De l’enfant à l’homme: deux images du Prince impérial

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Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) Buste en marbre du Prince Impérial (vers 1865-1866). Estimation: 60 000 à 80 000 euros.

Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875)
Buste en marbre du Prince Impérial (vers 1865-1866).
Estimation: 60 000 à 80 000 euros.

Sous le Second Empire, Napoléon Eugène Jean Joseph Bonaparte (1856-1879), fils unique de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie, était le chouchou du public. Au point que son baptême se transforme en triomphe, l’empereur s’exclamant qu’il valait bien un sacre. Le visage rond, les cheveux bouclés,les yeux claires et limpides il accompagnait ses parents dans bien des manifestations officielles : réception de l’ambassadeur du Siam, Te Deum… se montrant selon l’humeur enjoué, boudeur ou sérieux. Ses sujets le surnomment le petit Prince alors que ses parents l’appellent souvent Loulou dans l’intimité de leurs appartements privés.
Son père l’adore au point de tout lui pardonner alors que l’impératrice se montre plus sévère. Il séduit toute la cour qui craque pour cet enfant qui, en bon diablotin, n’hésite pas à graffiter le mobilier du château de Compiègne.

Mais peu importe ses défauts et ses caprices, l’enfant impérial est une star, un peu comme aujourd’hui le fils du duc et de la duchesse de Cambridge. C’est dans ce contexte qu’en 1865, l’empereur et l’impératrice commandent à Jean-Baptiste Carpeaux un portrait en pied et un buste de leur fils. Les sculptures eurent un tel succès que l’empereur en autorise la diffusion. En terre cuite, en bronze, en porcelaine de Sèvres ou en marbre, tout le monde voulait une représentation du petit Prince. Du buste de l’enfant torse nu, on ne connait cependant que quatre versions en marbre : l’une au palais de Compiègne, une autre au musée Carnavalet, une troisième dans un château écossais et la quatrième, qui provient probablement des collections du banquier Achille Fould et de la princesse Mathilde, sera mise en vente par Sotheby’s le 16 juin prochain. Le jeune prince est un bel enfant, le regard fier, le visage serein. Carpeaux a rendu à la perfection sa jeune fougue, retenue par de longues séances de pose. Cette œuvre emblématique de Carpeaux est estimée 60 000 à 80 000 euros.

Prosper d'Epinay (1836-1914) Portrait posthume du Prince Impérial, vers 1880-1881. Estimation: 8 000 à 12 000 euros.

Prosper d’Epinay (1836-1914)
Portrait posthume du Prince Impérial, vers 1880-1881.
Estimation: 8 000 à 12 000 euros.

Le jeune prince, fait sous-lieutenant à treize ans, avait le goût de la chose militaire. En 1870, pendant la guerre franco-prussienne, il accompagne l’empereur sur les champs de bataille et fait preuve d’un extraordinaire sang-froid. En exil en Angleterre, il intègre l’Académie militaire de Woolwich, avec la bénédiction de sa marraine, la reine Victoria. Tout naturellement, il demande son incorporation aux troupes britanniques d’Afrique australe et demande à participer à la guerre contre les Zoulous. A sa mère qui tente de l’en dissuader il dit « Quand j’aurai fait voir que je sais exposer ma vie pour un pays qui n’est pas le mien, on ne doutera plus que je sache la risquer mieux encore pour ma patrie ». Malheureusement, il n’eut pas le temps de le démontrer. Le 1er juin 1879, il tombe dans une embuscade sous les coups de sagaies des Zoulous. Sa mort courageuse provoque la stupeur et l’affliction dans toute l’Europe. Les artistes rendent hommage à ce jeune homme courageux et plein d’idéal et réalisent de nombreux portraits posthumes du prince. C’est le cas de ce buste de Prosper d’Epinay proposé dans la même vente et réalisé vers 1880-1881. Il y porte l’uniforme des cadets de Woolwich et arbore une fine moustache, un air martial atténué par un regard doux et bon. Ce buste est estimé 8 000 à 12 000 euros.

Sotheby’s Paris, sculptures et objets d’art européen, 16 juin, exposition jusqu’au 15 juin galerie Charpentier, 76 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris

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