Le XVIIIe siècle à l’honneur

marche-de-l-art, publié le , mis à jour à

Paire de canapés en coin de feu en noyer et hêtres sculptés par Nicolas Heurtaut, vers 1755 Estimation: 600 000 à 1 million d'euros Vente Sotheby's, 28 novembre

Paire de canapés en coin de feu en noyer et hêtre sculptés par Nicolas Heurtaut, vers 1755
Estimation: 600 000 à 1 million d’euros
Vente Sotheby’s, 28 novembre

Tous les acteurs du marché vous le diront : le mobilier et les objets d’art du XVIIIe siècle sont passés de mode. L’époque où les grandes fortunes de ce monde créaient dans leurs fastueuses demeures des « period rooms » transformant certaines pièces en appartements versaillais dignes de la marquise de Pompadour ou de la comtesse du Barry est révolue. On achète tout au plus une commode, un fauteuil, un canapé ou un cartel qui ornera un salon design.
Les prix, pour la marchandise « moyenne gamme » se sont effondrés et l’on peut trouver de jolies pièces pour moins de 5 000 euros. Pour le mobilier d’exception, l’érosion des prix s’est arrêtée mais on est assez loin des montants faramineux payés pour les plus belles créations des années 30 ou pour les meubles des années 50 qui sont pourtant déjà fabriqués en série. L’exceptionnel existe mais comme pour la peinture ancienne, les résultats des ventes affichent des prix « raisonnables » même si, pour le commun des mortels, ils paraissent élevés.

Vase "chinois" ou "à pide de globe" en porcelaine dure de Sèvres, vers 1773 Estimation: 100 000 à 150 000 euros Vente Christie's, 30 novembre

Vase « chinois » ou « à pied de globe » en porcelaine dure de Sèvres, vers 1773
Estimation: 100 000 à 150 000 euros
Vente Christie’s, 30 novembre

Sotheby’s et Christie’s organisent ainsi deux très belles vacations proposant aux amateurs des meubles et objets d’art d’exception ou de très belle qualité.
C’est le cas d’une superbe paire de canapés d’angle en noyer et hêtre sculptés estampillée Nicolas Heurtaut (1720-1771). Ils appartenaient à un ensemble de huit fauteuils, d’un canapé d’alcôve et d’un lit à la polonaise. Selon la tradition, il aurait été offert par Louis XV à sa maîtresse la comtesse de Séran. Datant de 1755, nos deux canapés sont d’un style rocaille étourdissant. On y trouve un mélange de branches de palmier, de coquille et de motifs de passementerie. Leur structure asymétrique, l’accotoir unique, leur galbe inhabituel ne nuisent en rien à leur équilibre. En les contemplant, on comprend mieux le succès rencontré à l’époque par Hertaut, succès qui s’explique par ses dix années d’apprentissage et de compagnonnage. Ces meubles qui pourraient figurer à Versailles sont estimés 600 000 à 1 000 000 euros. C’est une somme, mais on approche de la perfection.

baromètre et cartel d'époque Louis XVI, vers 1790, attribués à Jean-Baptiste Lepaute Estimation: 40 000 à 60 000  euros Vente Sotheby's, 30 novembre

baromètre et cartel d’époque Louis XVI, vers 1790, attribués à Jean-Baptiste Lepaute
Estimation: 40 000 à 60 000 euros
Vente Sotheby’s, 30 novembre

A la fin du règne de Louis XV, le style change et devient néo-classique. Les vases en porcelaine de la manufacture de Sèvres à montures en attestent. C’est le cas de ce vase dit « chinois » ou « à pied de globe » représentant une frise d’enfants guerriers de couleur or sur fond rouge. L’influence des fouilles de Pompéi est évidente. Ce vase est probablement l’exemplaire d’une paire livrée le 23 décembre 1773 au roi Louis XV. Il est estimé 100 000 à 150 000 euros.

Commode d'époque Transition de Jean-François Oeben, vers 1760 Estimation: 50 000 à 80 000 euros Vente Christie's, 30 novembre

Commode d’époque Transition de Jean-François Oeben, vers 1760
Estimation: 50 000 à 80 000 euros
Vente Christie’s, 30 novembre

Le mobilier a également évolué. Réalisée vers 1760, seulement cinq ans après les canapés d’Hertaut, une commode de Jean-François Oeben (1721-1763) qui aurait été livrée à la marquise de Pompadour pour son château de Ménars en acajou et bronze paraît presque sévère. Elle appartient au style « Transition » conservant les pieds galbés caractéristiques du style Louis XV alors que la structure est de forme rectangulaire et plate comme le seront les commodes produites sous Louis XVI. Cette belle pièce est estimée 50 000 à 80 000 euros.

Grands bustes de la série des Saisons en faïence de Rouen, vers 1730 Estimation:80 000 à 120 000 euros Vente Sotheby's , 30 novembre

Grands bustes de la série des Saisons en faïence de Rouen, vers 1730
Estimation:80 000 à 120 000 euros
Vente Sotheby’s , 30 novembre

Avec la fin de l’époque Louis XVI, on sent déjà le style Directoire ou Empire. Un baromètre et un cartel attribués à Jean-Baptiste Lepaute (1727-1802) et réalisés vers 1790 en attestent. En bronze doré et acajou, ces pièces sont d’une élégante sobriété, d’un luxe discret. Les cadrans circulaires en boîtiers d’acajou sont retenus pas par un ruban de bronze surmonté d’une fleur de tournesol. Ils sont estimés 40 000 à 60 000 euros.

Guéridon de la fin de l'époque Louis XVI par Adam Weisweiler Estimation: 60 000 à 100 000 euros Vente Christie's, 30 novembre

Guéridon de la fin de l’époque Louis XVI par Adam Weisweiler
Estimation: 60 000 à 100 000 euros
Vente Christie’s, 30 novembre

Tout au long du XVIIe siècle, les manufactures de Rouen ont produite pièces de vaisselle et objets de décoration. Les grands bustes sont rares en vente. D’où l’intérêt de ces grandes représentations (80 cm de haut) de l’hiver et d’Apollon. On y trouve tout ce qui fait la richesse de la faïence de Rouen : le bleu intense, les fleurs et rinceaux en rouge, ocre et bleu, les piédestaux en camaïeu. Ces deux bustes appartiennent à la deuxième suite des Saisons réalisée par la manufacture de Nicolas Fouquay dans les années 1730 et sont estimés 80 000 à 120 000 euros.
Au XVIIIe siècle, les grands commanditaires recherchent le confort. Si l’on commande toujours de grands meubles d’apparat, la mode est aux petits cabinets et aux guéridons faciles à déplacer dans les vastes salons des hôtels particuliers. Adam Weisweiler (1744-1820) produit ainsi des pièces d’une finesse et d’une délicatesse extraordinaire. C’est le cas de ce guéridon de la fin de l’époque Louis XVI en acajou et loupe d’if dont le plateau circulaire est orné d’une plaque de Wedgwood représentant l’amour accompagné de deux femmes et d’un enfant vêtus à l’Antique. Cette petite merveille est estimée 60 000 à 100 000 euros.

Table en porphyre et placage d'ébène par Martin Carlin, vers 1780 Estimation: 100 000 à 150 000 euros Vente Sotheby's, 28 novembre

Table en porphyre et placage d’ébène par Martin Carlin, vers 1780
Estimation: 100 000 à 150 000 euros
Vente Sotheby’s, 28 novembre

Toute aussi raffinée est cette table en porphyre et placage d’ébène estampillée Martin Carlin (vers 1730-1785) livrée vers 1780 au duc de Choiseul, ancien ministre de Louis XV. Cette rare et petite table figura dans la vente qui se tint après le décès du duc. La description du catalogue permet de l’identifier formellement : « 214. Une jolie table avec dessus de porphyre, sur son pied dessiné en lyre, entablement à panneaux renfoncés, avec ornements de draperie et fils de corde en bronze doré ». Elle est estimée 100 000 à 150 000 euros.

Console en noyer relaqué blanc par George Jacob, 1776 Estimation: 80 000 à 120 000 euros Vente Christie's, 30 novembre

Console en noyer relaqué blanc par George Jacob, 1776
Estimation: 80 000 à 120 000 euros
Vente Christie’s, 30 novembre

Enfin, il n’y a rien de plus léger que cette console en noyer mouluré, sculpté et relaqué blanc, estampillée Georges Jacob (1739-1814) et livrée en 1776 à la princesse de Conti pour son salon de compagnie à l’Hôtel du Lude à Paris. L’inventaire du mobilier de la princesse fait état pour cette pièce d’une facture de 380 livres. Ce meuble d’une beauté intemporelle est aujourd’hui estimé 80 000 à 120 000 euros.

Importante vente de mobilier, sculptures, objets d’art et tableaux, Sotheby’s Paris, 28 novembre. Exposition les 25,26 et 27 novembre
The Exceptional Sale 2016, Christie’s Paris, 30 novembre. Exposition les 26,28, 29 et 30 novembre.

AILLEURS SUR LE WEB

Contenu proposé par Taboola

Commentez cet article

Votre commentaire sera publié directement et modéré a posteriori. En publiant vous acceptez la charte des commentaires

Aucun commentaire

A propos du blog

Robin Massonnaud

Robin Massonnaud, alias Robin des Arts surveille le marché et traque les prix dans les salles de ventes, les salons, les brocantes, pour le plus grand bonheur des chineurs ?

Voir mon profil

Instagram
  • Chaise, vers 1905, par Yrjö Oskari Blomstedt #finnishart #finnishartist #finnishfurniture #1900 #artnouveaustyle #artnouveau #jugendstil #museedorsay #orsaymuseum

Follow Me!

Abonnez-vous à notre newsletter

Commentaires récents

S'abonner au flux de ce blog

[De quoi s'agit-il?]

Archives

Retour vers le haut de page