Collection Alan Rubin de Pelham Galleries: le meilleur du goût anglais

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Paire de fauteuils en acajou, Epoque George II, vers 1750. Estimation:53 000 à 79 500 euros.

Paire de fauteuils en acajou, Epoque George II, vers 1750.
Estimation:53 000 à 79 500 euros.

L’amateur fréquentant les grands salons d’antiquaires, notamment la Tefaf ou la Biennale des Antiquaires, connait l’existence de la Pelham Gallery tenue de main de maître par la famille Rubin depuis près de 90 ans. Leurs stands ont toujours été un modèle d’élégance, de classicisme proposant un savant mélange de styles et d’époques. Mobilier anglais Queen Anne, commodes italiennes du XVIIIe siècle, consoles françaises, objets d’art, tableaux, girandoles, le visiteur avait toujours l’impression d’entrer dans le salon ou dans la bibliothèque du château d’un lord, une demeure patinée par les siècles accumulant les coups de cœur de plusieurs générations. Nombreux sont les musées (Louvre, Victoria and Albert Museum, Metropolitan de New York) qui trouvèrent des merveilles dénichées par les Rubin.

Paire de chaises Goerge III en acajou.  Vers 1760. Estimation: 13 300 à 19 900 euros.

Paire de chaises Goerge III en acajou. Vers 1760.
Estimation: 13 300 à 19 900 euros.

Aujourd’hui le représentant de la dernière génération de cette famille d’antiquaires, Alan Rubin, a décidé de délaisser Londres pour concentrer ses activités sur Paris et se consacrer à la création d’une fondation dédiée à l’histoire de la musique.

Très belle paire de consoles George III, vers 1795. Estimation: 133 000 à 199 000 euros.

Très belle paire de consoles George III, vers 1795.
Estimation: 133 000 à 199 000 euros.

Il a donc décidé de confier à Sotheby’s la vente d’une partie du stock impressionnant de sa galerie et des objets personnels acquis tout au long de sa carrière. Le 8 mars prochain, à Londres, pas loin de 200 lots seront proposés à la convoitise des collectionneurs. Caractéristiques du « goût Pelham » les objets vendus sont très divers. On y trouve beaucoup de mobilier italien du XVIIIe siècle notamment une superbe commode en marqueterie attribuée à Gaspare Bassani, un tableau de François Boucher « La marchande de fleurs » ; des baromètres et pendules Louis XVI, des commodes Empire attribuées à Pierre Benoît Marcion ou un fauteuil de bureau de Jacob Frères, une rare micromosaïque de Giacomo Raffaeli ou encore un incroyable mannequin de mode français de taille humaine, daté de 1765, et qui a figuré dans de nombreuses expositions.

Cabinet George III, vers 1785-1790.  Estimation: 66 500 à 106 000 euros.

Cabinet George III, vers 1785-1790.
Estimation: 66 500 à 106 000 euros.

Mais le charme et l’originalité de cette vente tient pour beaucoup aux nombreuses pièces de mobilier anglais.

Banc George III en acajou, vers 1760.  Attribué à William et John Linnell. Estimation: 92 500 à 133 000 euros.

Banc George III en acajou, vers 1760.
Attribué à William et John Linnell.
Estimation: 92 500 à 133 000 euros.

Au XVIIIe siècle, le mobilier fabriqué en Angleterre est d’apparence moins sophistiqué, plus viril que celui sortant des ateliers des grands ébénistes français. En bois sombre, le plus souvent de l’acajou massif, il a un aspect rassurant de solidité. Pour cette période, on évoque souvent le style Chippendale. Cet ébéniste réputé s’inspire du Rococo français, des ornements gothiques ou des chinoiseries qui envahissent alors le marché européen. Tous les artisans anglais suivent avec plus ou moins d’originalité ce leader du goût.
Puis au début du XIXe siècle on passe au style Regency, en référence au Prince-Régent, le futur George IV qui remplace dans ses fonctions officielles son père George III, devenu fou. Avec ce mobilier, on se croirait dans un roman de Jane Austen!

Secrétaire-cabinet George II, vers 1750. Attribué à William Hallett. Estimation: 92 500 à 133 000 euros.

Secrétaire-cabinet George II, vers 1750.
Attribué à William Hallett.
Estimation: 92 500 à 133 000 euros.

Et l’on s’en aperçoit en feuilletant le catalogue de la vente. Essentiellement d’époque George II ou George III, mais aussi Regency, on peut y découvrir la variété des formes, la beauté du bois, l’équilibre rigoureux annonciateur du néo-classicisme.

Table de milieu Regency Gothic Revival, vers 1810. Conçue par William Porden (1755-1822) et réalisée par Gillow's de Lancaster. Estimation: 53 000 à 79 500 euros.

Table de milieu Regency Gothic Revival, vers 1810.
Conçue par William Porden (1755-1822) et réalisée par Gillow’s de Lancaster.
Estimation: 53 000 à 79 500 euros.

Ce mobilier cossu est beaucoup moins cher que les créations françaises de la même époque. Il est vrai qu’il se vend essentiellement à des amateurs anglais ou américains. C’est dommage. Si, comme moi, ces meubles vous séduisent, traversez la Manche !

Paire de chaises Regency en acajou, vers 1810. D'après un dessin de Thomas Sheraton, probablement réalisée par Marsh and Tatham. Estimation: 26 500 à 39 700 euros.

Paire de chaises Regency en acajou, vers 1810.
D’après un dessin de Thomas Sheraton, probablement réalisée par Marsh and Tatham.
Estimation: 26 500 à 39 700 euros.

Pelham the public and the private, Sotheby’s Londres, 8 mars. Expositions le 4, 6, 7 et 8 mars

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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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