Le merveilleux éclectisme des Art décoratifs chez Piasa

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Galileo Chini (1873-1956) et Carlo Spicciani banquette en bis laqué, doré et cuir gaufré, vers 1924 Estimation: 8 000 à 12 000 euros.

Galileo Chini (1873-1956) et Carlo Spicciani
Banquette en bois laqué, doré et cuir gaufré, vers 1924
Estimation: 8 000 à 12 000 euros.

Fin d’année oblige, les belles ventes consacrées aux arts décoratifs de la deuxième moitié du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle se multiplient à Paris. L’amateur y trouve son bonheur entre les créations de Jean Dunand, Jean-Michel Frank, Pierre Chareau ou Eugène Printz. Mais les découvertes, les pièces de « designers » peu connus ou rares sur le marché se comptent souvent sur les doigts de la main.

Atelier Midavaine Armoire en bois laqué brun sur fond doré, vers 1920-1925 Estimation: 25 000 à 35 000 euros

Atelier Midavaine
Armoire en bois laqué brun sur fond doré, vers 1920-1925
Estimation: 25 000 à 35 000 euros

La vente proposée par Piasa le 5 décembre prochain fait exception. C’est un régal que de découvrir un mobilier sortant des sentiers battus.
On y voit notamment plusieurs meubles de Galileo Chini (1873-1956) et Carlo Spicciani. Galileo Chini étudie les arts décoratifs et plus particulièrement la céramique et le vitrail. Il incarne le style Liberty italien et grâce à son génie il participe à l’exposition universelle de 1900. Le roi du Siam lui commande un décor complet pour son palais. C’est en 1924 que le sénateur Scalini lui demande de concevoir la décoration intérieure de son palais milanais. Il se fait aider de Carlo Spicciani qui réalise les peintures murales alors qu’il conçoit un mobilier exotique et baroque, orientaliste et coloré rappelant celui créé pour le roi de Siam. Fauteuils, banquette et cache radiateur sont en bois laqué rouge et doré. Les sièges sont couverts de cuir gaufré. On se croirait avec Yul Brynner dans « Le roi et moi » ou dans un appartement du quartier Coppedè à Rome. Un vrai plaisir !

Edward William Godwin (1833-1886) fauteuil en chêne et cuir,créé en 1869 pour le château de Dromore en Irlande Estimation: 18 000 à 20 000 euros

Edward William Godwin (1833-1886)
Fauteuil en chêne et cuir, créé en 1869 pour le château de Dromore en Irlande
Estimation: 18 000 à 20 000 euros

L’armoire attribuée à l’atelier Madavaine rappelle les créations de Dunand. En bois laqué brun sur fond doré, elle représente un paysage de montagne et de forêt aux grands arbres. Des biches ou des antilopes s’approchent d’un fleuve. Tout est calme, la nature est belle. Dans une chambre à coucher, un tel meuble a incontestablement une vertu apaisante et relaxante. On oublie l’agitation urbaine pour retrouver le calme contemplatif de la nature.

Abel Landry (1871-1923) Bureau en acajou, cuir et bronze argenté, vers 1902 Estimation: 55 000 à 75 000 euros

Abel Landry (1871-1923)
Bureau en acajou, cuir et bronze argenté, vers 1902
Estimation: 55 000 à 75 000 euros

Un fauteuil de bibliothèque attire l’œil. On dirait qu’il a été conçu pour un sénateur romain ou un roi wisigoth. En fait, il s’agit d’une commande faite à l’architecte Edward William Godwin (1833-1886) par le troisième comte de Limerick pour Dromore Castle. Ce dernier construit une demeure néo-gothique et aménage l’intérieur dans un style éclectique mêlant les inspirations médiévales, antiques et asiatiques. Ce fauteuil en chêne et en cuir en est la parfaite illustration. De forme curule, avec ses aigles aux yeux perçants et aux griffes puissantes, il impressionne. On y voit volontiers un puissant suzerain solennellement assis et rendant la justice.

Henri Husson (1852-1914) Miroir de table en bronze argenté Estimation: 5 000 à 7 000 euros

Henri Husson (1852-1914)
Miroir de table en bronze argenté, vers 1890-1900
Estimation: 5 000 à 7 000 euros

On retrouve l’atmosphère plus polissée des grandes cités du début du XXe siècle avec le bureau d’acajou d’Abel Landry (1871-1923). Les créations de ce digne représentant de l’Art nouveau sont rares, Artprice n’annonçant sur son site que 17 résultats d’adjudication. Ce meuble assez imposant est tout en courbes et sinuosités, les ornements en bronze argenté lui donnant une douceur inattendue. Son propriétaire, un riche industriel, devait s’y installer pour y gérer ses affaires mais aussi peut-être pour s’isoler de son entourage et y méditer.

Bruce Talbert Buffet de la maison Gillows en chêne vernissé, ébène et fer forgé. Vers 1878 Estimation: 30 000 à 40 000 euros

Bruce Talbert
Buffet de la maison Gillows en chêne vernissé, ébène et fer forgé. Vers 1878
Estimation: 30 000 à 40 000 euros

Pendant ce temps son épouse vérifiait probablement l’élégance de sa toilette dans ce délicieux miroir de table en bronze d’Henri Husson (1852-1914). Cet orfèvre travaillait à l’écart des grands courants artistiques mais était tout de même influencé par l’esprit de son époque. Ses créations d’esprit japoniste et symboliste s’inspirent beaucoup de la nature, des feuillages, et des insectes.
Partons au Royaume-Uni pour rejoindre Bruce Talbert (1838-1881). Ce créateur écossais a créé de nombreux meubles pour la firme Gillows de Lancaster mais également des textiles et du papier peint. Dans son ouvrage « Les formes gothiques appliquées aux meubles » il recommande des structures encadrées et des incrustations décoratives. Le buffet présenté par Piasa est typique de son style. Il s’inspire du mobilier Haute-Epoque et en modernise les formes et les décors pour créer une pièce qui lors de sa réalisation en 1878 est d’un grand modernisme.

Canapé aux sphinges en chêne. Années 20  Estimation: 14 000 à 18 000 euros

Canapé aux sphinges en chêne. Années 20
Estimation: 14 000 à 18 000 euros

Enfin mentionnons un incroyable canapé aux sphinges non signé mais très proche d’une création de Léon Jallot (1874-1967). En chêne, on imagine aisément ce meuble chez un amateur de « gothic revival » collectionneur de tableaux d’histoire de Jean-Paul Laurens (1838-1921) représentant les vicissitudes de l’ère mérovingienne. Une merveille !

Galileo Chini et Carlo Spicciani Paire de fauteuils en bois laqué, doré et cuir gauffré. 1924 Estimation: 8 000 à 12 000 euros

Galileo Chini et Carlo Spicciani
Paire de fauteuils en bois laqué, doré et cuir gauffré, vers 1924
Estimation: 8 000 à 12 000 euros

Piasa, Arts décoratifs (1870-1950), lundi 5 décembre, Exposition du 2 au 5 décembre, 118 rue du faubourg Saint-Honoré, 75 008 Paris.

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