La danse et son génie chez Christie’s

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Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) Le Génie de la danse, plâtre (220cm). Estimation: 600 000 à 1 000 000 €.

Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875).
Le Génie de la danse, plâtre (220cm).
Estimation: 600 000 à 1 000 000 €.

Il trônait au centre d’une entrée ovale d’un des hôtels particuliers de la place de l’Etoile décoré par Emilio Terry. Il s’agit d’un grand plâtre de Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) posé sur un piédestal bleuté qui se détache d’un mur aux formes rectilignes. Ce Génie de la danse est l’oeuvre phare de la vente organisée le 15 septembre prochain par Christie’s dans les locaux de l’avenue Montaigne à deux pas de la Biennale des Antiquaires. Ce génie, dont on ne connait qu’un seul exemplaire similaire, avait été acheté en 1927 auprès de la fille du sculpteur, Louise-Clément-Carpeaux, et était resté dans la même famille jusqu’à ce jour. C’est certainement la sculpture la plus connue de l’artiste. Il s’agit d’une commande pour l’Opéra Garnier. L’œuvre sera dévoilée sur la façade de l’Opéra le 27 juillet 1869 provoquant un incroyable charivari. Ce génie masculin, élancé et souriant, symbolisant le mouvement d’une danse joyeuse et endiablée, était, bien qu’enroulé dans une draperie, nu. A l’époque, une telle impudeur choquait le public bien-pensant. Aujourd’hui, c’est une œuvre majeure de l’art du XIXe siècle.

Suite de huit fauteuils en cabriolet d'époque Louis XVI. Attribués à Georges Jacob Estimation: 200 000 à 300 000 €.

Suite de huit fauteuils en cabriolet d’époque Louis XVI.
Attribués à Georges Jacob.
Estimation: 200 000 à 300 000 €.

Mais ce merveilleux génie ne doit pas faire oublier les objets d’art, tableaux et meubles qui ornaient cet hôtel particulier au classicisme élégant, reflet du goût français en vogue au XVIIIe siècle. Dans un salon aux boiseries claires, un bureau plat estampillé par Philippe-Claude Montigny (1734-1800) attire l’œil. Il avait été acquis en 1950 pour 700 000 francs et constitue un bel exemple du mobilier inspiré par l’art antique et la mode de la Grèce. Ce meuble « à la grecque », en placage d’ébène et ornementation de bronze, a des formes rigoureuses, presque sévères, bien loin des sinuosités Rococo.

Thomas Lawrence (1769-1830). Portrait de Mademoiselle John Bradburne. Estimation: 40 000 à 60 000 €.

Thomas Lawrence (1769-1830).
Portrait de Mademoiselle John Bradburne.
Estimation: 40 000 à 60 000 €.

On ne peut pas en dire de même de cette commode Louis XV de Jean-Baptiste Fromageau en laque noir et or de Chine au décor d’oiseaux et de branchages et aux bronzes feuillagés. Elle est caractéristique de cet esprit baroque, tempéré par une certaine retenue bien française.

Commode d'époque Louis XV. Estampillée de Jean-Baptiste Fromageau, vers 1755. Estimation: 100 000 à 200 000 €.

Commode d’époque Louis XV.
Estampillée de Jean-Baptiste Fromageau, vers 1755.
Estimation: 100 000 à 200 000 €.

La paire de vases-cloche en porcelaine tendre de Sèvres réalisée par Jean Dulac (1704-1786) vers 1770-1774 incarne la transition entre le rococo et le classicisme le plus strict. Les vases de Dulac étaient très recherchés de l’aristocratie. La marquise de Pompadour, la comtesse du Barry lui passèrent commande mais il séduisit également une prestigieuse clientèle étrangère.

Henry Raeburn (1756-1823). Portrait du révérend Staire Dalrymple. Estimation: 20 000 à 30 000 €.

Henry Raeburn (1756-1823).
Portrait du révérend Staire Dalrymple.
Estimation: 20 000 à 30 000 €.

Dans ce même esprit de transition, signalons un bel ensemble de fauteuils en cabriolet d’époque Louis XVI attribués à Georges Jacob. Le décor du dossier aux guirlandes de rose et de la ceinture, à motif de cordage surmonté de feuilles d’eau, est à la fois riche et classique.

Paire de vases-cloche dit "vases Dulac", dépoque Louis XVI. Par Jean Dulac, vers1770-1774. Estimation: 300 000 à 500 000 €.

Paire de vases-cloche dit « vases Dulac », dépoque Louis XVI.
Par Jean Dulac, vers1770-1774.
Estimation: 300 000 à 500 000 €.

Quant aux tableaux, ils sont nombreux. Un pastel d’Elisabeth Vigée-lebrun (1755-1842) compte parmi les pièces importantes de la vente. Mais je préfère deux portraits de peintres anglais. Le premier de Thomas Lawrence (1769-1830) représente une jolie demoiselle aux joues roses, à la petite bouche bien rouge. Elle se repose certainement après une promenade vivifiante dans la campagne. On dirait une héroïne de Jane Austen.

Bureau plat d'époque Louis XVI. Estampillé de Philippe-Claude Montigny, vers 1770. Estimation: 300 000 à 500 000 €.

Bureau plat d’époque Louis XVI.
Estampillé de Philippe-Claude Montigny, vers 1770.
Estimation: 300 000 à 500 000 €.

Henry Raeburn (1756-1823) représente un jeune révérend au visage pâle, à la belle chemise blanche à jabots. Il n’avait certainement aucune difficulté à susciter l’intérêt, essentiellement religieux bien entendu, de son auditoire féminin !

Vente Christie’s, 15 septembre 2016, Exposition du 8 au 15 septembre au 9 avenue Matignon, 75008 Paris.

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