175 ans de photographie en vente à Drouot

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Parlons chiffres. Le 19 mars prochain la maison Pierre Bergé dispersera à Drouot 341 épreuves réalisées par 138 photographes représentatifs de 175 ans d’histoire du VIIIe art. Il s’agit de la collection d’un couple de passionnés qui considére les photographes comme des auteurs et les photographies non comme des documents mais comme des œuvres d’art à part entière. A ce titre, l’ensemble est unique car toutes les œuvres témoignent de la naissance d’un art neuf en rupture avec les méthodes de représentation traditionnelles comme le dessin ou la peinture.
L’amateur y trouvera tous les grands noms du XIXe siècle comme Charles Nègre, Gustave le Gray ou Edouard Baldus. La pièce la plus rare est un daguerréotype. Réalisé par Daguerre en 1837, deux ans avant la révélation de son procédé à la chambre des députés, c’est le premier portrait photographique au monde. Il représente M Huet. Cette pièce, estimée 600 000 à 800 000 euros, mériterait de rejoindre un musée. On trouve heureusement dans cette vente nombre de portraits plus accessibles : un Victor Hugo soucieux posant à Jersey en 1853 devant l’objectif d’Auguste Vacquerie (15 000 à 20 000 euros), un autoportrait d’Edouard Baldus à la barbe avantageuse (2 000 à 3 000 euros), l’auteur dramatique Edmond Cottinet, pensif par Gustave le Gray (5 000 à 6 000 euros) ou encore un Gustave Courbet de 34 ans au sourire ironique par Victor Laisne (10 000 à 15 000 euros).

Constant Famin (1827-1888), "Deux lapins", vers 1870. Estimation: 1 000- 1 500 euros. Vente Bergé 19 mars.

Constant Famin (1827-1888), « Deux lapins », vers 1870. Estimation: 1 000- 1 500 euros. Vente Bergé 19 mars.


Pourtant l’un des plus beaux portraits, qui fait la couverture du volumineux catalogue, est celui d’un anonyme. Attribué à Gustave de Beaucorps, il représente un jeune noir de Tanger qui vous regarde fixement avec une certaine inquiétude (voir visuel d’ouverture). Réalisée vers 1859, cette épreuve est estimée 10 000 à 12 000 euros.
De nombreuses vues de villes, de paysages, de monuments, de scènes de la vie quotidienne sont également mises aux enchères. L’une des plus belles épreuves est certainement ce portail de l’église romane Saint-Ours à Loches de Gustave Le Gray et Auguste Mestral estimée 50 000 à 60 000 euros. Heureusement pour les bourses moins garnies, on peut aussi craquer sur des représentations plus bucoliques comme ces deux lapins de Constant Famin (1 000 à 1 500 euros) immortalisés par l’artiste vers 1870.

Jacques-Louis-Mandé Daguerre (1787-1851), "M Huet", daguerréotype, 1837. Estimation: 600 000- 700 000 euros. Vente Bergé 19 mars.

Jacques-Louis-Mandé Daguerre (1787-1851), « M Huet », daguerréotype, 1837. Estimation: 600 000- 700 000 euros. Vente Bergé 19 mars.


Dans cette collection fabuleuse, on passe d’un univers à l’autre, d’un ensemble de 104 photographies de la Perse de la fin du XIXe siècle d’Antoine Sevrugin (25 000 à 30 000 euros) à la représentation par Ivan Raoult de paysans russes du règne d’Alexandre II (4 000 à 6 000 euros) ou aux images imprégnées de désirs inavoués de jeunes adolescents siciliens par Wilhelm Von Gloeden (15 000 à 20 000 euros).

Sherill Schell (1877-1964), "Construction work on 5th Avenue", New-York vers 1930; estimation: 10 000- 12 000 euros. Vente Bergé 19 mars.

Sherill Schell (1877-1964), « Construction work on 5th Avenue », New-York vers 1930; estimation: 10 000- 12 000 euros. Vente Bergé 19 mars.


Les photographies du XXe siècle sont moins nombreuses mais superbes. Les vues du New-York des années 30 par Sherill Schell estimées entre 6 000 et 12 000 euros sont d’un modernisme étonnant. De la même époque, les nus de Sasha Stone (4 000 à 6 000 euros) dégagent une délicieuse sensualité. Un autoportrait de Brancusi dans son atelier avec sa chienne Polaire nous fait pénétrer au cœur de son activité créatrice (10 000-12 000 euros).

Auguste Vacquerie (1819-1895), "Victor Hugo à Jersey", vers 1853. Estimation:15 000 à 20 000 euros. Vente Bergé, 19 mars.

Auguste Vacquerie (1819-1895), « Victor Hugo à Jersey », vers 1853. Estimation:15 000 à 20 000 euros. Vente Bergé, 19 mars.


Un seul conseil : même si vous n’avez pas l’intention d’acheter, précipitez-vous à l’exposition. Vous y contemplerez des merveilles.
Vente Pierre Bergé, Hôtel Drouot, 19 mars 2015, salles 5 et 6, exposition les 17 et 18 de 11h à 18h.

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1 commentaire

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je mettrai bien une option sur la photo de daguerre


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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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