Les Arts Premiers en capitale: deux ventes exceptionnelles à Paris

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Reliquaire Kota, Gabon, collection William Rubin. Estimation: 6 à 9 millions d'euros. Christie's Paris

Reliquaire Kota, Gabon, collection William Rubin.
Estimation: 6 à 9 millions d’euros.
Christie’s Paris


Au fil des années, grâce à l’ouverture du musée du quai Branly, la capitale est devenue la Mecque des Arts Premiers. Le Parcours des Mondes qui se tient en septembre, Paris Tribal au printemps et les nombreuses ventes aux enchères réunissent les collectionneurs et les musées du monde entier. Ces dernières, organisées par toutes les grandes maisons, proposent toujours de véritables pépites, des œuvres qu’on peut considérer comme les Picasso des Arts Premiers.
La semaine prochaine, l’amateur en prendra plein les yeux. C’est un festival de chefs-d’œuvre qui est orchestré par les deux grandes maisons anglo-saxonnes Christie’s et Sotheby’s. Si dans leurs catalogues respectifs, on peut trouver de beaux objets abordables (à partir de 1 000 euros), certaines pièces sont beaucoup plus onéreuses. Rares, elles bénéficient d’un pedigree irréprochable.
Christie’s propose ainsi un Kota provenant de la collection de William Rubin, ancien et célèbre conservateur du MOMA de New York. Ce Kota, œuvre d’un maître sculpteur gabonais est d’une rare perfection esthétique. Ses proportions sont parfaites. Comme le souligne le catalogue spécialement consacré à ce chef-d’œuvre, les reliquaires Kota ont inspiré les plus grands artistes du XXe siècle, Picasso, Giacometti et bien d’autres. Le Kota William Rubin évoque ainsi certaines figures féminines de Giacometti dont le profil s’estompe ou les visages des demoiselles d’Avignon de Picasso. Le Kota William Robin a fait l’objet de nombreuses publications et expositions. Il a appartenu à Helena Rubinstein. Esthétiquement, il frise la perfection ce qui explique son estimation de 6 à 9 000 000 d’euros.

Masque double, Baulé, Côte d'Ivoire, collection Vérité. Estimation de 2 à 3 millions d'euros. Sotheby's Paris.

Masque double, Baulé, Côte d’Ivoire, collection Vérité.
Estimation de 2 à 3 millions d’euros.
Sotheby’s Paris.


Chez Sotheby’s, une autre enchère millionnaire est prévue. Il faudra en effet compter 2 à 3 millions d’euros pour un masque double Baulé de Côte d’Ivoire. Il appartenait à la très réputée collection Vérité. Acheté par Pierre et Suzanne Vérité en 1935, il sera l’œuvre-phare de plusieurs expositions parisiennes d’art africain. Selon Alain-Michel Boyer, grand spécialiste des arts africains « ce masque double s’inscrit parmi les joyaux les plus emblématiques de l’histoire des arts d’Afrique ». Ce masque honore la gémellité tout en symbolisant le couple. Perfection des formes, sérénité des visages aux yeux clos, ce masque appelé nda commémore le bonheur d’avoir donné naissance à des jumeaux. Il est exceptionnel !

Masque d'épaule Baga, d'Mba/Yamban, Guinée, collection Vérité. Estimation de 1,5 à 2,5 millions d'euros. Christie's Paris.

Masque d’épaule Baga, d’Mba/Yamban, Guinée, collection Vérité.
Estimation de 1,5 à 2,5 millions d’euros.
Christie’s Paris.


La collection Vérité est une référence absolue et Christie’s présente également une pièce provenant de cet ensemble unique. Il s’agit d’un grand masque d’épaule Baga d’mba/Yamban de Guinée. La plastique de ces masques Baga repose sur quatre thèmes : un pouvoir absolu imposant l’ordre par la peur, des conseils bienveillants, un contrôle des forces de la nature et une éthique. Ce masque atteste de la virtuosité des sculpteurs baga : bois dur et dense, force du visage féminin, raffinement de la coiffure, subtilité des courbes. Manifestement, Brancusi s’est inspiré de ces masques pour concevoir ses œuvres. Il faut compter 1,5 à 2,5 millions d’euros pour ce masque.

Statue d'ancêtre Uli, Aire Mandak, centre de la Nouvelle-Irlande. Estimation de 700 000 à 1 000 000 d'euros. Sotheby's Paris.

Statue d’ancêtre Uli, Aire Mandak, centre de la Nouvelle-Irlande.
Estimation de 700 000 à 1 000 000 d’euros.
Sotheby’s Paris.


Quittons l’Afrique pour le Pacifique et la Nouvelle-Irlande. Sotheby’s présente une statue d’ancêtre Uli, Aire Mandak de toute beauté. Elle appartenait à la collection de Maurice de Vlaminck. Cette statuaire puissante, impressionnante fascinera les Expressionnistes allemands et les Surréalistes et fera dire à André Breton qui l’exposa dans son éphémère galerie Gradiva: « Tu fais peur. Tu émerveilles ». Elle est estimée 700 000 à 1 000 000 d’euros.

Proue de pirogue maorie, Nouvelle-Zélande. Estimation de 100 000 à 150 000 euros. Christie's Paris.

Proue de pirogue maorie, Nouvelle-Zélande.
Estimation de 100 000 à 150 000 euros.
Christie’s Paris.


Restons dans le Pacifique pour une figure de proue de pirogue maorie. Elle représente un visage entièrement scarifié. Naturaliste, elle envoûte celui qui la regarde. Christie’s en attend 100 000 à 150 000 euros.

Tête commémorative, Akan, Ghana. Estimation de 200 000 à 300 000 euros. Sotheby's Paris.

Tête commémorative, Akan, Ghana.
Estimation de 200 000 à 300 000 euros.
Sotheby’s Paris.


La tête commémorative Akan du Ghana est d’un tout autre esprit. Il s’agit presque d’une statue d’apparat, représentant un haut membre de la famille royale, peut-être une reine mère.Cette terre cuite est d’un raffinement et d’une délicatesse incroyable. Ces figures étaient disposées dans les sépultures ou à proximité de lieux sacrés. Le visage est stylisé, la coiffure sophistiquée. Il faut compter 200 000 à 300 000 euros pour emporter cette représentation féminine d’une beauté tranquille et hiératique.

Christie’s Paris, vente du 23 juin, 16 h, 9 avenue Matignon, 75 008 Paris
Sotheby’s Paris, vente du 24 juin, 16 h, 76 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75 008 Paris
Crédit photo
Christie’s Images limited
Sotheby’s /Art digital studio

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2 commentaires

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RATELADE

Bonjour,

Ce n’est pas « Masque double, Baulé, Côte d’Ivoire »
Mais « Masque double, Baoulé, Côte d’Ivoire »

Les Baoulés sont une des ethnies les plus importantes de Côte d’Ivoire. Leur nom traduit leur origine : selon une légende, la Reine Aba Pokou guida son peuple en exode vers les régions des mines d’or au cours du XVIIIème siècle; elle dut sacrifier son fils au dieu d’une rivière afin de pouvoir la traverser. Le peuple s’appela dès lors les « Bauli », ce qui signifie : « le fils est mort ».

Bien cordialement.

Paul


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    marche-de-l-art

    Merci pour vos observations d’amateur averti.


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