l’univers mais aussi les mystères de la féminité ou ses tagli (fentes), ses œuvres les plus connues, des toiles aux couleurs vives, primaires fendues au cutter. Epurées, elles apportent la sérénité. Certaines œuvres sont plus ludiques notamment celles conçues à la fin de sa vie dans les années 60. Les toiles toujours trouées sont retenues dans un cadre en bois sculpté aux formes pop.

Lucio Fontana (1899-1968), Concetto Spaziale, 1962, huile, trous et graffitis sur toile, exposition musée d’art moderne de la ville de Paris (prêt Tornabuoni Art).


L’artiste, un moment négligé, a retrouvé les faveurs des grands collectionneurs, prouvant ainsi que son message est universel. Ses toiles s’arrachent désormais à prix d’or dans les salles de vente à Paris, Londres ou New-York. Ainsi, le 12 novembre 2013 chez Christie’s New-York, alors que le triple portrait de Lucian Freud par Bacon atteignait 142,4 millions de dollars, un « Concetto spaziale, La Fine di Dio » de 1963 culminait à 20,8 millions de dollars, un record mondial pour Fontana.

Expositions Lucio Fontana
Galerie Tornabuoni, 16 avenue Matignon 75 008 Paris, jusqu’au 20 juillet.
Musée d’art moderne de la ville de Paris, 11 avenue du Président Wilson, 75 116 Paris, jusqu’au 24 août.

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