Paris Beaux-Arts: un petit nouveau plein de promesses

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Bon, comme beaucoup d’amateurs, je me suis dit : encore un salon dans ce programme déjà chargé du mois de mars qui commence en fanfare avec la somptueuse TEFAF pour s’achever en « hystérie salonarde » avec le merveilleux salon du dessin et ses avatars, le stimulant PAD et l’intéressant Art Paris Art Fair. Quelle idée avait donc le syndicat national des antiquaires en proposant en ce début avril, en plein week-end de Pâques, un nouveau salon baptisé Paris Beaux-Arts ? L’objectif annoncé est légitime : proposer un grand salon annuel généraliste embrassant tous les secteurs de l’Antiquité à l’art contemporain dans une large gamme de prix. En somme, il s’agit, sans vouloir le dire, de créer à Paris l’équivalent de l’excellente Brafa de Bruxelles.

Igor Mitoraj  galerie Bayart

Igor Mitoraj (1944-2014), « Saturnia », fontaine en marbre, 1986 galerie Bayart

Pour sa première édition, Paris Beaux-Arts regroupe une cinquantaine de galeries au Carrousel du Louvre dans un espace bien conçu à la circulation fluide. Ce salon a-t-il sa place dans le programme chargé des manifestations printanières ? La réponse est oui même si les stands sont de qualité inégale et qu’il faudrait étoffer le nombre de participants en augmentant le quota de galeries étrangères. Mais la marchandise est là, variée, de qualité avec des petits objets à partir de 1 000 euros et de grandes pièces atteignant des montants à six chiffres.

Armoire vitrine aux dragons ailés attribuée à Gabriel Viardot, vers 1885. LV Antiquités.

Armoire vitrine aux dragons ailés attribuée à Gabriel Viardot (1830-1906), vers 1885. LV Antiquités.


Paris Beaux-Arts permet également de découvrir des galeristes qui ne sont pas forcément de grands habitués des salons « haut de gamme » alors que leur marchandise mérite un bel écrin. C’est le cas de Nicolas Bourriaud qui ouvrira prochainement sa galerie faubourg Saint-Honoré. Sa sélection de sculptures est équilibrée et fort séduisante : femme au cothurne d’Agathon Léonard, bronzes animaliers, nu féminin de Landowski et surtout ce cavalier monté de Paul Troubetzkoy qu’on connait surtout pour ses portraits en pieds des élites du début du XXe siècle.

Charles Artus(1897-1978), "Coureur indien", vers 1940, galerie Tourbillon.

Charles Artus(1897-1978), « Coureur indien », vers 1940, galerie Tourbillon.


Toujours dans le domaine de la sculpture, il faut signaler la présence de la galerie Bayart qui présente deux artistes contemporains de tendance néo-classique aux bronzes magnifiques : Christophe Charbonnel et ses bustes de guerriers ou de héros mythologiques puissants et fragiles et Patrick Villas et ses félins racés et élégants. Pour le mobilier, on craque pour les stands de Steinitz et de LV Antiquités. C’est une débauche de mobilier japonisant de Gabriel Viardot ou d’Edouard Lièvre. On se croirait dans le cabinet de Pierre Loti nous narrant « Madame Chrysanthème ».

H Craig Hanna, portrait de Malek,  galerie Laurence Esnol

H Craig Hanna, portrait de Malek, galerie Laurence Esnol


Du côté des années 30 et 40, le stand de la galerie Mathivet nous introduit dans un salon confortable avec son canapé de Rateau, son grand vase de Zsolnay et son ravissant petit cheval en bronze, laque et marbre d’inspiration minoenne, de Marie-Louise Simard (1886-1963) (voir illustration d’ouverture) .

Edouard Lièvre (1828-1886), Maison F Barbedienne, jardinière japonisante, vers 1873. galerie Steinitz.

Edouard Lièvre (1828-1886), Maison F Barbedienne, jardinière japonisante, vers 1873. galerie Steinitz.


Quant à la galerie Martel Greinier, elle présente un bel ensemble de meubles des années 40 et de sculptures de Lipchitz et Osouf. Dans le domaine de la peinture, la galerie Ary Jan consacre la moitié de son bel espace à un ensemble de toiles lumineuses de Félix Ziem dont l’exposition au Petit Palais a séduit le public mais elle propose également des Majorelle aux couleurs primaires de toute beauté.

Guido Marussig (1885-1972) "Gémeaux", vers 1920, huile et feuille d'or sur toile, galerie robertaebasta.

Guido Marussig (1885-1972) « Gémeaux », vers 1920, huile et feuille d’or sur toile, galerie robertaebasta.


Pour l’art contemporain, rendez-vous dans l’espace occupé par la galerie Laurence Esnol. Elle se consacre à un seul artiste, l’américain H Craig Hanna. Ce dernier s’inspire des maîtres anciens. Le dessin est précis, détaillé presque classique mais les cadrages, les couleurs, l’utilisation du plexiglas superposé sur du bois donnent à ses portraits et à ces grandes toiles une grande modernité teintée d’une certaine fragilité.

Henri Aguesse, bureau de dame; coquille d'oeuf, laque rouge et fer battu, 1927. galerie Makassar France.

Henri Aguesse, bureau de dame; coquille d’oeuf, laque rouge et fer battu, 1927. galerie Makassar France.


Enfin ne manquez pas deux exposants : tout d’abord, le belge Bernard de Leye spécialiste de l’orfèvrerie ancienne. Les pièces qu’il présente sont toutes magnifiques notamment un gobelet en or et émail réalisé en 1893 par Jules-Paul Brateau et Paul Grandhomme.

Pierre Bonnard (1867-1947) "portrait de ", galerie Berès.

Pierre Bonnard (1867-1947) « portrait de madame Mertzdorff, grand-mère de l’artiste », 1895, galerie Berès.


Ensuite la galerie Lumières. Elle propose une sélection éblouissante de lustres anciens et contemporains. Vous serez ainsi éclairé dans vos choix d’achat !

Charles Zacharie Landelle (1821-1908), "beauté orientale jouant du Tar", Le Caire, 1877. Galerie Ary Jan.

Charles Zacharie Landelle (1821-1908), « Beauté orientale jouant du Tar », Le Caire, 1877. Galerie Ary Jan.


Paris Beaux-Arts, Carrousel du Louvre, 99 rue de Rivoli, 75 001 Paris. Jusqu’au 5 avril de 11h à 20h. Prix d’entrée : 20 euros.

Leoplodo de Almeida (1898-1975), Allégorie de la mer, 1937. Galerie Vincent Lécuyer.

Leopoldo de Almeida (1898-1975), Allégorie de la mer, 1937. Galerie Vincent Lécuyer.

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1 commentaire

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Patrick Morreton

Les Galeries Bayart, Tourbillon. et. Esnol peuvent elles avoir l’amabilité de communiquer en signalant par mail leurs expositions et faits marquants ?
Cordialement


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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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