Carré Rive Gauche: une promenade au pays des métamorphoses

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Zoé Ouvrier "Armoire paravent". Galerie Gladys Mougin

Zoé Ouvrier « Armoire-paravent ». Galerie Gladys Mougin


Le week-end s’annonce chaud et ensoleillé. Malheureusement, vous restez à Paris vous demandant bien comment occuper ces belles journées de printemps. J’ai la solution. Vous irez au Carré Rive Gauche, ce quartier du VIIe arrondissement, situé entre la rue du Bac et le quai Voltaire. Il regroupe 120 marchands qui, de mercredi à dimanche s’adonnent aux « métamorphoses ». Sur ce thème, les antiquaires et galeries d’art se sont attachés à démontrer comment les artisans, artistes et designers utilisent la matière brute, la terre, le sable, le bois pour les transformer en œuvres d’art.

Zoé Ouvrier "armoire paravent". Galerie Gladys Mougin.

Zoé Ouvrier « armoire-paravent ». Prix: 38 000 euros. Galerie Gladys Mougin.


Mon coup de cœur va à la galerie Mougin. Gladys Mougin occupe rue de Lille deux espaces, l’un depuis 25 ans, l’autre depuis peu. Elle y présente avec passion des designers aux styles et aux sources d’inspiration très différents et qui pour pourtant vivent en parfait harmonie. On craque pour les commodes de Laurence Montano, les miroirs d’André Dubreuil ou le mobilier d’Alasdair Cooke. Mais j’ai une préférence pour Zoé Ouvrier. Elle travaille le bois, le sculpte, le rabote, le scarifie pour créer des meubles couverts d’arbres, de feuillages et de ramages. Le résultat est stupéfiant et d’une grande beauté. C’est le cas de cette armoire-paravent. Noire sur le devant, bleue au dos, délicate et raffinée comme un coffret à bijoux à l’intérieur, on croirait ce meuble conçu pour une dame de cour du Genji Monogatori, une armoire digne de trôner dans une salle d’apparat d’un palais de Kyoto afin de contenir de précieux kimonos de cérémonie.

Zoé Ouvrier "armoire-paravent". Galerie Gladys Mougin.

Zoé Ouvrier « armoire-paravent ». Galerie Gladys Mougin.


Baptisée « Du sable à la lumière », l’exposition de la galerie Sismann vaut le détour. Les Sismann y présentent un ensemble de vitraux français du XIIIe au XVIIe siècle. Ces derniers sont confrontés à des sculptures afin de dégager les grandes lignes de l’évolution stylistique du vitrail. Dans la pénombre, un doux éclairage met en valeur les couleurs magnifiques des vitraux et la délicatesse des sujets traités. C’est le cas d’un « Christ au Mont des Oliviers » ou d’un « Saint Martin partageant son manteau avec un mendiant ».

Vitrine en forme d'éléphant formant coffret à bijoux. Attribué à Viardot. Prix: 12 000 euros. Galerie Cristina Ortega.

Vitrine en forme d’éléphant formant coffret à bijoux. Attribué à Viardot. Prix: 12 000 euros. Galerie Cristina Ortega.


En passant devant la galerie Ratton-Ladrière, on ne peut que s’arrêter devant une terre cuite du début du XVIIIe siècle. Elle représente Circé tendant la potion magique à Ulysse après avoir transformé ses compagnons en pourceaux. Le sujet n’est pas facile mais la virtuosité quasi baroque de la sculpture fascine.

Jeremy Maxwell Wintrebert, "Spirit fruit bleu cobalt", verre filigrané soufflé à la bouche. Prix: 5 800 euros. Galerie Carole Decombe.

Jeremy Maxwell Wintrebert, « Spirit fruit bleu cobalt », verre filigrané soufflé à la bouche. Prix: 5 800 euros. Galerie Carole Decombe.


La Pendulerie, présente, bien entendu, une pendule d’époque Empire qui reprend une des Métamorphoses d’Ovide. Il s’agit de la nymphe Clythie changée en tournesol par Apollon. La pendule est de belle taille (84 cm) mais elle est élégante par ses ciselures et le drapé de la nymphe qui tient un tournesol.

Primavera et Paule Petitjean, deux grands plats et vas trilobé, vers 1930. Prix les plats: 35 000 euros, le vase 28 000 euros. Galerie Lafon-Vosseler?

Primavera et Paule Petitjean, deux grands plats et vase trilobé, vers 1930. Prix des plats: 35 000 euros, le vase 28 000 euros. Galerie Lafon-Vosseler.


Diaphanes et sensuelles sont les créations de Jeremy Maxwell Wintrebert exposées chez Carole Decombe. Cet artiste a appris à Murano la technique du verre à filigrane. Il s’agit d’une façon de décorer le verre en y intégrant des fils de verre tirés à la main. Il a ainsi créé des grands fruits ressemblant à des fleurs fanées. On a qu’une seule envie : les caresser de la main tant ils sont délicats.

Guéridon au piètement en opaline de Bohême et plateau en verre églomisé. Première moitié du XIXe siècle. Prix: 24 000 euros. Galerie Golovanoff.

Guéridon au piètement en opaline de Bohême et plateau en verre églomisé. Première moitié du XIXe siècle. Prix: 24 000 euros. Galerie Golovanoff.


Marcel Marois, artiste licier transforme la laine et le coton en tapisseries aux couleurs vives. Son univers chromatique fait penser à une BD de science-fiction dans laquelle la pluie, transformée par les radiations deviendrait jaune et rouge.

Circé tendant la potion magique à Ulysse. Terre cuite, sculpteur français, vers 1715-1730. Prix sur demande. Galerie Ratton-Ladrière.

Circé tendant la potion magique à Ulysse. Terre cuite, sculpteur français, vers 1715-1730. Prix sur demande. Galerie Ratton-Ladrière.


Cristina Ortega présente une vitrine coffret à bijoux en forme d’éléphant. Attribuée à Viardot, connu pour ses meubles peuplés de dragons d’inspiration chinoisante, ce meuble était certainement destiné à orner un hôtel particulier bourgeois et cossu.

La vcharité de Saint Martin, vitrail, XIVe siècle. Prix: 38 000 euros. Galerie Sissmann.

La charité de Saint Martin, vitrail, XIVe siècle. Prix: 38 000 euros. Galerie Sismann.


Sandy Toupenet expose les grès de Saint-Amand des céramistes les Dalo. Les personnages ont une tête en forme de bourgeons, des nez en forme de carotte. Le végétal représente l’humain, créant ainsi une continuité entre Arcimboldo et ces artistes contemporains.

Claude Galle (1759-1815), "La métamorphose de Clythie", pendule époque Empire. Prix sur demande. Galerie La Pendulerie.

Claude Galle (1759-1815), « La métamorphose de Clythie », pendule époque Empire. Prix sur demande. Galerie La Pendulerie.


Dans la vitrine de la galerie Golovanoff, on peut contempler un précieux guéridon à piétement en opaline de Bohème. Le plateau en verre églomisé représente Vénus confisquant à son fils son arc et ses flèches dont il abuse au point de provoquer des ravages dans les cœurs des humains et des dieux de l’Olympe.

Sculpture "Le perce-neige" des céramistes les Dalo, grès de Saint-Amand, pièce unique, 2015. Prix: 1 500 euros. Galerie Sandy Toupenet.

Sculpture « Le perce-neige » des céramistes les Dalo, grès de Saint-Amand, pièce unique, 2015. Prix: 1 500 euros. Galerie Sandy Toupenet.


En déambulant dans les rues du Carré Rive Gauche, vous en prendrez plein les yeux et si l’envie vous en prend, vous pourrez acheter la merveille de votre choix. Bonne promenade !

"Le Christ au Mont des Oliviers", vitrail, Milieu du XVe siècle. Vendu. Galerie Sismann.

« Le Christ au Mont des Oliviers », vitrail, Milieu du XVe siècle. Vendu. Galerie Sismann.


« Métamorphoses », Carré Rive Gauche, 75 007 Paris, jusqu’au 7 juin, chaque jour de 11h à 19h.

Marcel Marois" Averse chromatique, 2003-2008, tapisserie de haute lice, vendua aux alentours de 5 000 euros. Galerie Chevalier.

Marcel Marois » Averse chromatique, 2003-2008, tapisserie de haute lice, vendue aux alentours de 100 000 euros. Galerie Chevalier.

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2 commentaires

chevalier

merci beaucoup d’avoir publié la tapisserie de Marcel Marois « Averse Chromatique ».
Pour votre information, elle a été vendue aux alentours de 100 000 euros et non 5 000 euros comme c’est noté.

bien à vous,


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    Avatar de marche-de-l-art

    marche-de-l-art

    Le prix communiqué par l’agence de presse du Carré me semblait effectivement bien peu élevé. Je viens de corriger l’erreur.
    Bien à vous.


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Robin Massonnaud

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