Un séminariste de Répine à Paris

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ilya Efimovitch Répine (1844-1930) Jeune séminariste songeur. 1876 Estimation: 80 000- 120 000 euros.

Ilya Efimovitch Répine (1844-1930)
Jeune séminariste songeur. 1876
Estimation: 80 000- 120 000 euros.

Les ventes d’art russe se multiplient ces derniers temps à Paris. On y trouve de nombreux souvenirs de la famille impériale et de l’aristocratie (photos, lettres, décorations, petits objets de Fabergé), des livres anciens, des objets de différentes manufactures notamment ces délicieuses figurines en biscuit de la fabrique Gardner, de l’argenterie, des objets en émaux…
Plus rares sont les tableaux des grands artistes russes du XIXe et du début du XXe siècle. D’où l’intérêt de la vente organisée par la maison Collin du Bocage le 9 décembre à l’Hôtel Drouot. Les experts Roch de Coligny et Goula Marette y présentent une œuvre d’Ilya Efimovitch Répine datée de 1876. Dans des tonalités sombres, elle représente un jeune séminariste songeur. Vêtu de noir, il se tient accoudé et semble s’interroger sur la force de sa vocation.

Répine est sans conteste l’un des grands artistes russes de la fin du XIXe siècle. Il appartient à la mouvance des peintres ambulants s’intéressant au peuple simple et pauvre des campagnes. Il les dépeint dans des scènes grandioses au lyrisme débordant comme sa série de processions, ses bateliers de la Volga ou dans des portraits dépouillés dans lesquels on sent son admiration pour Rembrandt.

En France, il est surtout connu pour ses portraits de personnages célèbres : Tolstoï, Dostoïevski, Moussorgski ou Nicolas II ou ses scènes historiques comme Pierre Ier tuant son fils le tsarévitch Alexis.
Notre séminariste est plutôt de la veine intimiste. Le jeune homme pensif s’ennuie. La pompe et la longueur des cérémonies orthodoxes, les psalmodies des moines le fatiguent. Mais il est certain qu’en se plaçant sous la protection de l’église, il sera assuré du gîte et du couvert, échappant ainsi au sort misérable de nombreux moujiks. L’artiste rend parfaitement compte de ce dilemme. Les yeux du séminariste nous regardent. Il veut nous dire : qu’en pensez-vous ? Que feriez-vous à ma place ?

Malgré les doutes de notre apprenti pope, ce tableau est profondément religieux, comme habité par l’atmosphère si particulière baignant les rites orthodoxes. Notre tableau ne montre aucun décor, aucun intérieur. Tout est brun comme si nous pénétrions dans une église à bulbe aux murs couverts d’icônes assombris par la fumée des cierges et de l’encens.
Répine est bien le peintre de cette Russie profonde et éternelle qu’on retrouve encore aujourd’hui malgré le matérialisme ambiant.
Notre tableau, resté dans la même famille depuis le XIXe siècle, est dans son jus et n’a jamais été restauré. Il mérite les soins d’un expert qui lui redonnera toute sa beauté.

Art Russe, Collin du Bocage, 9 décembre, exposition le 8 décembre, Hôtel Drouot, salle 16.

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