Vente Dillée: le XVIIIe siècle, une valeur en bronze!

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Les 18 et 19 mars, Sotheby’s propose aux amateurs une vacation qui devrait contribuer à conforter sa place de leader des maisons de ventes françaises. Il s’agit de soumettre au feu des enchères la collection de la famille Dillée, une dynastie d’experts bien connue des promeneurs de l’Hôtel Drouot. Bernard, Jean-Pierre et Guillaume Dillée expertisaient pour les commissaires-priseurs les objets d’art des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Guillaume, le dernier représentant de celle lignée d’experts, a décidé de quitter la France, non pour des raisons fiscales, mais pour développer en Australie, non sans un certain esprit d’aventurier, une activité de conseiller auprès d’institutions et de collectionneurs privés. Partant aux Antipodes, il a estimé qu’il était temps de se séparer de la collection familiale.
Et quelle collection ! Le catalogue propose 485 lots : des tableaux, des dessins, des pièces de mobilier, des sculptures, des jeux anciens, des objets scientifiques dont un impressionnant microscope du milieu du XVIIIe siècle… Mais à feuilleter ce magnifique catalogue, on reste admiratif devant les « objets de décoration » en bronze. Pendules, flambeaux, porcelaines montées, appliques, chenets, lustres sont les témoins de l’inventivité et de la virtuosité des « designers » des temps anciens et de cette recherche de raffinement et de confort propre au siècle des Lumières.
Comme nous parlons de « Lumières », examinons de plus près une paire d’appliques au canon et aux armes de France d’époque Louis XVI. Le fût en forme de couleuvrine est entouré de branches de chêne. On y trouve la devise de l’artillerie royale « Ultima ratioregum » (le dernier argument du roi). Cette paire, à la composition martiale et élégante, est à rapprocher du décor de la chambre du comte d’Artois à Bagatelle. Elle est estimée 200 000 à 400 000 euros (voir illustration d’ouverture).

Paire de candélabres aux enfants chasseurs en bronze doré et marbre blanc, époque Louis XVI. Estimation:30 000- 50 000 euros. Vente Sotheby's Paris,  18 mars.

Paire de candélabres aux enfants chasseurs en bronze doré et marbre blanc, époque Louis XVI. Estimation:30 000- 50 000 euros.Vente Sotheby’s Paris, 18 mars.

Ode à la chasse, une paire de grands candélabres présente deux anges appuyés sur une tête de cerf et soutenant de leurs petits bras grassouillets des cors. D’époque Louis XVI, il pourrait s’agir d’une commande du tsar Paul Ier. On trouve en effet une paire similaire au palais de Pavlovsk où ils ornent le salon de la paix. La paire de la collection Dillée faisait probablement partie d’une suite de quatre. Deux des candélabres ont peut-être quitté le palais lors des ventes organisées par les Soviets après la Révolution de 1917. Cette paire est estimée 30 000 à 50 000 euros.

Paire d'aiguières en porcelaine de Chine céladon d'épque Kangxi à monture de bronze doré d'époque Régence, vers 1730-1740. Estimation: 400 000 à 600 000 euros. Vente Sotheby's Paris, 18 mars.

Paire d’aiguières en porcelaine de Chine céladon d’époque Kangxi à monture de bronze doré d’époque Régence, vers 1730-1740. Estimation: 400 000 à 600 000 euros. Vente Sotheby’s Paris, 18 mars.

Une paire de flambeaux attribuée à Etienne Martincourt se signale par sa finesse de réalisation. Le fût n’est plus une couleuvrine ou un canon mais un carquois ceint d’une guirlande de feuillages, le piétement étant orné de roses et de fleurs de tournesol. On trouve des modèles similaires dans la collection Gulbenkian ou Wallace. Elle est estimée 50 000 à 80 000 euros.
Bien entendu, la vente Dillée propose de nombreuses pendules et cartels. L’imagination rococo y atteint des sommets. C’est superbe à force d’être chargé. C’est le cas d’une pendule à musique avec jeux de carillons en bronze doré d’époque Louis XV, signée ST GERMAIN. Dans une débauche d’enroulements feuillagés, on y voit au sommet un putto symbolisant l’astronomie et sur les côtés deux putti figurant la poésie et la musique. Le socle à volutes feuillagées renferme un mécanisme à musique permettant de jouer plusieurs airs. Cette belle pendule est estimée 40 000 à 60 000 euros.

Paire de flambeaux au carquois en bronze doré d'époque Luis XVI, attribuée au bronzier Etienne Martincourt. Estimation: 50 000- 80 000 euros. Vente Sotheby's Paris, 18 mars.

Paire de flambeaux au carquois en bronze doré d’époque Louis XVI, attribuée au bronzier Etienne Martincourt. Estimation: 50 000- 80 000 euros. Vente Sotheby’s Paris, 18 mars.

Enfin, l’art du bronze au XVIIIe siècle consiste également à orner des porcelaines. On parle de porcelaines montées. La plus belle de la vente est sans contestation possible une paire d’aiguières en porcelaine de chine céladon craquelé gris et brun d’époque Kangxi. La monture d’époque Régence mêle avec brio coquillages, conques et coraux, l’anse prenant la forme de feuillages autour desquels s’enroule un dragon. On trouve un modèle de même nature au Louvre. Pour cette paire d’exception, il faut compter 400 000 à 600 000 euros.

Pendule à musique, à jeux de carillons, en bronze doré et patiné d'époque Louis XV, signée St Germain, le cadran et le mouvement signés Stollewerck/A Paris. Estimation: 40 000- 60 000 euros. Vente Sotheby's Paris, 18 mars.

Pendule à musique, à jeux de carillons, en bronze doré et patiné d’époque Louis XV, signée St Germain, le cadran et le mouvement signés Stollewerck/A Paris. Estimation: 40 000- 60 000 euros. Vente Sotheby’s Paris, 18 mars.


Heureusement pour les collectionneurs moins argentés, la collection Dillée comprend nombre d’objets en bronze plus accessibles notamment une série de paires de flambeaux entre 1 000 et 3 000 euros.
Alors, même s’il n’y a jamais eu de ruée sur le bronze, n’hésitez-pas à acheter. Surtout s’il s’agit de bronzes du XVIIIe siècle.
Collection Dillée, ventes Sotheby’s Paris , 18 et 19 mars , exposition du 12 au 17 mars (sauf dimanche 15) de 10h à 18H.
Crédit Photos: Sotheby’s/ Art digital studio.

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