L’Empire poursuit sa route à Fontainebleau

marche-de-l-art, publié le

Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) Buste du Prince Impérial en uniforme de grenadier de la Garde Impériale Plâtre original, HT64cm. Estimation: 40 000 à 50 000 euros.

Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875)
Buste du Prince Impérial en uniforme de grenadier de la Garde Impériale
Plâtre original, HT64cm.
Estimation: 40 000 à 50 000 euros.

Début mars, les deux premières vacations consacrées à la collection Forbes ont rencontré un succès retentissant marqué par une salve ininterrompue et tout à fait justifiée, étant donné l’intérêt historique des pièces présentées, de préemptions des musées nationaux. En sera-t-il de même demain lors de la dernière vente Forbes orchestrée par la maison Osenat? Nul ne le sait.
Toujours est-il que l’amateur de Napoléon III y trouvera encore son bonheur. Plusieurs dessins, estampes, photos, statues représentent « L’empereur, sa femme et le petit prince » pour reprendre une chanson célèbre du Second Empire. La plus belle pièce est certainement ce buste du Prince Impérial par Carpeaux. Agé de neuf ans, il porte l’uniforme du premier régiment de la Garde Impériale ceint du grand cordon de la Légion d’Honneur. Dans le visage de l’enfant on sent la fierté du petit soldat. Le goût du prince pour la chose militaire ne se démentira jamais ce qui le conduira à servir dans l’armée britannique et à mourir en Afrique australe sous les coups de sagaies des Zoulous. Il existe une copie de ce plâtre original, estimé 40 000 à 50 000 euros, au musée de Compiègne.

Antoine Jean Gros (1771-1835) Portrait de la comtesse de Lasalle et de sa fille. 250 x175 cm. Estimation: 500 000 à 700 000 euros.

Antoine Jean Gros (1771-1835)
Portrait de la comtesse de Lasalle et de sa fille.
250 x175 cm.
Estimation: 500 000 à 700 000 euros.

Après-demain, la saga napoléonienne continue mais pour revenir au Ier Empire et à ses fastes. Et quoi de plus somptueux que ces grands portraits en pied de la famille impériale qui ornaient palais et châteaux. Les plus beaux sont l’oeuvre du baron Gérard et du baron Gros.
L’entourage de l’empereur se faisait également représenter en pied. C’est le cas de ce grand portrait (250 x 175cm) de la comtesse de Lasalle et de sa fille par Antoine Jean Gros. Le regard mélancolique, elle contemple le buste de son époux mort à Wagram alors que sa petite fille cherche à l’entraîner vers le jardin. Elle voudrait rejoindre ses trois demi-frères, issus du premier mariage de sa mère avec le général Berthier, qu’on aperçoit dans le parc. La scène est intime. La comtesse est vêtue de velours noir, seule la plume blanche de sa toque et les dentelles de son corsage apportant une touche de douceur à la rigueur de sa tenue. On sent bien que le peintre est proche de son modèle et connait ses tourments. Il ne s’agit pas d’un de ces tableaux d’apparat représentant les sœurs de Napoléon Ier dans leur splendeur, parées comme des châsses et entourées de leur progéniture. Nous contemplons une scène de vie familiale teintée de tristesse et de regrets. L’émotion est palpable, la comtesse serrant dans une main un mouchoir. Retient-elle ses larmes pour ne pas inquiéter sa fille ? C’est possible.
Ce très beau portrait, entre solennité napoléonienne et élans romantiques, est estimé 500 000 à 700 000 euros. C’est justifié.

Ventes Empire, Osenat, Fontainebleau les 9 et 10 avril

AILLEURS SUR LE WEB

Contenu proposé par Taboola

Commentez cet article

Votre commentaire sera publié directement et modéré a posteriori. En publiant vous acceptez la charte des commentaires

Aucun commentaire

A propos du blog

Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

Voir mon profil

Instagram