L’art est dans le sac

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Hermès sac Kelly, veau bleu jean et sérigraphie d’un portrait de Grace Kelly, dédicacé par la princesse Stéphanie de Monaco, pièce unique 2007 vendu 73 700 euros (vente Artcurial Monte-Carlo 24 juillet).

Monaco, sa famille princière, son bal de la Croix-Rouge, ses riches affichant de façon ostentatoire leur fortune, son palais sur un rocher posé comme une cerise sur un gâteau crémeux, Monte-Carlo, son casino, ses tours fort laides et leurs appartements aux prix stratosphériques, son bling bling et ses commerces de luxe… ce mélange unique attire chaque année touristes et milliardaires. C’est aussi la raison pour laquelle les maisons de ventes y multiplient les vacations. Cet été Artcurial proposait aux portefeuilles bien garnis de la Principauté une sélection de montres, bijoux et sacs. Mais attention pas n’importe quels sacs : uniquement des créations Hermès, un florilège de Kelly, de Birkin et de Constance (un modèle moins connu) aux peausseries rares et somptueuses. Si bien des lots ne trouvèrent pas preneur, d’autres s’envolèrent. C’était surtout le cas d’une pièce unique offerte à la princesse Stéphanie, le lot phare de la vente. Il s’agissait bien entendu d’un Kelly de 40 cm en veau bleu jean dont l’originalité vient d’une sérigraphie d’un portrait de l’actrice pas encore devenue princesse. Estimé la coquette somme de 40 000 à 60 000 euros il a été acheté 76 200 euros par un collectionneur français. Je ne parle pas ici d’une élégante souhaitant tenir au bras un modèle de sac devenu l’emblème des « rich and famous ». Non et j’insiste, il s’agit bien de collectionneurs. Cyril Pigot souligne que « de simple achat plaisir, les iconiques sacs Hermès sont devenus de véritables objets de collection, à la manière des œuvres d’art ».

Hermès Sac Birkin « Himalaya » en crocodile niloticus bicolore blanc et gris, 2011. Vendu 66 300 euros (Vente Artcurial Monte-Carlo, 24 juillet).


Le sac, surtout s’il a appartenu à une personnalité, est donc devenu art et avant de l’exposer dans un musée de la mode, les amateurs pourront mettre leur Hermès sous cloche et l’exposer chez eux comme on le fait déjà pour les porcelaines anciennes d’apparat qui appartenaient aux « people » de l’époque comme Marie-Antoinette, Jeanne Bécu comtesse du Barry ou encore Joséphine de Beauharnais. Je ne donne pas 20 ans pour qu’on propose un Kelly ou un Birkin rare à la Biennale des Antiquaires de Paris ou à la TEFAF de Maastricht.
On dit que l’économie française se porte au plus mal. Mais vous en connaissez beaucoup des entreprises qui produisent de futures pièces de musée que toute la planète s’arrache ? Eh bien oui et cette société familiale du Faubourg Saint-Honoré sur laquelle un grand groupe concupiscent souhaiterait mettre la main est française. Cocorico !

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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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  • Picasso primitif au musée du quai Branly, formidable exposition ! #parismuseum #parismusees #artinparis #quaibranlymuseum #museeduquaibranly #picasso #pablopicasso #museepicasso #picassomuseum #picassomuseumparis

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