Rembrandt au Rijksmuseum d’Amsterdam: éblouissant!

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Nous sommes aujourd’hui le 24 avril. Il vous reste donc trois semaines pour vous précipiter à Amsterdam. Bien entendu, vous vous promènerez le long des canaux mais ce ne sera pas le but principal de votre escapade. Votre objectif : le Rijksmuseum et l’exposition consacrée à Rembrandt. Elle présente les oeuvres tardives du maître, celles de ses dix-huit dernières années. Baptisée « Rembrandt, les années de plénitude », on y découvre un Rembrandt intimiste, contemplatif. L’exposition qui présente une centaine de tableaux, dessins et gravures est répartie en dix thèmes, portant sur les principales motivations artistiques de Rembrandt. Vous y trouverez de nombreux autoportraits. Il est vrai que Rembrandt en a réalisé plus de quatre-vingts. Impitoyable à l’égard de lui-même, il se représente âgé, marqué par les épreuves de la vie et le temps. Mais l’artiste ne s’apitoie pas sur son sort et garde une certaine réserve. C’est le cas de cet autoportrait aux deux cercles (voir visuel d’ouverture) venant de Kenwood House à Londres. Une grande partie de la toile est vague et floue mais l’artiste a dessiné à l’arrière-plan des cercles bien visibles, comme signe de son habileté technique. Le spectateur n’est pas convié à le regarder mais plutôt à juger de son art et de sa dextérité.

Rembrandt, "Jacob bénissant ls fils de Joseph", vers 1655-1658, Gemäldegalerie Alte Meister, Kassel.

Rembrandt, « Jacob bénissant les fils de Joseph », vers 1655-1658, Gemäldegalerie Alte Meister, Kassel.


Cette réserve on la retrouve également dans tous les autres portraits peints par l’artiste. Les portraits de son fils Titus sont les plus touchants. On y sent l’amour paternel, l’innocence de l’enfant rêveur, la mélancolie de l’adolescent en habit de moine. C’est magnifique. Ses portraits d’hommes et de femmes âgées sont également splendides. Ce sont de grands bourgeois richement mais sobrement vêtus. Rembrandt va au-delà de leur statut social, leurs visages, leurs regards exprimant la fragilité de l’âge. A les regarder, on ressent pour eux une bouffée d’affection comme celle qu’on éprouve pour ses parents vieillissants.
Mais Rembrandt sait également exalter le rang de ses commanditaires. Le tableau des syndics de la guilde des drapiers en apporte l’éblouissante démonstration. Les syndics, personnages importants chargés du contrôle de la qualité des draperies, sont tournés vers nous. Il nous invite à les contempler et à juger de leur importance.

Rembrandt, "Titus au pupitre", 1655. Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam.

Rembrandt, « Titus au pupitre », 1655. Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam.


L’exposition présente également de nombreuses œuvres aux sujets bibliques. Rembrandt va bien au-delà de la simple narration d’un événement et des conventions du genre. Il pénètre l’intimité des protagonistes et dépeint leurs incertitudes par un jeu subtil de lumières et d’ombres. Il s’en dégage le plus souvent une grande sérénité témoignant de la profonde expérience des émotions humaines d’un artiste au crépuscule de sa vie. Cette atmosphère tendre est palpable dans « Jacob bénissant les fils de Joseph ». Jacob, malade, bénit en premier lieu le plus jeune de ses petits-fils. S’il avait respecté les conventions, il aurait commencé par l’aîné. Son fils Joseph, souvent montré irrité dans la plupart des représentations de cette scène biblique, comprend ici le choix de son père. Le tableau baigne ainsi dans une atmosphère d’entente familiale, de tendre complicité. L’émotion vous prend.
Elle vous tiendra pendant toute l’exposition qu’il s’agisse de découvrir les différentes épreuves de ses gravures, d’une beauté magistrale comme la série des « Trois Croix » ou de la « Mise au Tombeau » ou d’admirer ses tableaux aux couleurs profondes, à la sensibilité discrète.
Cette exposition, sobrement présentée, sans effets de décors, est somptueuse. Un grand moment pour l’amateur d’art à ne surtout pas manquer.

 Rembrandt, "Les syndics de la guilde des drapiers"; 1662. Rijksmuseum, Amsterdam.

Rembrandt, « Les syndics de la guilde des drapiers »; 1662. Rijksmuseum, Amsterdam.


Et si, après tant d’émotions, vous éprouvez le besoin de vous sustenter, sortez du musée et entrez au Rijks, le restaurant du musée installé dans une annexe. Ouvert depuis peu, il est tenu par Joris Bijdendijk, candidat hollandais de l’émission Top Chef 2013. C’est divinement bon !

« Rembrandt, les années de plénitude », Rijksmuseum, Amsterdam. Jusqu’au 17 mai 2015 ; tous les jours de 9h à 17h.
Pour déjeuner en sortant de l’exposition : le Rijks dans une annexe du musée (de 11h30 à 23h) info@rijksrestaurant.nl
Pour se rendre à Amsterdam : www.thalys.com et www.holland.com

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1 commentaire

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mister k

Art avec un peu de gastronomie. Merci pour cette belle proposition que je vais tester partant tout à l’heure pour Amsterdam .


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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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