De Giotto à Caravage, l’oeil de Roberto Longhi

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Posez la question au public toujours plus nombreux qui se presse aux grandes expositions : connaissez-vous Roberto Longhi ? Probablement on vous répondra non. Pourtant cet historien d’art, critique et infatigable collectionneur avait un œil extraordinaire. Tout au long de sa carrière, il a rendu aux grands noms de la peinture italienne leur place. Sans lui, Giotto ou Caravage ne seraient pas aussi célèbres et réputés. Sa collection réunit plus de 250 œuvres dont le fameux « Garçon mordu par un lézard » du Caravage. Le musée Jacquemart-André expose une sélection d’œuvres liées aux recherches de Longhi. Elles viennent de la fondation Longhi mais aussi de grands musées ou institutions. Le propos est de mettre en regard les œuvres du Caravage et de ses émules en montrant l’influence que cet artiste a pu avoir sur ses contemporains. Toujours dans le but de suivre les analyses de Longhi on y contemple aussi de nombreux primitifs italiens et artistes du XVe siècle à l’origine de la peinture moderne. Le propos est savant, la vision magnifique, l’émotion bien réelle.

Michelangelo Merisi dit Caravage (1571-1610), "Garçon mordu par un lézard", 1594. Fondation Roberto Longhi. Florence.

Michelangelo Merisi dit Caravage (1571-1610), « Garçon mordu par un lézard », 1594. Fondation Roberto Longhi. Florence.

On se laisse emporter par la douceur des Vierges et des Saints aux visages sereins nimbés d’or. On vacille devant la puissance des représentations du Christ. Ainsi, la merveilleuse « Déploration du Christ » d’Orazio Borgianni confronte les visages colorés des vivants aux chairs éburnéennes de Jésus. Ce dernier semble comme suspendu dans l’espace, le visage flou perdu dans un rêve de mort. Même émotion devant le Christ couronné d’épines du Caravage. Le visage du Christ est tourné vers l’un de ses tortionnaires. Il souffre et pourtant ses mains liées sont comme un signe de pardon.
« L’annonce de la naissance de Samson à Manoach et à sa femme », œuvre de Matthias Stomer (1600-1650) réalisée vers 1630-1632 et appartenant à la fondation Roberto Longhi (voir visuel d’ouverture) est splendide. La lumière éclaire les visages attentifs et concentrés sur les paroles de l’ange. Les tissus soyeux accentuent cette impression de moment intime et chaleureux.

Jusepe Ribera (1591-1652), "Saint Thomas", vers 1612. Florence, fondation Roberto Longhi.

Jusepe Ribera (1591-1652), « Saint Thomas », vers 1612. Florence, fondation Roberto Longhi.


Plus solennelles sont les représentations par Jusepe de Ribera de trois saints, Thomas, Paul et Barthélémy. Les personnages sont plus distants. La plus belle représentation est celle de Saint Thomas de profil vêtu d’une grande toge blanche, sorte de protection l’éloignant du monde réel.
Une exposition à ne pas manquer!

Michelangelo Merisi dit Caravage (1571-1610), " Le couronnement d'épines", vers 1602-1603. Collection Banca Popolare di Vicenza.

Michelangelo Merisi dit Caravage (1571-1610),  » Le couronnement d’épines », vers 1602-1603. Collection Banca Popolare di Vicenza.


« De Giotto à Caravage, les passions de Roberto Longhi », Musées Jacquemart-André, Paris, jusqu’au 20 juillet.

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