Eckersberg, un danois à Paris en villégiature chez les Hollandais

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C W Eckersberg Modèle masculin tenant un bâton. Carl Frorup, 18 ans, 1837. Académie royale des Beaux-Arts du Danemark, Copenhague.

C W Eckersberg
Modèle masculin tenant un bâton. Carl Frorup, 18 ans, 1837.
Académie royale des Beaux-Arts du Danemark, Copenhague.

Quand on évoque devant vous les artistes scandinaves, vous pensez immédiatement à Edvard Munch et son célèbre « Cri ». Il se peut également que vous vous souveniez de Vilhem Hammershoi et de ses intérieurs dépouillés et paisibles. Mais il est peu probable que vous connaissiez Cristoffer Wilhem Eckersberg.
Cet artiste né en 1783 et mort en 1853 est pourtant considéré comme le maître de l’Age d’Or de son pays, le Danemark. Et c’est la première fois qu’il fait l’objet d’une exposition à Paris, ville où il vécut trois ans, de 1810 à 1813, passant une année dans l’atelier de Jacques-Louis David. Et cet événement on le doit à Ger Luijten, directeur de la fondation néerlandaise Custodia.

C W Eckersberg La Bourse de Copenhague, le palais de Christianborg et l'église Holmens. 1832. Kunstmuseet, Brundlund Slot, Museum Sonderjylland, Aabenraa.

C W Eckersberg
La Bourse de Copenhague, le palais de Christianborg et l’église Holmens. 1832.
Kunstmuseet, Brundlund Slot, Museum Sonderjylland, Aabenraa.

C’est lors d’un voyage à Copenhague que Ger Luijten a découvert la lumière si particulière des peintres danois. La Fondation, grâce à une intelligente politique d’acquisitions, détient aujourd’hui dans les murs de l’hôtel de Turgot qui l’abrite, une cinquantaine d’esquisses d’artistes danois. Il était donc naturel pour son directeur de révéler au public français cet artiste à l’œuvre singulière.
Son passage en France dans l’atelier de David a beaucoup marqué C W Eckersberg. Mais il a su s’inspirer du maître sans trahir ses racines artistiques scandinaves. On le voit dans ses scènes historiques mais plus encore dans ses peintures de plein air réalisées lors de son long séjour dans la Ville Eternelle. Ses vues des monuments de Rome sont à cet égard remarquables. Les murs des bâtiments ont cette couleur ocre, ensoleillée et chaude des villes du Sud. Mais l’ensemble des tableaux, de petite dimension, baignent dans une lumière laiteuse, brumeuse propre aux ciels du Nord. Il en résulte un équilibre subtil qui installe dans l’urbanisme romain, témoignage chaotique et magnifique des siècles passés, une touche de sereine tranquillité propre aux paysages scandinaves.

C W Eckersberg Les escaliers de marbre menant à Santa Maria in Aracoeli, 1814-1816. Stens Museum for Kunst, Copenhague.

C W Eckersberg
Les escaliers de marbre menant à Santa Maria in Aracoeli, 1814-1816.
Statens Museum for Kunst, Copenhague.

Une fois rentré à Copenhague, en 1816, Eckersberg ne quittera plus le Danemark. Il y devient alors le peintre de la vie quotidienne, un portraitiste recherché de la bourgeoisie tout en occupant les fonctions de professeur puis de directeur de l’Académie royale des Beaux-Arts de Copenhague. Dans toute sa production, on retrouve l’influence française par la rigueur de la composition, le souci du détail et l’équilibre des couleurs. Mais la simplicité et le sens du naturel danois sont également très présents. C’est bien entendu vrai pour les vues de la capitale danoise, les portraits de bourgeois sérieux parés d’étoffes soyeuses mais également pour ses nus. L’exposition présente cinq tableaux de nus. Ces toiles devaient servir de référence aux élèves de l’artiste. Les modèles sont des proches de l’artiste. Ils posent sans souci d’afféterie, comme si le peintre les avait surpris dans leur nudité. En les contemplant on ressent une filiation ingresque mais dénuée de la solennité parfois un peu froide du maître français.

C W Eckersberg Le repas est prêt. La logeuse d'Eckersberg à Paris. 1812. Statens Museum for Kunst, Copenhague.

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Le repas est prêt. La logeuse d’Eckersberg à Paris. 1812.
Statens Museum for Kunst, Copenhague.

Enfin, l’exposition présente de nombreux dessins d’Eckersberg. Le plus beau est pour moi « Le repas est prêt », une représentation de la logeuse d’Eckersberg à Paris, rue de Beaune. Tout est calme et tranquille. S’il l’a contemplé, célèbre Hammershoi y a certainement trouvé une source d’inspiration.

C W Eckersberg Vue de la Cloaca Maxima. 1814. National Gallery of Art, Washington.

C W Eckersberg
Vue de la Cloaca Maxima. 1814.
National Gallery of Art, Washington.

Exposition C W Eckersberg du 1er juin au 14 août, Fondation Custodia, 121 rue de Lille, 75007 Paris.

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