Les expositions de vos vacances

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Elisabeth Louise Vigée Le Brun La baronne Henri Charles Emmanuel de Crussol Toulouse, musée des Augustins courtesy photo: Daniel Martin.

Elisabeth Louise Vigée Le Brun
La baronne Henri Charles Emmanuel de Crussol
Toulouse, musée des Augustins
courtesy photo: Daniel Martin.

Ce soir débutent les vacances de fin d’année. Pour les parisiens qui restent dans la Capitale pendant les fêtes ou pour les provinciaux qui prévoient d’y séjourner, il y a d’autres distractions qu’une promenade dans les marchés de Noël.
Paris fourmille d’expositions superbes qu’il serait bien dommage de manquer. Je vous propose une petite sélection de plaisirs artistiques à ne pas bouder.

Elisabeth Louise Vigée Le Brun au Grand Palais
Jusqu’au 11 janvier 2016

Elisabeth Louise Vigée Le Brun (1755-1842) est surtout connue du grand public comme la portraitiste de Marie-Antoinette. Sa toile la plus célèbre, car figurant souvent dans les livres d’histoire des lycéens, représente la reine et ses enfants. Elle atteste d’une certaine proximité entre la souveraine et l’artiste. Louis XVI voyant le tableau lui fit la remarque suivante : « Je ne me connais pas en peinture; mais vous me la faites aimer. » Cette jolie femme, comme en atteste ses autoportraits, n’est pas seulement une artiste officielle. C’est également une aventurière dont la vie est un roman. Chassée de France par la Révolution, elle va parcourir l’Europe passant du royaume de Naples à Vienne puis à Saint-Pétersbourg avant de regagner Paris, une fois la tourmente passée. Sa vie durant, elle peint sans relâche familles souveraines, aristocrates français et autrichiens, princes russes, artistes célèbres dans un style inimitable. Elle s’échappe du portrait officiel pour apporter sa touche intimiste, chaque modèle ayant sa personnalité. Les femmes sont parfois timides, souvent coquettes, mutines, mélancoliques ou songeuses. Les hommes sont plus assurés, martiaux, élégants et raffinés, enjôleurs et séduisants. Face à eux, on sent qu’Elisabeth est loin d’être insensible au charme des beaux hommes. L’exposition nous fait parcourir l’Europe de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle. En regardant ces merveilleux portraits, on comprend pourquoi l’artiste déclarait n’avoir eu de bonheur qu’en peinture.

Jean-Honoré Fragonard La résistance inutile, vers 1770-1773 Stockholm, Nationalmuseum.

Jean-Honoré Fragonard
La résistance inutile, vers 1770-1773
Stockholm, Nationalmuseum.

Fragonard amoureux, galant et libertin au musée du Luxembourg
Jusqu’au 24 janvier 2016

Tout le monde connait « Le verrou » de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806). On y voit un jeune homme vigoureux tenant fermement dans un bras une belle sur le point de succomber. De son autre bras, il ferme le verrou de la porte de la chambre et s’apprête à basculer dans le lit défait avec sa conquête. Cette image est celle du XVIIIe siècle amoureux, libertin et coquin. L’exposition du musée du Luxembourg retrace le parcours artistique de Fragonard sous l’angle de l’amour célébré sous toutes ses formes : tendre, licencieux, sensuel, érotique, violent, grivois, conjugal, allégorique… Nous sommes conviés par Fragonard à une promenade de plaisir. Avec lui, la preuve est faite qu’il n’y a rien de plus puissant que l’amour, rien de plus délicieux que de s’y abandonner, rien de plus triste que d’y renoncer. En parcourant cette exposition, vous vivrez un pur moment de bonheur.

Ferdinand Hodler Le lac Léman avec les Alpes savoyardes, vers 1905 Hahnloser/Jaegli Stiftung. Winterthur Photo: Reto Pedrini

Ferdinand Hodler
Le lac Léman avec les Alpes savoyardes, vers 1905
Hahnloser/Jaegli Stiftung. Winterthur
Photo: Reto Pedrini

Villa Flora, les temps enchantés au Musée Marmottan Monet
Jusqu’au 7 février

Avez-vous déjà entendu parler d’Arthur et Hedy Hahnloser ? Quant à moi, j’ignorais totalement l’existence de ce couple de bourgeois suisses avant de découvrir cette exposition. Entre 1906 et 1936, ils vont réunir, avec passion, un ensemble d’œuvres absolument époustouflantes. Ils s’intéressent bien entendu aux artistes helvétiques et vous verrez ainsi de superbes tableaux de Ferdinand Hodler ou de Félix Valloton. Mais ils achètent également des toiles d’Odilon Redon, Edouard Manet, Pierre-Auguste Renoir, Paul Cézanne, Vincent Van Gogh, Edouard Vuillard et Pierre Bonnard. Le musée Marmottan expose ainsi 75 chefs-d’œuvre de cette collection unique. On y comprend le lien qui unissait tous ces artistes à ce couple discret qui achetait directement les œuvres auprès d’eux, stimulés par la visite de leur atelier. On y voit également des photos de la famille Hahnloser dans son intimité. Il se dégage de ces tableaux et de ces photographies une impression de douce plénitude, de bonheur simple, de moments heureux mais fugaces et fragiles. C’est une découverte magnifique.

La bataille d'Azincourt anonyme Enguerrand de Monstrelet, Chroniques, XVe siècle Bibliothèque nationale de France, Paris.

La bataille d’Azincourt
anonyme
Enguerrand de Monstrelet, Chroniques, XVe siècle
Bibliothèque nationale de France, Paris.

Chevaliers et Bombardes, d’Azincourt à Marignan au Musée de l’Armée
Jusqu’au 24 janvier

Le sujet est sérieux. Le musée de l’Armée a en effet pour ambition de mettre en évidence les mutations affectant l’armée française entre la fin du Moyen Age et le début de la Renaissance. L’exposition s’ouvre sur la cuisante défaite d’Azincourt en 1415, l’armée française comptant plus de 5 000 morts dont l’élite de la chevalerie, pour s’achever sur la victoire de Marignan en 1515. Entre ces deux dates, le roi Charles VII aura modernisé son armée créant une troupe permanente et se dotant d’une nouvelle arme, l’artillerie qui prendra une part de plus en plus importante dans les conflits. Le visiteur y découvrira l’univers chevaleresque, des armures splendides comme celle de François Ier, des armes redoutables comme ces énormes bombardes, des traités techniques comme le « Livre du secret de l’art de l’artillerie et de la cannonerie » ou la reconstitution d’une troupe colorée et bigarrée de fantassins suisses qui participèrent à la bataille de Marignan. Le parcours est passionnant, très instructif et tout est fait pour séduire un jeune public. N’hésitez surtout pas à y emmener vos garçons. Amateurs de Star Wars, ils trouveront dans la France du XVe et du XVIe siècle bien des points communs avec leurs héros préférés.

Agnolo Bronzino portrait de dame en rouge, vers 1532-1535 Francfort, Stadel Museum U Edelmann/Artothek.

Agnolo Bronzino
Portrait de dame en rouge, vers 1532-1535
Francfort, Stadel Museum
U Edelmann/Artothek.

Portraits à la cour des Médicis au musée Jacquemart-André
Jusqu’au 25 janvier

Magnificence et apparat de cour au service des Médicis, tels sont les qualificatifs qui viennent à l’esprit après la visite de l’exposition du musée Jacquemart-André. L’essentiel des tableaux présentés viennent des grandes institutions muséales italiennes et retracent à travers le portrait la montée en puissance de la famille Médicis à Florence au XVIe siècle. Tout commence en 1494 par l’exil de cette riche famille et l’arrivée au pouvoir de Savonarole. La rigueur devient la règle et les portraits de cette époque présentent des personnages graves aux vêtements sobres et sombres. Puis vient la période de la reconquête. Dans un tableau de Vasari, Alexandre de Médicis pose en armure, de profil, devant la ville de Florence affirmant ainsi son droit sur la cité. La pose est martiale et le portrait devient ainsi instrument de propagande au service d’une famille.
Une fois les Médicis bien installés à Florence, le portrait change et devient la représentation d’un pouvoir incontesté. En 1539, Cosme Ier a épousé Eléonore de Tolède scellant ainsi son alliance avec le tout puissant Charles Quint. Les Médicis rivalisent alors avec les cours des grands monarques. Le faste transparait dans les représentations d’apparat du Bronzino ou de Pontormo. Les visages sont sereins, calmes. Les couleurs éclatent. Les costumes sont somptueux : lourdes étoffes brodées de fils d’or et de perles, bijoux dentelles et fourrures tout atteste d’une richesse assumée, signe d’un pouvoir presque absolu. Ces portraits d’apparat seront désormais. On y découvre un univers raffiné, une société courtoise dans laquelle les plaisirs de l’esprit, la lecture, la musique sont les signes d’une position sociale. Les portraits de joueurs de luth de Salviati et de Pontormo en témoignent. On touche ici au raffinement suprême de l’élite florentine du XVIe siècle.

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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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  • Picasso primitif au musée du quai Branly, formidable exposition ! #parismuseum #parismusees #artinparis #quaibranlymuseum #museeduquaibranly #picasso #pablopicasso #museepicasso #picassomuseum #picassomuseumparis

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