Fotofever, le désir de collectionner

marche-de-l-art, publié le


Si l’on compare les salons à une fratrie, Fotofever c’est un peu le petit frère de Paris Photo. Plus petit, moins confirmé car on y trouve pas de grandes galeries internationales comme Gagosian, moins cher car les œuvres sont accessibles dès 400 euros, c’est le complément nécessaire de Paris Photo. Il a donc toute sa place dans cette semaine parisienne de la photo d’art. Les amateurs l’ont bien compris. Le vernissage se tenait hier soir dans une cohue indescriptible, les allées du salon ressemblant aux couloirs du métro aux heures de pointe un jour de grève. Il fallait du courage et de l’abnégation pour découvrir les œuvres d’artistes peu ou pas connus à Paris. Voilà trois de mes coups de cœur. Mais il pourrait y en avoir beaucoup d’autres !
L’an dernier, j’avais beaucoup apprécié le travail délicat, coloré et sensible de la coréenne Ahn Sun Mi. Cette année, elle présente des œuvres plus sombres toujours centrées sur l’autoportrait. On y découvre l’artiste le corps sanglé par des bras et des mains fines et caressantes. Elle présente également une photo de dimension humaine d’une beauté sépulcrale (voir ci-dessus). Plongée dans les abysses, le corps d’Ahn Sun Mi est cerné par des poissons rouges virevoltant dans l’eau. D’une beauté grave, cette œuvre est poétique et nostalgique. Elle peut être acquise pour 5 000 euros.

Marie-Cécile Thijs « Le paradis des lapins », galerie Espace Art 22, Fotofever 2014


Le travail de Marie Cécile Thijs est bien différent. Néerlandaise, elle puise son inspiration chez les peintres de l’Age d’Or hollandais. Ainsi, pour une jolie tête de chat à la fraise, elle s’est obstinée à retrouver la couleur d’un tableau vu au Rijksmuseum. Ses photographies sont des tableaux, le grain du papier ressemblant à s’y méprendre aux panneaux de bois utilisés par les artistes du XVIIe siècle hollandais.

Renato Pasmanik, « paysage du Jalapao », Galleria Jeff, Fotofever 2014.


Certaines de ses œuvres représentent des animaux de la ferme. Là encore l’influence des scènes de vie quotidienne peintes avec un esprit rabelaisien au XVIIe siècle est évidente. Ces scènes sont dans la continuité du passé artistique des Pays-Bas mais en même temps très contemporaines de conception et d’un humour communicatif. On craque pour ses poules et ses petits lapins coquins accessibles pour environ 2 300 euros à la galerie bruxelloise Espace Art 22.

Marie-Cécile Thijs « Poule et son oeuf », galerie Espace Art 22; Fotofever 2014


Mon dernier coup de cœur est brésilien. Renato Pasmanik, après s’être consacré aux portraits, s’est laissé envoûter par notre belle planète. Il photographie des paysages vides de toute trace humaine, dans leur beauté originelle. Région désertique du Lençois Maranheses au Brésil ou humide du Pantanal, ses photos calment l’esprit, poussent à la contemplation et apportent la sérénité. La Galleria Jef présente des photos du Jalapao. On respire en les regardant quittant Paris pour un ailleurs inconnu et pur. Les œuvres de cet artiste sont vendus entre 550 et 3 500 euros

Renato Pasmanik, « Paysage du Jalapao », Galleria Jeff, Fotofever 2014.


Fotofever, Carrousel du Louvre, 75 001 Paris, du 14 au 16 novembre de 10h à 20h, le 16 jusqu’à 19h

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