Promenade de printemps dans un Paris tribal

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Il fait beau, le soleil brille et nous n’avons qu’une envie : nous promener dans Paris le nez en l’air, l’esprit joyeux prêt à découvrir un endroit secret, une boutique inconnue ou une galerie prometteuse. Ce beau temps tombe à pic. Pendant trois jours, du 9 au 11 avril, vous pouvez déambuler dans le quartier Beaux-Arts à Saint-Germain des Prés à l’occasion de la deuxième édition de Paris Tribal. Je préfère de beaucoup utiliser les expressions italiennes « fare quatro passi » ou « girare per i negozzi » qu’on peut traduire par faire quatre pas ou tourner parmi les commerces. Car c’est ce que je vous recommande.
Une vingtaine de galeries reconnues dans leurs domaines respectifs vous proposent de découvrir leurs trésors. Toute la gamme des Arts Premiers est représentée : l’Afrique bien sûr mais également l’Asie, l’Océanie, l’Indonésie, l’Alaska… Il faut donc vous arrêter devant les vitrines, entrer dans les galeries, ressortir, découvrir d’autres marchands, revenir sur vos pas, retrouver une œuvre déjà contemplée, interroger l’antiquaire sur son origine, demander son prix, le négocier et repartir le portefeuille éventuellement allégé.

Cette année, vous découvrirez de véritables merveilles des arts d’Amérique du Nord. Dans ce domaine, la galerie Flak fait autorité. Le thème retenu cette année par la galerie est celui des objets surréalistes. Avec l’art eskimo, nul doute qu’on trouve cette poésie teintée d’étrangeté propre au mouvement surréaliste. Vous y verrez notamment (voir photo d’ouverture) un masque de danse polymorphe de la fin du XIXème siècle mêlant visage humain et tête d’oiseau. Il est entouré d’une structure en forme de cerceau ornée de mains et de palmes. Un véritable manifeste du surréalisme à lui seul !
Anthony JP Meyer présente quant à lui d’étonnantes amulettes de chaman en défenses de morse minéralisée. L’une d’elle représente le profil d’un ours polaire mais aussi une tête d’élan ou un crâne humain. Lucas Ratton expose une superbe figurine okvik. Ces représentations des esquimaux d’Alaska sont hiératiques, d’une simplicité totale. Les liens avec l’art cycladique et les créations de Brancusi sont évidents.
Alain Bovis organise une exposition sur le thème de la matière. De nombreux objets aux patines croûteuses sont présentés comme ce grand masque Lélé du Congo. Visage oblongue, nez puissant, grands yeux fermés, il s’en dégage une majesté tranquille et sereine.

Masque Lélé, fin XIXème-début XXème siècle. République démocratique du Congo. Galerie Alain Bovis.

Masque Lélé, fin XIXème-début XXème siècle. République démocratique du Congo.
Galerie Alain Bovis.


Entwistle présente une belle massue Maori en os de baleine du début du XIXème siècle. Dans sa simplicité, elle a presque la forme d’une idole préhistorique.
Indian Heritage se concentre sur l’Himalaya, le Népal et ses contes. Esprits, divinités et masques cohabitent créant ainsi une atmosphère fantastique. Une grande divinité protectrice en bois veille sur nous et nous protège des esprits maléfiques.

Grande coupe cérémonielle, Iles Salomon. Galerie Pablo Touchaleaume.

Grande coupe cérémonielle, Iles Salomon.
Galerie Pablo Touchaleaume.


Chez Pascassio Manfredi l’art d’Indonésie nous attend. Les figures y sont schématiques, figées dans l’attente ou la contemplation comme ce masque du Timor, visage d’éternité venu de l’au-delà.
La galerie Noir d’Ivoire aborde le thème des « symboles de femme, emblème de roi ». Elle présente un exceptionnel ensemble d’emblèmes royaux recouverts de feuilles d’or du peuple Baoulé mais aussi de belles cuillères cérémonielles telle cette cuillère Dan de 47 centimètres plantée sur deux jambes puissantes et musclées.

Cuillère Dan, Côte d'Ivoire, fin XIXème-début XXème. Galerie Noir d'Ivoire.

Cuillère Dan, Côte d’Ivoire, fin XIXème-début XXème.
Galerie Noir d’Ivoire.


Enfin, il faut absolument entrer chez Pablo Touchaleaume. Une coupe cérémonielle des Iles Salomon vous y attend. N’imaginez pas l’emmener sous vos bras. Elle mesure plus de trois mètres. C’est le plus grand exemplaire connu à ce jour. La coupe a la forme d’une pirogue. Le bois est gravé et incrusté de nacre de nautile et de coquilles de tridacne. Aux deux extrémités de cette coupe-navire figurent une tête de bonite. Une telle pièce aurait sa place au musée du quai Branly.

Masque Timor, Indonésie. Galerie Pascassio Manfredi.

Masque Timor, Indonésie.
Galerie Pascassio Manfredi.


Un seul conseil : promenez-vous dans ce quartier de Saint-Germain-des-Prés tribalisé pendant trois jours. Entre pavés parisiens et Arts Premiers, vous ferez un beau voyage.

Divinité protectrice, Ouest du Népal. Galerie Indian Heritage.

Divinité protectrice, Ouest du Népal.
Galerie Indian Heritage.


Paris Tribal, du 9 au 11 avril, quartier Beaux-Arts/Saint-Germain-des-Prés, le 9 de 11h à 21h, le 10 et le 11 de 11h à 19h.

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