Le bestiaire mécanique et fantastique des horlogers d’Augsbourg

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Horloge à automate en bronze doré figurant un éléphant. Augsbourg, vers 1580-1590. Attribué à Erasmus Pirenbrunner.

Horloge à automate en bronze doré figurant un éléphant.
Augsbourg, vers 1580-1590.
Attribué à Erasmus Pirenbrunner.

En pénétrant quai Anatole France dans les salons de l’hôtel Collot le visiteur est accueilli par un concert de carillons, de tintements au point qu’on se croirait en Flandres sur la Grand Place d’une ville prospère à écouter le concert de cloches du beffroi. Ce sont en fait des horloges- automates, des petites merveilles de précision et de raffinement créées à Augsbourg entre 1580 et 1640 qui provoquent ce délicieux tintamarre. Plus de trente automates peuplent ainsi l’exposition organisée par la galerie Kugel.

Horloge à automate ebronze doré en forme de lion passant héraldique. Augsbourg, vers 1620.

Horloge à automate en bronze doré en forme de lion passant héraldique.
Augsbourg, vers 1620.

Lions, éléphants, singes, ours et dromadaires roulent des mécaniques, nous dévorent des yeux, ouvrent la gueule, balancent leur queue ou lèvent les pattes. On y voit aussi des personnages : un dresseur d’ours turc, un janissaire brandissant son cimeterre ou encore un Bacchus ventripotent tiré sur un char.

Horloge à automate en bronze doré figurant un ours et son dresseur turc. Augsbourg, vers 1580-1620.

Horloge à automate en bronze doré figurant un ours et son dresseur turc.
Augsbourg, vers 1580-1620.

A la fin du Moyen-Age, les premiers automates horlogers sont créés. Puis à la Renaissance, la ville d’Augsbourg devient le principal centre artistique du Saint Empire romain germanique. Les automates deviennent alors des objets de collection et de plaisir attestant du raffinement et de la puissance des princes. Sous le règne de l’empereur Rodolphe II (1576-1612) Augsbourg s’arroge la quasi-exclusivité de cette production. Tous les corps de métiers travaillent à la réalisation de ces joujoux d’une extrême préciosité : horlogers, sculpteurs, ciseleurs, modeleurs…

horloge à automate figurant un cerf, début XVIIe siècle.

Horloge à automate figurant un cerf, début XVIIe siècle.

Les cours européennes et les puissants du monde en raffolent. Ces horloges à automates sont alors des cadeaux diplomatiques recherchés. Les Habsbourg d’Autriche envoient chaque année un tribut à la Sublime Porte, le Grand Turc appréciant beaucoup d’en recevoir un ou plusieurs exemplaires. L’empereur de Chine les contemple comme un enfant découvrant une friandise.

Horloge à automate figurant un singe savant.

Horloge à automate figurant un singe savant.

Encore aujourd’hui, dans notre société automatisée et robotisée, ce bestiaire mécanique et fantastique nous fascine. On contemple émerveillés ces automates attendant avec impatience que la petite musique des heures se mette en route et que les animaux et personnages s’animent.

Galerie Kugel, 25 quai Anatole France, 75007 Paris, jusqu’au 5 novembre, du lundi au samedi de 10h30 à 19h

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1 commentaire

Michel

Ça a bien l’air lourd ces trucs … mais en tout cas c’est magnifique de les admirer !


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Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

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