FIAC 2014: l’art contemporain envahit Paris

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Jaume Plensa « Rui Rui in Shanghai » bronze 2014 (212cm), Galerie Lelong Paris, Fiac 2014


Si j’ai un conseil à vous donner : restez zen. Cette semaine s’annonce frénétique, étourdissante, enivrante, épuisante, éreintante. Malgré le foisonnement de cocktails, soirées, dîners, galas, vernissages… je conseille à toute élégante lectrice de mon blog de laisser au placard ses splendides stilettos Louboutin ou Manolo Blahnik. De toute façon, même en optant pour les ballerines, redevenues « tendance » donc portables, vous en sortirez à la limite du burn out, courbaturée et n’aspirant qu’à un repos bien mérité. Même remarque pour les messieurs : optez pour des souliers confortables et délaissez vos chaussures « poulaine » si élégantes mais fort douloureuses.

Paolo Scheggi « Intersuperficie curva del rosso(tondi per quadri) », 1967, Tornabuoni Arte, FIAC 2014.


Car, comme beaucoup d’amateurs d’art moderne et contemporain, vous aurez vécu la semaine de la FIAC. La foire internationale d’art contemporain va vous obliger à courir de droite à gauche dans tout Paris, de peur de louper une exposition, un artiste, un événement. Le programme est énorme, colossal. Car il y a non seulement la FIAC et son petit nouveau (OFF)ICIELLE mais de nombreux autres salons aux qualités inégales : Art Elysées plus classique mais de bonne tenue qui met en valeur cette année l’art cinétique et l’abstraction géométrique, Art Outside Fair, Yia Art Fair, Slick Attitude, Chambres à part de Laurence Dreyfus qui propose toujours une belle sélection dans un hôtel particulier du Trocadéro…Sans compter, toutes les galeries qui profitent de l’occasion pour exposer leurs artistes les plus connus ou les plus prometteurs.

Diego Perrone, « Senza titolo », 2013, galerie Massimo de Carlo, Fiac 2014


N’oublions pas également les maisons de ventes qui organisent des vacations pléthoriques ou originales (Artcurial par exemple avec Scène 21-2 le 27 octobre ou Christie’s les 23 et 24 octobre). Les plus anglo-saxonnes d’entre elles en profitent pour montrer des œuvres majeures qui seront vendues à New-York ou Londres dans les semaines à venir. Enfin, il faudra faire un tour dans les musées : réouverture du musée Picasso, ouverture de la fondation Louis Vuitton, exposition Niki de Saint Phalle au Grand Palais, Sonia Delaunay au Musée d’art moderne de la ville de Paris ou Duchamp au centre Pompidou…

Marianna Uutinen « tits », 2014, galerie Carlier-Gebauer, FIAC 2014


Un marathon infernal dont on ne se lasse pas ! Enfin, si vos rotules survivent au piétinement sur les stands, promenez vous dans les parcs et jardins de Paris, notamment aux Tuileries et au jardin des Plantes. Vous y ferez des découvertes entre les arbres et les fleurs.

Fudong Yang, « New Women 3″, 2013, galerie Marian Goodman, Fiac 2014


Paris redevient ainsi la capitale mondiale de l’art, concentrant tout ce que la planète compte de riches collectionneurs, grandes galeries, directeurs de musées, amateurs, mondains et snobinards de tous genres… Bref un concentré d’humanité que l’on retrouve le soir du vernissage de la FIAC parcourant les allées en épiant les autres, en comparant leurs tenues tout en tentant d’évaluer le potentiel pouvoir d’achat qu’il peut révéler.

Pierre et Gilles, « Le roi Salomon et la reine de Saba », 2014, galerie Daniel Templon, Fiac 2014


Tous les ans, le ballet est le même : créatures russes manucurées, maquillées, haut perchées en tenues griffées ; excentriques de tous poils aux looks se voulant œuvres d’art ; businessmen américains éternellement bronzés, sanglés dans leur costume sur mesure laissant deviner leur corps entretenu à l’aide d’un coach ; hipsters de tous pays abondamment barbus ; hommes et femmes venus d’ailleurs, d’un âge qu’on affiche plus, mais aux visages tendus à l’extrême…

Rebecca Horn « Blue Moon Conversation-Butterfly box », 2008, galerie Lelong Paris, FIAC 2014


Mais aussi et surtout on y croise beaucoup d’acheteurs, riches et puissants, jeunes et moins argentés mais ayant tous la volonté de trouver l’artiste qui les séduira.
Il faut dire que l’art moderne et contemporain ne s’est jamais aussi bien porté. Les statistiques d’Artprice le montrent. Les résultats des ventes aux enchères aussi. La FIAC est le reflet de cette santé florissante. Remise à flot par Jennifer Flay et Martin Béthenod, elle est certainement la deuxième meilleure foire au monde dans ce domaine après Art Basel.

Alighiero Boetti, « Aerei », 1984, Tornabuoni Arte, FIAC 2014


Son plus grand intérêt est d’avoir su sauvegarder un équilibre entre les différents courants artistiques présentés. On y trouve de grandes galeries présentant des artistes méga connus (Koons, Murakami, Basquiat, Warhol, Soulages, Richter, Lewitt, Baselitz…) aux prix conséquents, d’autres n’hésitant pas à défendre des peintres un peu délaissés (comme Georges Mathieu chez Applicat-Prazan) ou d’autres encore défendant avec ardeur et passion des artistes de leur pays.

Claudio Parmiggiani, « Senza Titolo », 2014, Simon Lee gallery, FIAC 2014


Du coup, en prenant le bateau pour vous rendre de la FIAC à (OFF)ICIELLE , vous trouverez des œuvres à vendre entre 1 500 euros et plusieurs millions d’euros ! L’éventail est large. Il est vrai que les oeuvres de 1 451 artistes seront exposées dans la nef du Grand Palais et aux docks de la Mode. Pourtant, on peut regretter le peu d’artistes chinois présents. Pas de Zhang Xiaogang ou de Chen Yifei, pourtant parmi les artistes contemporains les plus chers au monde. C’est étonnant car comme le souligne Artprice « la Chine, première nationalité d’artistes en produit des ventes d’art contemporain (40 %) comptera moins de 3 % des artistes exposés au Grand Palais. » C’est dommage.

Niki de Saint Phalle, « Fontaine aux Nanas », 1991, galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, FIAC 2014


Cette année, plutôt que de pérorer, je vous laisse contempler une sélection tout ce qu’il y a de plus subjective. Après tout, l’art c’est avant tout une question de coup de cœur. Alors, prenez votre courage à deux mains, n’oubliez pas l’aspirine et l’arnica et partez à la conquête de l’art contemporain. Vous y ferez de belles rencontres.

Andy Warhol, « Oxidation painting », dyptique, 1978, The Andy Warhol Foundation for the visual arts/ARS. New-York. Représenté par Skarstedt


Fiac 2014, Grand Palais du 23 au 26 octobre, (OFF)ICIELLE du 22 au 26 octobre, Docks Cité de la Mode et du Design.

Sheila Hicks « Baôli » vue d’une installation au Palais de Tokyo, galerie Frank Elbaz, FIAC 2014

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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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