Salon du dessin: un grand classique incontournable et indispensable

marche-de-l-art, publié le , mis à jour à


Une fois la Tefaf de Maastricht achevée, collectionneurs et amateurs sont un peu désemparés comme en manque d’œuvres d’art, ces dernières agissant sur eux comme une drogue douce dont on peut difficilement se passer. Heureusement pour eux, le Salon du dessin ouvre ses portes le 25 mars soit moins de trois jours après la fermeture de la Tefaf. Il leur suffit donc de prendre le Thalys pour rejoindre Paris et replonger avec délectation dans leur addiction. Ils y découvriront des merveilles comme ce portrait de sa fille par Hyacinthe Aubry-Lecomte (1787-1858) présenté par Talabordon et Gautier (voir visuel ci-desssu).

Lazzaro Tavarone (1556-1641), "Eutde de femme de dos et de jeune garçon". Prix demandé:45 000 euros.  Galerie de Bayser.

Lazzaro Tavarone (1556-1641), « Eutde de femme de dos et de jeune garçon ». Prix demandé:45 000 euros.
Galerie de Bayser.


Car le Salon du Dessin, c’est une addiction merveilleuse que pourrait chaudement recommander la faculté de médecine afin de guérir la tendance à la mélancolie. Créé en 1991 à l’initiative de quelques marchands, certains de ses premiers visiteurs ne donnaient pas cher de sa peau : trop élitiste, trop confidentiel pour un secteur n’intéressant que des spécialistes, pas assez diversifié… Il est vrai qu’à l’époque le dessin était considéré comme le domaine réservé de conservateurs chenus et savants ou de collectionneurs excentriques.

Serge Poliakoff (1900-1969), "Composition", 1958. Prix sur demande. Galerie Applicat-Prazan.

Serge Poliakoff (1900-1969), « Composition », 1958. Prix sur demande.
Galerie Applicat-Prazan.


Aujourd’hui encore, on y croise de sérieux messieurs et des femmes savantes perdus dans la contemplation de feuilles anciennes et dissertant sur leur origine. Mais le public a rajeuni, le salon s’est ouvert progressivement à l’art moderne et contemporain tout en gardant sa volonté savante puisqu’il propose colloques et discussions sur des thèmes variés.

Germaine Richier (1902-1959), "Don quichotte et le Guerrier", 1952. Prix sur demande. Ditesheim and Maffei Fine Art.

Germaine Richier (1902-1959), « Don quichotte et le Guerrier », 1952.
Prix sur demande.
Ditesheim and Maffei Fine Art.


L’an dernier, 13 000 personnes se pressaient sous les ors du Palais Brongniart. Evidemment ce chiffre n’a rien à voir avec la fréquentation de l’inoxydable Salon de l’Agriculture (691 000 visiteurs cette année). Il est pourtant important et montre à quel point « la passion pour le trait », pour reprendre une expression des organisateurs, se démocratise. Car les 39 galeries exposantes (19 françaises et 20 étrangères) ont capté une nouvelle clientèle, suscitant l’intérêt de collectionneurs plus jeunes et créant un engouement tel que Paris se transforme désormais au mois de mars en capitale mondiale du dessin. Ventes aux enchères incroyables (chez Christie’s), expositions d’exception (notamment à la fondation Custodia), se multiplient comme des petits pains avec pour seul aiguillon le salon du dessin.

Alfred Sisley (1839-1899), "Les falaises de Langland Bay, Pays de Galles", 1897. Prix: 415 000 €. Stephen Ongpin Fine Art.

Alfred Sisley (1839-1899), « Les falaises de Langland Bay, Pays de Galles », 1897. Prix: 415 000 euros.
Stephen Ongpin Fine Art.


Cette année comme l’an dernier, les dessins anciens (de la Renaissance au XVIIIe siècle) sont moins présents. Comme je l’ai déjà dit cette tendance s’explique par la raréfaction des belles feuilles souvent conservées par des collectionneurs n’ayant aucun désir de réaliser des plus-values. Elle tient également au fait que les acheteurs, plus jeunes, sont moins sensibles aux sujets bibliques ou mythologiques, plus touchés par les scènes de vie quotidienne, par la modernité et la création contemporaine.

Vincent Van Gogh (1853-1890), "Arrière-cour avec deux personnages", 1882. Prix: autour d'1 million d'euros. Arturo Cuellar.

Vincent Van Gogh (1853-1890), « Arrière-cour avec deux personnages », 1882. Prix: autour d’1 million d’euros.
Arturo Cuellar.


C’est pourquoi, vous trouverez à foison les artistes des XIXe et XXe siècles. Impressionnistes, symbolistes, cubistes, pompiers, expressionnistes, abstraits…tous les mouvements et toutes les écoles sont représentés. Sans compter de nombreux artistes contemporains. On peut y perdre la tête et ne savoir que choisir. Mais en réalité, avoir les sens et les nerfs en capilotade pour un ou plusieurs dessins, c’est un plaisir indicible, une angoisse voluptueuse dont je vous laisse deviner les effets.

Fernand Léger (1881-1950), "Les constructeurs", 1950. Prix sur demande. David Tunick, INC.

Fernand Léger (1881-1950), « Les constructeurs », 1950.
Prix sur demande.
David Tunick, INC.


Outre le bonheur que vous éprouverez à contempler ces merveilles, le dessin reste un secteur du marché de l’art sage, à des années lumières de la spéculation effrénée de la peinture contemporaine. Les prix montent, on ne peut le contester, mais sans surchauffe ni folie. Les acquéreurs, anciens ou récemment convertis, s’attachent avant tout au trait, au mouvement, à l’œil de l’artiste. Le nom n’est pas tout et un mauvais crayon d’un grand artiste ne vaudra pas tripette face à un dessin éblouissant d’un peintre de second rang.

Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), "Etude d'un jeune enfant se penchant sur un tabouret". Prix sur demande. Jean-Luc Baroni LTD.

Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), « Etude d’un jeune enfant se penchant sur un tabouret ». Prix sur demande.
Jean-Luc Baroni LTD.


Pour ceux qui envisagent un premier achat, il est possible de trouver sur le salon de fort belles pièces de petits maîtres à moins de 5 000 euros. Il y a même une section dédiée aux dessins anonymes dont les prix oscillent entre 1 000 et 8 000 euros. Profitez du salon et n’hésitez pas à vous renseigner sur les techniques, les artistes, la conservation. Les galeristes sont à votre écoute.

Franz Marc (1880-1916), "Petit cheval", vers 1912. Prix:340 000 euros. Martin Moeller and cie.

Franz Marc (1880-1916), « Petit cheval », vers 1912.
Prix:340 000 euros.
Martin Moeller and cie.


Pour vous encourager à vous rendre sur place je vais radoter en répétant mot pour mot ce que je vous disais l’an dernier : « Si vous n’y connaissez rien, le salon est l’endroit idéal pour apprendre et si vous êtes tenté de commencer une collection, craquez ! Vous sortirez heureux du Palais Brongniart ». En fait, la visite devrait être obligatoire.

Egon Schiele (1890-1918), "Couple dormant", 1909. Prix: 160 000 euros. Le Claire Kunst.

Egon Schiele (1890-1918), « Couple dormant », 1909.
Prix: 160 000 euros.
Le Claire Kunst.


Salon du dessin, Palais Brongniart, Place de la Bourse, 75 002 Paris, du 25 au 30 mars.
Tous les jours de 12h à 20h, le 26 jusqu’à 22h.
Prix d’entrée catalogue compris : 15 euros.

AILLEURS SUR LE WEB

Contenu proposé par Taboola

Commentez cet article

Votre commentaire sera publié directement et modéré a posteriori. En publiant vous acceptez la charte des commentaires

1 commentaire

Avatar de mister k

mister k

Incontournable salon du dessin. Comme vous avez raison


Répondre

A propos du blog

Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

Voir mon profil

Instagram
  • Oeuvre de Siméon Solomon #preraphaelites #preraphaelist #preraphaelism #preraphaelitebrotherhood #simeonsolomon #englishart #englishartist #englishartists #englishpainter

Follow Me!

Abonnez-vous à notre newsletter

Commentaires récents

S'abonner au flux de ce blog

[De quoi s'agit-il?]

Archives

Retour vers le haut de page