Le mobilier ludique de Royère fait un carton aux enchères!

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Ah la nostalgie des années 50, la croissance exponentielle, la progression constante des revenus, la frénésie de consommation, les vacances sur la Côte d’Azur et la vie joyeuse dans des intérieurs conçus par des designers soucieux de lumière et de confort !
S’il est des meubles représentatifs de cette époque ce sont bien ceux de Jean Royère (1902-1981)(voir ci-dessus la paire de fauteuils Ours polaire tapissée de velours laineux gris d’origine vendue chez Sotheby’s Paris le 25 novembre dernier pour 361 500 euros). Il imagine des fauteuils, des canapés, des tables basses, des luminaires colorés, fantaisistes, amusants, douillets. Un « univers mobilier » plein d’humour et de joie de vivre qui plaisait à tous : Parisiens à la pointe des tendances, bourgeois de province mais aussi grands de ce monde comme le shah d’Iran et sa famille.

Jean Royère, table basse Flaque dite aussi Semelle, 1954, en marqueterie de paille. Prix: 157 500 euros.
Vente Sotheby’s Paris, 25 novembre. Art digital studio.


Le nom des meubles est en lui-même tout un programme plein de poésie et d’imagination: canapé Ours Polaire, fauteuil Eléphanteau ou Oeuf, luminaire Diabolo, lustre Ondulation, appliques Hirondelle, tables basses Flaque, Goutte d’eau ou Semelle…
Depuis une bonne dizaine d’années maintenant, ce mobilier est redevenu tendance. Les prix des pièces de Royère s’envolent aux enchères et on les trouve dans les galeries pour des montants stratosphériques (par exemple pas loin d’un million d’euros pour un canapé et deux fauteuils Ours Polaire retapissés d’un tissu peluche jaune moutarde vendus par une galerie du Carré Rive Gauche).
On trouve régulièrement des éléments de mobilier disparates en salle de vente mais plus rarement un ensemble commandé par un particulier pour sa résidence. C’était pourtant le cas chez Sotheby’s le 25 novembre dernier. La maison de ventes présentait plus d’une vingtaine de pièces provenant d’une habitation située à quelques kilomètres de Charleville-Mézières. Le commanditaire, un couple de la région, qui y avait fait construire sa maison, avait été séduit par la fantaisie et la qualité des créations de Royère. Des photographies d’époque (1954) laissent penser que tout le décor avait été réalisé par Royère, mettant ainsi en scène ses créations.

Jean Royère, paire de fauteuils Oeuf, 1954. Prix: 115 500 euros.
Vente Sotheby’s Paris, 25 novembre. Art digital studio.


C’est cet ensemble qui était vendu. Et il s’est fort bien vendu.
Bien évidemment ses meubles iconiques ont pulvérisé les évaluations. C’était le cas d’une paire de fauteuils Ours Polaire tapissée de velours laineux gris d’origine. Estimée 100 000 à 150 000 euros, elle a atteint 361 500 euros. Le canapé qui accompagnait ces deux fauteuils, dans le même velours, a réalisé 397 500 euros pour une estimation comprise entre 180 000 et 220 000 euros. C’est moins cher que dans la galerie puisqu’on atteint 759 000 euros pour l’ensemble mais ce n’est pas donné. A ce prix, on hésitera à se vautrer sur le canapé et c’est bien dommage car quand on s’y assoit on éprouve une impression de volupté douillette.
La table basse Flaque, également représentative de la créativité de Royère a fait 157 500 euros pour une estimation de 30 000 à 60 000 euros.

Jean Royère, lustre Ondulation, fer patiné noir, 1954. Prix 111 900 euros.
Vente Sotheby’s Paris, 25 novembre. Art digital studio.


Deux fauteuils Œuf, qu’on pourrait rebaptiser « œufs sur le plat », ont obtenu un prix presque « modeste » réalisant 115 500 euros pour une estimation de 40 000 à 60 000 euros.
Et si vous vouliez vous éclairer avec des luminaires Royère, il fallait également y mettre le prix. Un superbe lustre Ondulation en fer patiné noir s’est vendu 111 900 euros pour une estimation basse de 20 000 euros alors qu’une paire d’appliques Hirondelle a atteint 61 500 euros alors que Sotheby’s en attendait 15 000 à 20 000 euros.

Jean Royère, canapé Ours polaire, 1954, tapissé de velours laineux gris d’origine. Prix: 397 500 euros.
Vente Sotheby’s Paris, 25 novembre, Art digital studio.


Ces résultats me désolent. N’étant pas riche à millions, je ne pourrai jamais siroter mon café ou lire un bon bouquin, au coin du feu, lové dans un canapé Ours polaire. Mais reconnaissons-le, le mobilier de ce créateur, original et ludique, ne peut que susciter le désir et donc des enchères élevées. Ses formes rondes et accueillantes sont si charnelles !

Jean Royère, paire d’appliques Hirondelle, 1954, métal peint à cinq bras de lumière verticaux. Prix: 61 500 euros.
Vente Sotheby’s Paris, 25 novembre. Art digital studio.

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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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