Leonor Fini, onirique et fascinante au Palais-Royal

marche-de-l-art, publié le


En 1986, Paris rendait hommage à Leonor Fini au musée du Luxembourg. Depuis plus rien ou si peu. Aujourd’hui, la galerie Minsky expose 70 de ses œuvres dans le lumineux espace de son confrère Patrick Fourtin. C’est la redécouverte d’une artiste rangée dans la catégorie des surréalistes en raison de ses liens d’amitié, notamment avec Max Ernst et Paul Eluard. Pourtant, à contempler les nombreux tableaux, dessins et gouaches présentés sur les cimaises au milieu du beau mobilier des années 20 à 60 de la galerie Fourtin, on découvre une femme inclassable. Son univers est multiforme. Ses tableaux sont oniriques, crépusculaires et suscitent une vague inquiétude qui, paradoxalement, calme l’esprit. Ils fascinent par leur beauté froide, ordonnée. Et l’on se met à rêver. Certains d’entre eux comme « Les jumeaux ingrats » (voir photo ci-dessus), peint en 1982, s’inspirent de la Renaissance ou du Maniérisme florentin. L’un des jumeaux, certainement des personnages de haute lignée aux pourpoints élégants, regarde son frère et marche sur la chevelure d’une jeune femme nue et pensive en contrebas du chemin. Les protagonistes sont indifférents au ciel gris et menaçant. Les jumeaux avancent, images d’un monde raffiné, privilégié, négligeant le monde qui les entoure.

Leonor Fini « Une grande curiosité », huile sur toile 1983.
Exposition Galeries Minsky et Patrick Fourtin.


« La Grande curiosité » présente un personnage qui, d’une pièce, regarde par un trou dans le mur une autre pièce vide meublée d’un seul fauteuil de style Art Nouveau. L’œuvre est quasi préraphaélite, comme la représentation d’un conte où le jeune homme serait perdu dans un immense palais, le passage d’une pièce à l’autre ne pouvant se faire qu’après avoir résolu un rébus. « Le carrefour d’Hécate », dans un dédale sombre illuminé d’une boule rouge, représente des femmes longues et fines, s’ignorant et comme en lévitation. Peut-être symbolisent-elles les différentes phases de la lune ? On pourrait ainsi laisser errer son imagination à la vue des œuvres, chacun pouvant les interpréter en fonction de son âme.
Ses portraits, notamment celui de Gogo Schiaparelli, sont délicats, presque tendres avec pourtant une certaine distanciation par rapport au modèle. Ses encres de chine aux sujets mythologiques et érotiques permettent d’apprécier la rapidité presque virtuose du trait, la finesse des silhouettes, leur nervosité. Ses gouaches, pour la plupart des projets de costumes de théâtre, de ballet ou d’opéras, sont spontanées, brillantes…

Leonor Fini « Le carrefour d’Hécate », huile sur toile 1978.
Exposition galeries Minsky et Patrick Fourtin.


Les prix, car il faut en parler, vont de 4 000 à 500 000 euros. L’exposition a ouvert ses portes le 20 novembre et déjà plusieurs œuvres sont vendues.
« Leonor Fini, œuvres majeures », Galerie Patrick Fourtin et galerie Minsky, jusqu’au 17 janvier, 9 rue des Bons Enfants, 75 001 Paris

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